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Bill Diakhou recadre ses pairs

A l’image d’autres artistes, le rappeur Bill Diakhou vient de mettre sur pied un Mouvement citoyen dénommé «CBA». Cette structure compte plus de 500 membres à travers le Sénégal. Dans cet entretien, l’artiste a lancé un message de paix l’endroit de la classe politique. Il a également menacé toute personne ou groupe qui tenterait de semer des troubles dans ce pays.
Pourquoi avez-vous décidé de lancer le CBA ?

Je dois dire que cela ne doit pas surprendre grand monde, car nous avons constaté que notre continent est à la traine et il souffre de beaucoup de maux. Nous avons pris conscience qu’il faut mettre un terme à cet état de fait qui ne nous honore guère. Comme il est généralement admis que notre pays est un champion de la démocratie et un pays stable et civilisé. Nous avons donc voulu nous lever pour que tout se passe dans la paix et le calme. Comme l’avait réussi notre vénéré Cheikh Ahmadou Bamba qui a fait face aux colons sans effusion de sang. Nous avons choisi cette voie pour lancer notre mouvement en affirmant avec force qu’il est inadmissible que notre pays soit détruit. A notre avis il n’est pas normal d’user de l’arme de la violence pour déstabiliser notre pays car tout citoyen est responsable de la bonne marche du Sénégal. Le seul moyen de lutte qui vaille à nos yeux est d’user de nos cartes d’électeur. Aucune autre forme de lutte ne saurait nous agréer. Les citoyens sont les seuls garants de notre démocratie. Ils sont libres de choisir celui qu’ils jugeront le plus apte à nous diriger.



Pourquoi n’avez-vous pas senti la nécessité de vous allier avec d’autres structures de la place qui ont le même objectif ?



Nous ne pouvons pas nous allier à une structure qui est en guerre ouverte contre le pouvoir ou qui en fait autant pour l’opposition. Nous sommes des observateurs neutres et notre structure est seulement intéressée par la culture de la paix au Sénégal et nous tendons la main à tous nos compatriotes.

Cela signifie-t-il que les autres font de la politique ?

Je ne dirai pas qu’ils font de la politique. Il faut que les choses soient très claires, je ne suis pas contre le mouvement «Y’en a marre». Je respecte ces combattants et tous les autres qui s’agitent dans ce milieu, ainsi que tous les hommes politiques de tous bords. Nous avons choisi d’être au centre et de tout faire pour que le Sénégal ne brûle pas. La Paix reste et demeure notre crédo. Nous allons nous déployer pour que les élections se fassent dans le calme et la paix. Je vais vous dire que c’est par suite d’une discussion que j’ai eue avec un ami rapatrié de la Libye que l’idée de créer le CBA a germé dans notre esprit. Il m’a affirmé que la Libye est en train de brûler parce que les hommes politiques ne s’entendent pas et qu’ils ne discutent pas. Je lui ai alors déclaré que notre Sénégal ne brûlera jamais. Nous, les acteurs de développement et les rappeurs conscients, allons nous lever pour nous battre afin que notre pays ne sombre pas dans le chaos. C’est donc un devoir pour nous que de cultiver la Paix et l’entente dans notre cher pays.



Vous avez dit que vous allez contrecarrer tous les mouvements qui veulent semer le chaos dans ce pays, comment allez vous procéder ?

Nous allons dérouler un plan d’actions. Il faut savoir que les discussions sont en cours et que je ne suis pas le porte-parole de CBA. Je me suis engagé pour accompagner les membres de notre mouvement. Nous allons nous déployer activement pour réduire à néant les agissements de ces fossoyeurs de la paix. On a vu qu’il y avait des gens qui se battent pour la paix au début mais par la suite, ils ont été à la base des casses et autres actions violentes. C’est contre ces vandales que nous allons nous battre. Nous sommes des citoyens, responsables, qui militons pour la marche pacifique de notre pays. Nous cultivons l’entente et la concorde au Sénégal. Nous voulons cultiver cette image positive de notre pays qui est respectée partout à travers le monde.

Comment allez-vous procéder pour dérouler votre programme ?

Nous allons effectuer des visites de proximité et aussi en produire des tubes engagés. Nous allons visiter tout le Sénégal pour sensibiliser nos compatriotes sur l’importance vitale de la paix.

Comment comptez-vous lutter contre les inondations d’autant plus que beaucoup de vos membres habitent la banlieue ?



Nous sommes décidés à lutter contre les inondations. D’ici un mois, nous allons nous atteler à lutter efficacement contre ce phénomène. Nous avons déjà envoyé des correspondances à des personnalités pour qu’elles nous assistent en nous fournissant des motos pompes. Ce qui nous permettra de poser les premiers jalons de cette action d’envergure. Nous voulons aussi distribuer des moustiquaires imprégnées à toutes les familles de la banlieue.

Voulez-vous dire que le gouvernement a échoué dans sa croisade contre les inondations ?



Il faut reconnaître qu’il reste encore beaucoup de choses à faire. C’est au niveau de la base qu’il fallait combattre ce fléau. Des zones inondables ne devaient pas être vendues ou loties. Il y a effectivement un laxisme condamnable et je le déplore. La sagesse populaire stipule que l’eau ne se détourne jamais de son chemin. Cependant, nous sommes des pacifistes et c’est la paix qui nous intéresse. Pour arriver à ce résultat, nous ne reculerons devant rien et tous les belliqueux nous trouveront en face d’eux.

On vous accuse d’être encadrés par des personnalités qui vous instrumentalisent pour contrer le Mouvement «Y’en a marre» ?



Encore une fois, je suis un fédérateur. J’aime tous les sénégalais et aussi tous les guides religieux musulmans comme chrétiens. Je peux vous jurer sur mon vénéré guide Cheikh Ibra Fall que personne n’est derrière le mouvement CBA. Nous avons pris conscience que ce pays qui nous appartient tous, traverse des zones de turbulences. Pour prévenir les éventuels conflits, nous avons décidé de nous ériger en apôtre de la paix et cela ne doit pas surprendre ou déranger outre mesure. Ce pays est le nôtre et nous devons le préserver. Ce n’est pas parce que le Mouvement «Y’en a marre» existe que toute autre initiative vise à le contrer. Je ne suis pas de cet avis et je voudrais que les gens deviennent un peu plus positifs. Nous menons le même combat. Nous nous connaissons tous. Encore une fois personne n’est derrière le CBA. Tous les hommes politiques sont responsables de la sécurité de notre pays. De Wade en Niasse en passant pas Dansokho, Tanor ou Idy. Ils sont tous conscients que ce pays est un bien commun et qu’ils ne doivent pas le brûler. Nous sommes venus pour sensibiliser nos compatriotes sur la nécessité de ne pas embraser ce cher Sénégal. Nous voulons la Paix et rien que la Paix.

Pourquoi n’avez-vous pas mobilisé grand monde pour le lancement de votre Mouvement ?

Il faut que les choses soient claires. CBA mobilise plus de 500 groupes de Rap. Nous avons choisi de délocaliser le lieu de lancement à Thiaroye. Nous l’avons fait au dernier moment sans pour autant aviser tous nos membres. Cependant, je tiens à vous rassurer car nous comptons plus de 500 groupes de rap.



Est-ce que tous vos membres sont basés à Dakar ?



Non, nous avons réussi un parfait maillage du territoire national. Toutes les régions sont représentées. Même la Casamance a un coordonnateur très dynamique qui s’appelle Cheikh. Beaucoup de groupes ont adhéré au CBA



Parlons maintenant de votre carrière artistique et où en êtes-vous avec votre album déjà annoncé ?

Il est vrai que j’avais annoncé la sortie de mon album au mois de juillet dernier. Cependant j’ai du renoncer à cela car j’ai vu que le moment n’était plus opportun et puis il y a toujours ce phénomène de la piraterie qui nous empêche de vivre de notre art. Sur ce sujet, je dirai clairement que le Gouvernement n’a rien fait pour nous faciliter la tâche. Même si une loi est votée, ces effets sont nuls. Comme je suis mon propre producteur, j’ai remarqué que je ne gagne rien du tout en sortant mes disques. J’ai alors décidé de changer de fusils d’épaule. Grâce à mon art, j’ai pu me faire un nom et j’ai mis à profit cette petite notoriété pour aider d’autres gens. J’ai monté des structures pour vivre et faire vivre des amis. J’ai été un marchand ambulant et j’ai toujours évolué dans le business donc cela me facilite la tâche. L’album est terminé et comme le mouvement CBA prime sur tout et que nous devons sortir une compilation, je me suis mis au service du peuple et mon disque sortira à la fin de toutes nos manifestations.

Comment va s’appeler l’album et quels seront les thèmes abordés ?

Comme à mon habitude, je vais aborder des thèmes sociaux. Je parle de l’argent et de ses méfaits. Je n’ai pas encore choisi de titre définitif mais tout porte à croire que l’album sera intitulé «Khaliss».

tapha cisse / lesenegalais.net

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