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Bruit et fureur médiatique ! PAR AMADOU BA

  • Date: 21 décembre 2015
 Le Sénégal n’est pas à l’abri des réseaux obscurs qui confisquent la stabilité des Etats africains pour leurs seuls intérêts et profits avec la complicité d’une élite politique
 Le Sénégal politique a vibré le week-end dernier au rythme du scandale de corruption qui a fini d’éclabousser le clan de l’un des plus illustres Sénégalais : Lamine Diack. Sans doute poussé à bout par  Renaud Van Ruymbéké, le juge anti-corruption le plus redouté de France, l’ancien président de l’Iaaf est passé à table. Des aveux retentissants dont les échos ont résonné au delà du palais de la République surtout que le quotidien français «Le Monde» a commis l’imprudence d’indexer directement Macky Sall alors que les propos de Lamine Diack visaient l’opposition au régime de Wade en général.

Comme à son habitude, l’entourage du Président Macky Sall, toujours prêt à foncer droit au mur en klaxonnant s’en est donné à coeur joie en démentant systèmatiquement ce qui n’était qu’une allusion savamment distillée (à dessein peut-être) par nos confrères français. En 48 heures, trois journalistes ont reçu une convocation à déférer devant la Dic, de même que le numéro 2 du Parti démocratique sénégalais (Pds) Oumar Sarr, placé en garde à vue depuis samedi, en attendant d’être présenté devant le procureur probablement ce lundi

C’est connu : depuis 2012, les critiques contre le Président de la République excitent la boulimie de son entourage avec un formidable appétit de démentir, de prendre sa défense en promettant d’envoyer ses adversaires dans une mine de sel, les pieds nus, avec des plaies ouvertes. Le week-end dernier encore, les partisans du Président ont bombardé les Sénégalais de réactions épidermiques, de propos et d’actes parfois incongrus là où il fallait simplement expliquer, pour permettre aux Sénégalais de se forger leur opinion à partir d’élèments factuels et précis.

Le problème, c’est que trop souvent l’émotion l’emporte sur la lucidité et plus souvent les faits et gestes posés relèvent plus de réaction épidermique que d’application de plan mûrement réfléchi. Le problème, c’est que de plus en plus, la passion prend le dessus sur la clarté du discours du pouvoir. Le président a été plébiscité par les Sénégalais en 2012, d’abord pour la sagesse, le calme et la sérénité qui se dégageaient dans ses prises de position. Les Sénégalais appréciaient surtout le personnage policé au style consensuel, pas du tout conflictuel.

Il est d’ailleurs paradoxal de constater qu’au moment où l’entourage du Président squattait les plateaux de télévision, Khalifa Sall faisait le choix de se taire, lui qui est directement et précisémment concerné par un extrait des auditions dans la partie qui traite des élections municipales de 2009 à Dakar. Si le maire de Dakar a un orgueil à tirer de sa vie politique, ce sera à la fois cette faculté qu’il a de décrypter, d’interpréter et de prescrire l’opinion publique à partir de postures recherchées. Il a ce sens subtil de communiquer directement avec les Sénégalais, en évitant de se mouiller. Aucun mot de compassion pour Lamine Diack. Aucun démenti comme s’y est employé avec énergie le camp de Macky Sall alors que Lamine Diack est connu pour être un de ses proches et un de ses plus grands parrrains à l’international qu’il considère d’ailleurs comme un père.

Au-delà des leçons autour du bruit médiatique, il est aujourd’hui frappant de relever que le Sénégal n’est pas à l’abri des réseaux obscurs qui confisquent la stabilité des Etats africains pour leurs seuls intérêts et profits avec la complicité d’une élite politique. L’argent-roi, celui des amis, des copains et des coquins, est au coeur de l’action politique. D’où l’impératif de mettre en place un système de financement des partis politiques et une législation claire sur le plafonnement des dépenses de campagne.

HEUREUSEMENT QUE LE MONDE AUSSI SE TROMPE ! 

Que dire enfin du personnage Lamine Diack que l’on a déifié au Sénégal au point de vouloir en faire un président de transition en 2012. Un homme respecté pour tout le service qu’il a rendu au sport mondial. En moi résonne déjà sous forme de réminiscence, ces vers extraits du monologue de Don Diègue dans le Cid de Corneille : « Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? Mon bras qu’avec respect tout l’Espagne admire, Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire, Tant de fois affermi le trône de son roi, Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ? Ô cruel souvenir de ma gloire passée ! Oeuvre de tant de jours en un jour effacée ! Nouvelle dignité fatale à mon bonheur ! Précipice élevé d’où tombe mon honneur.

Lamine Diack que toute l’Afrique admirait tombe de son piédestal au crépuscule de sa vie. Heureusement du reste que ces révélations ont été faites par un journal français. Qu’adviendrait-il si un confrère sénégalais avait eu l’outrecuidance de publier de telles inepties ? Vérité ailleurs, mensonge ici ! Les cris d’indignation, les lapidations médiatiques auraient sans doute fusé de partout et une note d’excuse à l’endroit des lecteurs et non à l’endroit des personnes citées à tort n’auraient jamais suffi à assouvir la colère de nos dirigeants. Heureusement que Le Monde aussi se trompe et trompe tout le monde en même temps. On lui pardonne aujourd’hui ce qu’on ne tolère jamais à la presse sénégalaise. Ça s’appelle simplement le complexe du colonisé.

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