Dilma Rousseff, lundi 9 mai 2016, au palais présidentiel à Brasilia.REUTERS/Adriano Machado
Dilma Rousseff, lundi 9 mai 2016, au palais présidentiel à Brasilia.REUTERS/Adriano Machado

Brésil: la procédure de destitution contre Dilma Rousseff reprend son cours

Par RFI-Waldir Maranhao se rétracte. Le président par intérim du Congrès des députés brésiliens est revenu, ce mardi 10 mai 2016, sur sa décision prise la veille d’annuler le vote des députés du 17 avril dernier. Un vote qui avait validé l’impeachment contre la présidente brésilienne et attendait confirmation du Sénat fédéral. Plus rien ne s’oppose donc à la reprise de cette procédure de destitution cette semaine.

La procédure de destitution frappant la présidente brésilienne Dilma Rousseff va finalement se poursuivre au Sénat cette semaine, après une série de rebondissements et une vaine tentative du président du Congrès des députés, la chambre basse du Parlement, pour la suspendre. Le président intérimaire du Congrès, Waldir Maranhao, est finalement revenu ce mardi sur sa décision, prise la veille, de suspendre la procédure en invalidant le vote des députés qui avaient approuvé son lancement.

Volte-face du président de l’Assemblée

Lundi, avant de se dédire, cet homme politique brésilien, connu pour ses déclarations fantasques, avait en effet provoqué un retentissant coup de théâtre, en déclarant que le vote de l’assemblée plénière des députés constituait un « pré-jugement » de la présidente de gauche et « portait atteinte à une pleine défense » de Dilma Rousseff. Et de suspendre ledit vote du 17 avril dernier, plongeant Brasilia dans la plus totale confusion durant de longues heures, et prenant même de court la présidente.

Et ce, jusqu’à ce que le président du Sénat fédéral, Renan Calheiros, mettent fin au suspense en décidant d’ignorer « la décision intempestive », a-t-il dit, du député Maranhao, qui pour rappel s’était retrouvé propulsé par surprise au perchoir de la chambre basse jeudi dernier seulement. Balayant l’analyse de son homologue du Congrès, M. Calheiros a alors ordonnéla poursuite de la procédure. « Aucune décision autocratique ne peut s’imposer à une décision collégiale », a-t-il argumenté.

Enième coup de théâtre brésilien

« Accepter une telle plaisanterie avec la démocratie me compromettrait personnellement dans le retard du processus. Il n’appartient pas au président du Sénat de dire s’il est juste ou injuste, mais à l’assemblée plénière du Sénat », a souligné Renan Calheiros au moment de contredire M. Maranhao, déchaînant alors la colère des sénateurs de gauche, qui réclamaient eux aussi la suspension de la procédure, mais semblant finalement remettre les pieds du président du Congrès sur terre.

Après ce charivari, la procédure va donc suivre son cours, sauf intervention du Tribunal suprême fédéral entre-temps. Son président, Ricardo Lewandowski, a déclaré qu’il « donnera priorité aux recours judiciaires » en lien avec la destitution et a assuré que la procédure respecterait la loi. Mais en attendant, les sénateurs sont appelés à voter à la majorité simple, à partir de mercredi, l’ouverture formelle d’un procès en destitution contre Mme Rousseff, pour le maquillage présumé des comptes publics.

Michel Temer pourrait succéder à Dilma Roussef

Si le Sénat valide, il entraînera la mise à l’écart automatique de Mme Rousseff du pouvoir pendant un maximum de 180 jours, en attendant un jugement final du Sénat transformé en tribunal pour l’occasion. Le vice-président du pays, Michel Temer, ancien allié devenu rival de la présidente, la remplacerait immédiatement par intérim et formerait un nouveau gouvernement.

L’issue du vote attendu jeudi ne fait pratiquement aucun doute : une cinquantaine de sénateurs sur 81 ont déjà annoncé leur intention de voter en faveur de l’ouverture du procès en destitution de la présidente de gauche qui dénonce un « coup d’Etat parlementaire sans base légale ».

 

Voir aussi

telechargement-1

SEYDOU GUEYE REPLIQUE A CHEIKH BAMBA DIEYE «La myopie politique renvoie à une vision sombre des choses»

Cheikh Bamba Dièye avait  presque tourné en dérision la récente sortie du chef du gouvernement …