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Biens et services : Le secteur privé au chevet de la santé en Afrique

En se fondant sur les travaux de recherche présentés dans un nouveau rapport, l’Ifc établit que la moitié des biens et services de santé en Afrique est à l’actif du secteur privé.

Source : Walfadjri
Loin de ne servir que les riches, à l’heure actuelle en Afrique, le secteur privé est parfois le seul prestataire de soins de santé dans de nombreuses régions rurales et dans beaucoup de quartiers urbains défavorisés. ‘Une femme pauvre a autant de chance de devoir emmener son enfant malade dans un hôpital ou un centre de santé privé que dans une formation sanitaire publique’. Le nouveau rapport de l’International finance corporation (Ifc ou Sfi en français), une filiale de la Banque mondiale, établit que le secteur privé procure déjà la moitié environ des biens et services de santé en Afrique. Il préconise la formation d’un étroit partenariat entre le secteur public et le secteur privé, donnant lieu notamment à une amélioration du contrôle réglementaire des soins de santé privé, et décrit comment le secteur privé pourrait être mieux mis à contribution afin d’améliorer sa viabilité.

Selon l’Ifc, les prestataires privés, à but lucratif aussi bien que sans but lucratif, répondent aussi à un besoin médical important en offrant des produits et des services qui ne seraient pas disponibles sans eux, comme des matériels perfectionnés et des procédures médicales complexes et des services de meilleure qualité.

Le rapport détermine l’existence d’une demande considérable d’investissement pour les dix prochaines années, portant notamment sur : plus d’un demi-million de lits d’hôpitaux supplémentaires, l’amélioration des fabriques et des systèmes de distribution/de vente au détail des produits pharmaceutiques et des fournitures médicales, la formation d’environ 90 000 médecins, 500 000 infirmiers et 300 000 agents sanitaires des collectivités.

Environ la moitié des investissements devrait provenir d’entités à but lucratif, l’autre moitié se répartissant entre des entreprises sociales et des organisations non gouvernementales. La plupart des opportunités s’offriront dans le secteur des petites et moyennes entreprises.

Les actions menées pour répondre à la demande peuvent être très rentables sur le plan financier et avoir un impact considérable au plan du développement, en donnant plus largement accès à des services de santé aux personnes les plus pauvres et en allégeant la charge financière de l’Etat.

A l’avenir, selon la même source, le secteur privé continuera de contribuer dans une mesure cruciale à l’amélioration de l’état de santé des populations africaines, et les dépenses de santé continueront de s’accroître rapidement. Les bailleurs de fonds, les pouvoirs publics et la communauté des investisseurs ont chacun un rôle à jouer en vue de l’établissement d’un secteur des soins de santé privé responsable, viable et dynamique dans la région.

La situation des soins de santé en Afrique subsharienne reste l’une des pires au monde, peu de pays de la région pouvant dépenser les 34 à 40 dollars par an et par personne que l’Organisation mondiale de la santé considère être le montant minimum requis pour assurer des soins de santé de base. Qui plus est, malgré la pauvreté généralisée des populations du continent, 50 % des dépenses de santé de la région, soit une proportion stupéfiante, sont couvertes directement par les patients eux-mêmes.

L’attention portée par les bailleurs de fonds à la question a donné lieu à des efforts remarquables axés sur la lutte contre le Vih/sida, la tuberculose et le paludisme. Toutefois, la majeure partie de la région n’a pas l’infrastructure requise pour fournir des soins de santé et souffre d’une grave pénurie de personnel médical formé.

La demande de soins de santé de qualité ne fera en outre qu’augmenter au fur et à mesure de l’amélioration de la situation des économies africaines. En se fondant sur les travaux de recherche présentés dans un nouveau rapport, l’Ifc estime qu’il faudra réaliser de nouveaux investissements à hauteur de 25 à 30 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie pour pouvoir satisfaire la demande de soins de santé en Afrique.

‘Nous avons une réelle possibilité d’accroître l’accès de millions d’Africains à des soins de santé’, note M. Lars Thunell, vice-président exécutif et directeur général de la Sfi. ‘Si nous parvenons à amener tous les intervenants majeurs – pouvoirs publics, bailleurs de fonds, investisseurs et prestataires – à mobiliser le secteur des soins de santé privé pour l’intégrer profitablement dans les systèmes publics, nous pourrons aussi améliorer considérablement la qualité des soins’.

Le rapport a été préparé avec la contribution d’une large gamme de parties prenantes locales et internationales. L’Ifc continuera de collaborer avec ces groupes au cours des périodes à venir. Des forums pour les parties prenantes en Afrique du Sud, au Cameroun, au Kenya, au Nigéria et au Sénégal et des réunions de la société civile en Europe sont prévus au premier trimestre de 2008.

La Société financière internationale (Ifc en anglais) est l’institution du Groupe de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé.


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