17 septembre, 2014
Accueil » ECONOMIE » Blocage du sucre importe au port de dakar et faveurs faites a la compagnie suciere senegalaise – l’unacois/jappo se rebelle et casse du sucre… sur le dos de mimran
Blocage du sucre importe au port de dakar et faveurs faites a la compagnie suciere senegalaise – l’unacois/jappo se rebelle et casse du sucre… sur le dos de mimran

Blocage du sucre importe au port de dakar et faveurs faites a la compagnie suciere senegalaise – l’unacois/jappo se rebelle et casse du sucre… sur le dos de mimran

Entre l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois Jappo) et l’Etat du Sénégal, la guerre est désormais ouverte. Le Président de l’Unacois, Idy Thiam, a ordonné, hier devant les journalistes, aux commerçants, de ne pas baisser le prix du sucre. Il s’est même radicalisé en conseillant les Sénégalais de «boycotter le sucre de la Compagnie sucrière sénégalaise (Css)». Un bras de fer qui, selon le porte-parole de l’Unacois Ousmane Sy Diop, peut conduire à une pénurie de sucre durant le mois de ramadan qui se profile à l’horizon.

Les jours à venir risquent d’être durs pour les consommateurs sénégalais. Le porte-parole de l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois/Jappo), Ousmane Sy Diop, a laissé entendre hier, devant les journalistes, que de «graves problèmes pèsent sur l’approvisionnement des populations en sucre et en riz». Selon lui, «si les 15 000 tonnes de sucre restent toujours bloquées au Port autonome de Dakar, le Sénégal risque de vivre une pénurie de sucre, surtout à l’approche du Ramadan». Pour lui, «les actes de blocage des autorités sur le sucre importé ne relèvent pas d’une politique de rupture et ne répondent pas non plus aux exigences de la Bonne gouvernance». M. Diop a formellement invité l’Etat à prendre ses responsabilités en choisissant entre «la protection des intérêts obscurs et la pénurie de sucre». Il a beaucoup insisté sur l’importance stratégique du secteur du commerce. «Après l’accréditation d’un Ambassadeur dans un pays, il se dirige directement au ministère du Commerce, parce que sa mission principale est de baliser le terrain aux opérateurs économiques de son pays.»

Appel au boycott du sucre de la Compagnie sucrière sénégalaise

C’est à visage découvert que le Président de l’Unacois Jappo, Idy Thiam, a défié l’Etat du Sénégal. «Je n’ai demandé à aucun commerçant de baisser le prix du sucre», a-t-il fait remarquer, arrachant au passage des applaudissements d’une salle conquise à sa cause. Alors que la clameur ne s’est pas encore estompée, M. Thiam conseille: «Pourquoi pas boycotter le sucre de Mimran?» Pour ne pas prêter le flanc aux mauvaises interprétations, le Président de l’Unacois précise : «Je ne milite dans aucune formation politique et je ne dois de l’argent ni au régime sortant ni à celui actuellement en place. Je ne défends que les seuls intérêts de l’Unacois, je me battrai pour tout ce que vous aurez retenu ici.»

L’Etat reverse plus de 10 milliards FCfa de Tva à la Css



Les commerçants regroupés au sein de l’Unacois n’ont pas du tout été tendres avec l’entreprise dirigée par Jean Claude Mimran. Le Secrétaire général Ibrahima Lô soupçonne même l’Etat de rouler pour la Compagnie sucrière sénégalaise. «Les autorités veulent revenir sur la libéralisation de l’importation du sucre, dans le seul but de protéger la compagnie sucrière à qui l’Etat reverse plus de 10 milliards FCfa annuellement, au titre de la Taxe sur la valeur ajoutée, Tva.» Pour cela, renseigne M. Lô, trois possibilités s’offrent à l’Etat : il peut repasser par l’Assemblée nationale, saisir l’Organisation mondiale du commerce (Omc) ou utiliser la force. C’est cette dernière option que l’Etat a choisie. Selon Ibrahima Lô, avant l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, le kilogramme du sucre était à 690 FCfa, ce sont les commerçants qui l’ont ramené à 580FCfa. Il révèle que ce sont les «Sénégalais qui vont payer les 250 millions de dollars, soit environ 125 milliards FCfa, du plan triennal d’augmentation des capacités de la Compagnie sucrière sénégalaise». Ne comprenant pas pourquoi les consommateurs sénégalais n’ont pas accès aux 6 milliards d’excédents de sucre sur le marché mondial, Ibrahima Lô accuse : «Il y a un manque d’équité notoire sur le sucre puisque l’Etat protège injustement la Css qui s’est aménagée une marge bénéficiaire de 58 000FCfa la tonne, contre 150 00FCfa la tonne pour les importateurs.» Au total, conclut-il, «ce sont 27 milliards FCfa que les consommateurs déboursent pour subventionner la compagnie sucrière. 43 ans de monopole, cela suffit.»

Le prix du riz n’est pas homologué

Abordant le problème du riz, l’Unacois estime que le prix du riz n’est pas homologué. Le porte-parole Ousmane Sy Diop explique : «Le ministère du Commerce ne parle que du riz brisé, cela ne correspond à aucune norme technique, car il y a plusieurs variétés de riz parfumé. L’homologation se fait à partir de l’origine du riz.» Il en déduit qu’«il n’y a donc ni harmonisation ni déclaration préalable des prix du riz». Pour lui, «les autorités n’ont pas pris le soin de respecter toutes les normes en la matière». Cette erreur, note M. Diop, est de «nature à jeter le discrédit dans les relations entre l’Etat et le secteur du commerce». Le président Idy Thiam et Cie ont souligné, pour finir, que le «Commerce est un secteur stratégique et que les Etats ne conquièrent plus des territoires, mais des marchés économiques.»

L’Observateur