24 avril, 2014
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Benoît XVI renouvelle son appel au dialogue entre chrétiens et musulmans

Benoît XVI renouvelle son appel au dialogue entre chrétiens et musulmans

Devant 7 000 pèlerins réunis mercredi 19 septembre salle Paul VI, au Vatican, pour l’audience générale hebdomadaire, Benoît XVI a évoqué longuement son voyage au Liban.
Benoît XVI a souligné à nouveau qu’il avait « fortement voulu » ce voyage, parce qu’« un père doit toujours être aux côtés de ses enfants lorsqu’ils affrontent des problèmes graves » . Ces « extraordinaires journées » , cet « événement ecclésial émouvant » , « cette étonnante manifestation de foi, ce signe prophétique de paix », ont été pour le pape « une occasion providentielle de dialogue vécu dans un pays complexe mais emblématique de toute la région, en raison de sa tradition de vivre ensemble et de collaboration efficace entre les diverses composantes religieuses et sociales. »

« UN SIGNE D’ESPÉRANCE FORT »

Faisant référence « au conflit terrible qui tourmente la Syrie, causant, outre des milliers de morts, un flot de réfugiés qui se répandent dans la région en recherche désespérée d’un avenir et de la sécurité » , et aussi à « la situation difficile en Irak » , le pape s’est réjoui d’avoir vu durant son voyage, « les habitants du Liban et du Moyen-Orient – catholiques, représentants des autres Églises, des communautés ecclésiales et des diverses communautés musulmanes – vivre avec enthousiasme et dans un climat détendu et constructif, une importante expérience de respect mutuel, de compréhension et de fraternité, qui constitue un signe d’espérance fort pour toute l’humanité. »

Benoît XVI a de nouveau particulièrement insisté sur l’accueil que lui ont réservé les musulmans « avec un grand respect et une considération sincère. Leur présence constante et participative m’a permis de lancer un message de dialogue et de collaboration entre le christianisme et l’islam. » « Il me semble, a ajouté le pape, qu’est venu le moment de donner ensemble un témoignage sincère et décisif contre les divisions et contre les guerres. »

Sa rencontre, au palais présidentiel de Baabda, avec les chefs des communautés religieuses musulmanes « s’est déroulée dans un esprit de dialogue et de bienveillance mutuels » . Et le pape a constaté : « Le monde a besoin aujourd’hui de signes clairs et forts de dialogue et de collaboration. Sur ce plan, le Liban a été et doit continuer à être un exemple pour les pays arabes et pour le reste du monde. »

TOUCHÉ PAR L’AFFLUENCE DU DIMANCHE MATIN

Revenant sur la difficile situation des chrétiens orientaux, Benoît XVI a lancé : « Le pape ne les oublie pas ! » Touché de la forte affluence (350 000 personnes) à la messe qu’il a célébré dimanche 16 septembre sur le front de mer de Beyrouth, le pape a rappelé : « Dans un contexte marqué par des conflits très durs, j’ai attiré l’attention sur la nécessité de servir la paix et la justice, en devenant des instruments de réconciliation et des constructeurs de communion. »

Pour sa part, revenant dans L’Osservatore Romano du 19 septembre sur ce voyage, le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, estime que la disparition des chrétiens d’Orient est « un risque réel » . « Et, a-t-il ajouté, il ne concerne pas seulement les catholiques, mais également les orthodoxes. Ils doivent se confronter avec la force écrasante de la majorité musulmane. » Mais il s’est dit « confiant », car « l’islam, le vrai, s’est toujours distingué par le respect et la tolérance à l’égard des autres » .

Enfin, samedi 22 septembre à Castel Gandolfo, Benoît XVI recevra en audience George Sabra, porte-parole du Conseil national syrien, qui fédère les opposants au régime de Bachar-Al-Assad. Celui-ci devrait également rencontrer, à Rome, divers responsables de l’Église. Néanmoins, selon l’agence de presse italienne Adnkronos, en raison de risques possibles d’instrumentalisation, le Saint-Siège a souhaité que George Sabra soit reçu par le pape au sein d’une délégation de l’Internationale démocrate-chrétienne menée par le député italien Pier Ferdinando Casini.



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