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Billet d’avion électronique à partir de 2008 : Les compagnies africaines traumatisées par l’expérience des Gds

Les professionnels du secteur aéronautique des pays francophone d’Afrique de l’Ouest, du Centre, et de Madagascar, ont souligné, lors des premières Journées de l’aviation de l’Iata, l’urgence pour les compagnies africaines de s’adapter à la billetterie électronique avant la fin de l’année 2007. Mais celles-ci ne souhaiteraient pas que l’amère expérience des Gds se renouvelle.

Nous voulons qu’aucun pays africain ne rate cette occasion ; sinon ceux qui le seront, auront de gros ennuis dans le futur’, a prévenu, le 13 avril dernier, le vice-président Afrique de l’Association du transport aérien international (Iata en anglais), le Mauricien Vinod Chidambaram. Une sonnette d’alarme en direction de l’échéance du 31 décembre 2007 qui décrètera la mort du billet d’avion en papier. En lieu et place, le ‘e-ticket’ ou billet électronique à partir du 1er janvier 2008.

Une révolution technologique dans les transports aériens ! ‘Comment empêcher que les innovations technologiques, telles que la billetterie électronique, auxquelles nous adhérons tous pour le progrès de l’industrie, ne creusent davantage la tombe des petites compagnies, notamment celles du monde en développement, victimes des politiques d’exclusion ?’, lit-on dans le message du secrétaire général de l’Association des compagnies aériennes africaines (Afraa en anglais), Christian Folly-Kossi.

La billetterie électronique permet de réduire les coûts et facilite l’organisation pour les compagnies aériennes en suivant la tendance de la dématérialisation. Côté voyageur, la perte du ticket devient moins préjudiciable étant donné qu’il est plus facile d’éditer à nouveau le ticket. ‘Les compagnies africaines ont effectivement tout intérêt à adopter le processus e-ticketing, et de toute façon, elles n’ont pas le choix. Toutefois, elles doivent prendre leurs dispositions pour protéger leur banque de données du fait que les ‘providers’ ou ‘fournisseurs’ du système sont en grande partie contrôlés par les compagnies européennes concurrentes sur notre marché’, avertit le commandant Malick Tall de Air Sénégal International. Qui ajoute, en rappelant que : ‘l’expérience des Gds (Global distribution system), qui à l’image d’une vitre teintée permettait aux compagnies européennes concurrentes de voir ce qui se passait dans le portefeuille clients des compagnies africaines sans que la réciproque soit possible, doit nous servir de leçon’, conseille-t-il.

Et le directeur général de l’aéroport international Blaise Diagne de Diass (en construction) de renchérir que ‘L’expérience des Gds prouve encore une fois que nos compagnies doivent être prudentes. De grandes compagnies occidentales ont toujours profité des Gds pour faire charger leurs appareils, de façon fictive, pendant des semaines’, rappelle Modou Khaya.

Les Gds sont des plates-formes électroniques de gestion des réservations qui permettent aux agences de voyages de connaître l’état du stock des différents fournisseurs de produits touristiques (compagnies aériennes, chaîne d’hôtels, société de location de voiture, tour operators, etc.) et de réserver à distance. Ils sont de fait les premiers services de commerce électronique à grande échelle.

Les Gds ont été développés à l’origine par les compagnies aériennes pour simplifier et automatiser la gestion des réservations. La première à avoir mis en place en 1962 un système performant de ce type est ‘American Airlines’ avec le Gds Sabre. Elle a été rapidement suivie par les autres compagnies.

Aujourd’hui, on dénombre une quinzaine de Gds dont les plus importants sont les américains Sabre, Galileo (créé par trois compagnies américaines et neuf européennes) et Worldspan, ainsi que l’européen Amadeus créé par Air France, Iberia et Lufthansa. Concurrencés par les fournisseurs qui proposent via Internet des systèmes de distribution directe, les Gds développent des services associés au tourisme.

Les compagnies africaines ne résistent pas au changement. Elles veulent seulement se prémunir. Les innovations préconisées par l’Iata, qu’il s’agisse des Bls (Bornes Libre Service), de la carte d’accès à bord avec un code barre vont bel et bien dans le sens d’une réduction de la présence à l’embarquement.

La généralisation du billet électronique fait partie des cinq mesures phare du programme baptisé Stb (Simplying the Business) lancé, en 2004, par l’Association internationale du transport aérien. La billetterie électronique vise à faire des économies substantielles aux compagnies aériennes.

L’Iata espère que ses 265 compagnies n’utiliseront plus que le billet électronique d’ici la fin de l’année 2007. L’Association estime que cette transition permettra à l’industrie de réaliser des économies de 3 milliards de dollars par an. Selon ses données, un ‘e-ticket’ coûte 1 dollar à éditer contre 10 dollars pour un billet classique.

Les premières Journées de l’aviation de l’Iata a relevé les ‘enjeux très forts’ de la généralisation du billet électronique qui peut comporter des ‘dangers’ pour les pays retardataires, pour lesquels elle est disposée à apporter l’expertise nécessaire afin d’aider les pays à se mettre à niveau.


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