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BTP – Promulgation du nouveau Code des marchés : Le patronat reste sur sa faim

Pour que le nouveau Code des marchés publics soit véritablement opérationnel, tous les organes de contrôle et de régulation prévus par ses dispositifs devraient entrer rapidement en vigueur, indiquent les membres du syndicat des entreprises du bâtiment affilié au Conseil national du patronat.

Le Conseil national du patronat du Sénégal (Cnp), par le biais du Syndicat professionnel des entreprises de bâtiments et travaux publics (Spebtps) qui lui est affilié, a organisé hier, une journée de présentation et d’échanges sur le nouveau Code des marchés publics, qui a été promulgué le 25 avril dernier. Une occasion pour Baïdy Agne, président du Cnp, de porter un regard critique sur le décret gouvernemental. «J’ai eu comme l’impression que le gouvernement dans la prise en compte de son décret, répond à une certaine pression de la société de façon générale, et de la communauté des bailleurs», a martelé le patron de certains patrons du Sénégal. Avant d’ajouter : «Il ne faut pas que les gens fassent les choses sous pression. Il faut qu’ils en soient convaincus. Parce que si on n’est pas tout à fait engagé, la mise en œuvre va être longue.»

Pour le président de l’organisation patronale, le décret de promulgation du code a été élaboré sans prendre en compte des mesures d’accompagnement pour sa mise en application. Par conséquent, les acteurs concernés ne sont pas tout à fait en phase avec tous les articles.

En outre, estime Baïdy Agne, «au-delà du code, on doit faire en sorte que les petites entreprises puissent avoir les capacités de soumissionner sur les marchés». Car, a constaté le patron du Cnp, les critères érigés par le nouveau code maintiennent toujours en réalité, certains grands marchés inaccessibles à la plupart des entreprises sénégalaises.

Les membres du Cnp et en particulier ceux du Spebtps, n’ont pas manqué de demander aux autorités de diligenter la mise en place des différents organes prévus dans le nouveau code. Notamment, la direction générale et l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp), qui doivent servir de garants aux soumissionnaires.

Réagissant à cette critique du président du Cnp, M. Ousmane Masseck Ndiaye, ministre du Tourisme et des Transports aériens, qui représentait son homologue de l’Equipement et des infrastructures, a affirmé que «personne ne fait pression sur le gouvernement». Le ministre s’est même permis d’assurer : «Nous sommes assez responsables pour savoir quand, comment et où pour prendre des décisions concernant le fonctionnement de notre pays. Nous avons un Etat organisé. Les textes passent par une procédure d’approbation, du conseil d’Etat au conseil des ministres avant d’arriver à l’assemblée nationale. Par conséquent, il faut que les gens comprennent que quand un texte est en retard, c’est parce qu’il y a des experts qui sont derrière et qui doivent regarder le contenu de ce texte, avant que l’Etat ne puisse donner son avis.»

Cependant, déclare Ousmane M. Ndiaye, le gouvernement continuera à apporter tout son soutien aux entreprises sénégalaises pour qu’elles soient performantes et compétitives.

Sur l’installation des organes de mise en application du code, le ministre a dit qu’il va attirer l’attention du gouvernement pour que les ministères concernés puissent prendre des dispositions permettant la création de ces organes et que les responsables qui doivent les diriger, soient nommés. «Si ces organes ne sont pas encore installés, il est évident que l’application du code posera des problèmes», a reconnu le ministre du Tourisme.


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