POLITIQUE

Brexit : le Royaume-Uni dit « goodbye » à l’Union européenne, et après ?

  • Date: 24 juin 2016

La victoire des partisans du Brexit constitue un tournant majeur dans l’histoire de l’Union européenne, qui pourrait avoir du mal à s’en remettre.

 

Le camp du Brexit tient son « Independence Day ». Les résultats du référendum organisé jeudi 23 juin au Royaume-Uni vont donner la victoire aux partisans de la sortie de l’Union européenne, selon les résultats partiels publiés vendredi. Un tremblement de terre pour toute l’UE, qu’aucun Etat membre n’avait jamais quittée. A quoi faut-il désormais s’attendre ?

Un divorce long à formaliser

L’Union européenne n’est pas encore passée de 28 à 27 membres, loin de là. Avant toute chose, comme le prévoit l’article 50 du Traité sur l’Union européenne, le Royaume-Uni doit notifier au Conseil européen son intention de s’en aller. Le Premier ministre, David Cameron, a laissé entendre qu’il saisirait ce conseil des chefs d’Etat et de gouvernement « tout de suite », mais rien ne l’y oblige. Rien ne garantit non plus qu’il restera Premier ministre, car il a fait campagne pour le maintien dans l’UE. Son parti pourrait vouloir le remplacer par un conservateur pro-Brexit, plus en phase avec le choix des électeurs.

Une fois la procédure lancée, Londres et Bruxelles auront deux ans maximum pour négocier les clauses du divorce et parvenir à un accord, qui devra être approuvé par le Parlement européen et le Conseil européen. Si rien n’est conclu au terme des deux ans, le divorce prendra effet immédiatement, à moins que les parties prenantes ne décident de prolonger les discussions. Ce n’est qu’une fois le divorce acté que le Royaume-Uni sera libéré des obligations des traités européens (ce qui suppose d’adapter la législation britannique) et que ses représentants quitteront les institutions européennes.

Un nouveau partenariat à établir avec l’UE

Outre les aspects bureaucratiques du divorce (gestion des dernières contributions britanniques et des derniers investissements européens, modification des textes, modification des contrats des fonctionnaires britanniques de l’UE, etc.), Londres et Bruxelles vont devoir régler de nombreuses autres questions. Quel avenir pour les expatriés ? Quels conditions de circulation des personnes ? Quelles barrières douanières ? Ces points pourraient être examinés en parallèle du divorce, ou une fois le divorce prononcé. Le tout pourrait durer plusieurs années supplémentaires.

En matière économique, tout est envisageable. Le Royaume-Uni pourrait imiter l’Islande et la Norvège en rejoignant l’Espace économique européen, qui donne accès au marché intérieur européen. Mais il serait obligé d’accepter la libre-circulation des personnes, d’appliquer de nombreuses normes européennes et de participer au budget européen… c’est-à-dire tout ce que les partisans du Brexit veulent éviter.

Le Royaume-Uni pourrait préférer conclure des centaines d’accords bilatéraux avec l’UE, secteur par secteur, comme l’a fait la Suisse, ou un accord de libre-échange, comme l’a fait le Canada, ou une union douanière, comme l’a fait la Turquie. Il pourrait aussi ne rien faire, et se retrouver comme presque tous les autres Etats, dont la Chine et les Etats-Unis, à suivre les règles de l’Organisation mondiale du commerce.

Une Union européenne à revoir

Ce Brexit marquera-t-il la chute ou le renouveau de l’Union européenne ? Avec la perte du Royaume-Uni, c’est un poids lourd économique, militaire et diplomatique qui s’en va. De plus, les dirigeants de l’Union européenne redoutent que ce départ d’un Etat membre donne des idées à d’autres pays, qui pourraient être tentés à leur tour de plier bagage ou, du moins, de négocier des statuts spéciaux. Certains responsables politiques suggèrent d’être dur lors des négociations avec le Royaume-Uni, pour dissuader les potentiels futurs déserteurs et éviter toute dislocation.

A l’inverse, le Brexit pourrait être l’occasion de relancer le projet européen, notamment dans des domaines où les Britanniques étaient frileux, comme la zone euro ou la question d’une armée européenne. François Hollande a ainsi promis, mercredi, de « travailler à la relance de la construction européenne » avec l’Allemagne, pour « assurer plus de protection » des frontières et permettre à la défense européenne de « jouer tout son rôle ».

L’Union européenne pourrait aussi recevoir une nouvelle candidature : celle de l’Ecosse. Les dirigeants écossais, europhiles, ont annoncé, pendant la campagne, qu’un Brexit les inciteraient à demander un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. En 2014, les partisans du maintien dans le Royaume-Uni l’avaient emporté, mais ce Brexit pourrait changer la donne. La situation de l’Irlande du Nord sera aussi à surveiller, avec la tentation pour les nationalistes de demander un rapprochement avec l’Irlande, voire une unification – et donc un retour de l’Irlande du Nord dans l’UE.

Des pertes économiques à limiter

Last but not least, l’économie britannique va traverser une zone de turbulences qui devrait durer le temps des négociations avec Bruxelles – durant la campagne, David Cameron a mis en garde contre le risque d’« une décennie perdue ». D’ici là, la livre devrait être affaiblie, ce qui diminuera la compétitivité britannique à l’export, la place boursière de Londres devrait perdre en importance, et la croissance outre-Manche en général sera freinée. La France, elle, devrait connaître quelques secousses, mais bien moindres.

A plus court terme, pour limiter la casse dans les jours suivant le Brexit, le ministère britannique des Finances, la Banque d’Angleterre et la Banque centrale européenne pourraient intervenir pour stabiliser les marchés. « Nous avons fait maintenant toute la préparation nécessaire », a assuré, mardi, le patron de la BCE, Mario Draghi.

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