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The logo of Qualcomm is seen during the Mobile World Congress in Barcelona, Spain February 27, 2018. REUTERS/Yves Herman

Broadcom-Qualcomm : Washington et le péril jaune des télécoms

Le rachat par la dette de Qualcomm par Broadcom inquiète les autorités américaines, qui redoutent un affablissement de leur industrie électronique face à la menace chinoise.

Chronique. En 1897, le sociologue Jacques Novicow analysait avec ironie l’une des grandes peurs de l’époque, Le Péril Jaune. « Les Chinois sont quatre cents millions, écrit-il. Théoriquement, ils peuvent mettre trente millions d’hommes sur pied de guerre. Un beau matin, ils devraient envahir l’Europe, massacrer ses habitants et mettre fin à la civilisation occidentale. »

Aujourd’hui, c’est Washington qui porte l’étendard de la lutte contre l’invasion chinoise. Dernier épisode en date, l’intervention du Comité sur les investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS), qui est s’est invité par surprise dans la plus importante fusion de l’histoire du high-tech mondial, celle entre Broadcom et Qualcomm, deux fabricants de puces électroniques pour les télécoms. L’administration américaine demande instamment à Qualcomm de reporter d’un mois son assemblée générale, qui doit se prononcer sur l’acquisition, afin d’examiner en détail cette opération qui, à ses yeux, menace la sécurité américaine.

Une agitation a priori étrange. Les deux entreprises sont californiennes depuis leur origine. Pas de quoi faire faire trembler le centre du monde du high-tech. Sauf qu’à l’occasion du rachat, en 2015, de Broadcom par son concurrent Avago, lui aussi natif de la Silicon Valley, le siège social de l’ensemble, piloté par l’homme d’affaires américain d’origine malaise, Hock Tan, a été transféré à Singapour. Le CFIUS s’estime donc légitime à se pencher sur le sujet.

L’épouvantail HuaweiL’examen de son argumentaire éclaire la peur du péril jaune qui s’est installée à Washington. Selon la lettre de l’autorité, dévoilée mardi 6 mars, l’acquisition de Qualcomm, au moyen d’une dette colossale de plus de 100 milliards de dollars (80,5 milliards d’euros), va exagérément fragiliser la cible. A tel point que, pour satisfaire les besoins financiers de son nouvel actionnaire, elle devra couper dans ses frais de recherche.

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