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Bocar Samba Dieye sur son litige avec la Cbao « Je ne dois de l’argent à personne »

Dans cet entretien avec «L’as», Bocar Samba Dièye revient sur ses déboires à la fois avec les banques, la justice et des particuliers comme Abdoul Mbaye, ancien directeur de la Cbao et non moins ancien premier ministre et l’ex-patron marocain de la Cbao M. Raghini. Le «magnat du riz» raconte ses misères avec les différents régimes, mais surtout revient en détails sur le dossier à rebondissements qui l’oppose à Abdoul Mbaye. Loin de s’avouer vaincu, malgré le poids de l’âge, le célèbre importateur de riz entend se battre.

L’As : parlez-nous de l’affaire qui vous oppose à la Cbao et à Abdou Mbaye ?

Bocar Samba Dièye : Un jour, alors que j’étais chez moi, Abdoul Mbaye qui a été viré de la BIAO m’appelle au téléphone pour me dire qu’il veut mettre en place une banque avec un entrepreneur étranger prospère. Je lui ai remis 10 millions. C’est ainsi qu’il est allé faire l’étude. A son retour, j’ai soumis l’étude à l’ancien ministre Mamoudou Touré qui a décelé des anomalies. Finalement, je me suis rendu chez Mamoudou Touré pour valider le document. Après la création, j’ai réclamé 25% des actions. Mais au finish, j’ai pu acheter 3.000 actions puis 1.000 autres. Quelques années plus tard, Abdoul Mbaye a vendu la banque sans que je sois avisé. Cela m’a fait mal, mais je n’y pouvais rien. Pourtant, chaque année on faisait des bénéfices énormes. Quand Abdoul Mbaye a vendu la banque, Mor Sèye et Anta Dioum qui étaient des patrons au sein de l’établissement financier me font part d’une dette de 4 milliards de francs CFA à payer à la banque. J’avais l’habitude d’emprunter à la banque de l’argent pour mener mes activités. Quelques temps après, on organise un Conseil d’administration. Au début, je n’étais pas convoqué, c’est après que j’ai reçu ma convocation. Lors de cette rencontre avec les responsables de la banque, j’ai dit haut et fort que Raghini n’est pas une bonne personne. C’est ainsi qu’on m’a extirpé du dossier, mais je continuais à avoir un compte à la Cbao que je n’avais pas clôturé. Quand j’ai fini de payer la dette, ils ont écrit une note au notaire pour dire que j’ai déjà versé pour solder ma dette donc il faut lui faire une main levée. Normalement, je devais signer le papier, mais le notaire Me Moustapha Ndiaye n’a jamais accepté que je signe. A ma grande surprise, je découvre que mon compte a été fermé. Et Abdoul Mbaye qui n’était plus Directeur Général m’appelle pour m’emprunter mes actions pour, dit-il, «se battre contre eux». Sur le papier, il est dit que la main levée a été faite sur une de mes maisons à hauteur de 2,2 milliards Fcfa. Mon notaire a lui même vendu la maison alors qu’ils avaient déjà levé l’hypothèque à mon insu.

Le cabinet Maguèye Niang avait effectué une expertise sur cette affaire, mais elle n’est pas bonne et une autre doit être faite. que cherche cette nouvelle expertise ?

Elle va dire si réellement je dois de l’argent à la banque ou pas. J’ai tous les papiers qui prouvent que j’ai payé tout ce que je devais à la banque, d’après la première expertise. Il y a même un expert qui avait fait un rapport que lui même avait jugé bâclé. Mais il sait très bien que c’est la banque qui me doit de l’argent. Un autre expert que j’avais commis avait dit que la banque me doit 3,9 milliards de francs CFA. Pour ce qui concerne mes actions, il s’est trouvé que l’usine avait contracté une dette et j’ai calculé avant de leur remettre un chèque de 25 millions de francs CFA ainsi que les actions. C’est ainsi qu’on m’a fait une main levée. Le problème est que le notaire est retourné vendre ma maison, alors qu’on m’avait déjà fait une main levée.

Depuis le début de cette affaire, le chef de l’etat vous a t-il appelé ?

Une seule fois. Macky Sall m’a reçu à bras ouverts. Il a appelé au téléphone le ministre de l’Economie et des Finances, Amadou Bâ qui se trouve être un parent. Ce jour là, la Cbao avait délégué quatre personnes, mais il n’a reçu que Raghini et moi. On se bat depuis dix ans. C’est à la suite de cette rencontre que les relations avec les responsables de la banque se sont détériorées. Je ne sais pas réellement ce qui s’est passé entre temps. Le gouvernement s’aligne derrière la banque même au tribunal. Ce dont je suis sûr, c’est que je ne dois rien à la banque. Elle n’a qu’à sortir ses dossiers et je sors les miens. Si c’est avéré que je leur dois de l’argent, je paie. Tout le monde sera édifié. Ce qui est sûr, c’est que je ne dois de l’argent à personne. L’autre chose est que quand le Dg de la Cbao, Raghini, devait être arrêté, l’Etat est intervenu pour qu’il ne le soit pas, sous prétexte qu’il estle directeur d’une banque qui employait plusieurs travailleurs. J’ai porté plainte contre Raghini. Même le juge qui l’avait inculpé a été muté. Je n’ai aucun problème avec l’actuel Président, mais avec tout le bruit autour de cette affaire, il devait m’appeler et me demander ce qui se passe réellement. Il ne faut pas oublier non plus que c’est lui-même que l’ancien Président Abdoulaye Wade avait mandaté pour me dissuader de me retirer de l’importation du riz.

Vous doutez de la neutralité de l’etat dans cette affaire ?

Franchement, je ne peux pas vous dire les raisons. Imaginez que c’est le Maroc qui m’a informé que mes maisons ont été mutées. C’est bizarre. Ce pays est plus puissant que le nôtre. Mais, quand un étranger vient créer des problèmes à un de tes citoyens, en tant qu’Etat, tu dois réagir. Je n’ai pas vu le chef de l’Etat. Je suis même allé voir son oncle. Mais je pense qu’il doit intervenir, parce que quand j’avais décidé de me retirer du commerce, c’est lui qui m’avait appelé à l’époque.

Vous soupçonnez Abdoul Mbaye et Raghini de comploter…

(Il coupe). Non je ne soupçonne pas, je sais….

Pourquoi vous n’avez pas porté plainte?

Je ne peux pas le faire, parce que c’est lui qui dirigeait la banque. Si Abdoul Mbaye parvient à retirer mon argent, c’est parce que la banque l’a voulu. Il m’était impossible de le poursuivre. A l’époque, il était le directeur. Et tout ce qu’il décidait était validé. Imaginez que je porte plainte contre lui, et qu’il se retourne contre moi. Il y a quelques semaines, Abdoul Mbaye a parlé dans la presse en disant qu’il a beaucoup fait pour moi. Mais, il devait aller au fond des choses. Tout ce dont je me rappelle, c’est un prêt de 600 millions de francs CFA pour le compte de l’Unacois que j’ai remboursé au bout d’une semaine.

Qui en veut à Bocar Samba Dièye ?

Je ne pense pas que quelqu’un veuille me faire du mal. Je vous ai fait lire un papier sur lequel un gars m’a accusé d’avoir insulté les enquêteurs de la Douane et des juges. Cette fausse accusation m’a coûté la somme de 150 millions de francs CFA. Près de deux ans après, il revient avec son marabout pour me demander pardon, parce qu’il avait raconté des contrevérités sur moi. Il a été directeur de mon usine. Je suis retourné avec lui et son guide au bureau des enquêtes douanières pour qu’il répète la même chose. N’empêche, j’ai perdu mon argent. Il travaillait dans une usine qui m’a pris plus d’un milliard de francs CFA.

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