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Budget de l’éducation nationale- La répartition des ressources en question

402 790 138 000 FCfa. C’est le montant dégagé par le gouvernement pour le ministère de l’Education nationale pour l’exercice 2016/2017. Un montant salutaire, eu égard aux enjeux du système scolaire. La répartition du budget demeure problématique, car plus de 80% est consacré aux paiements de salaires. Un taux très faible pour les investissements. Quelle répartition efficiente pour un système éducatif performant ? La coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep) pose le débat lors de la Foire des innovations en éducation et formation, qui a baissé ses rideaux ce week-end.

C’est une lapalissade de dire que le secteur de l’éducation sénégalaise n’est pas en situation de sous-financement. C’est sa répartition qui constitue un enjeu majeur. La coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep) a posé le débat, ce week-end, à l’occasion de la Foire des innovations en éducation et formation. Sous le signe : Forum national citoyen de suivi du budget de l’éducation.

Ce panel a permis de dégager la conclusion suivante : l’amélioration du budget doit être articulée à la fois au fonctionnement et à l’investissement pour une prise en compte des disparités et besoins spécifiques des communautés. Le constat reste simple. Le budget du ministère de l’Education est arrêté pour l’année 2017, à 402 790 138 000 FCfa, contre 376 909 114 000 FCfa en 2016, soit une hausse de 6,87% en valeur relative. Les dépenses de personnel sont estimées à 266 262 583 000 FCfa, soit une hausse de 19,01%. Celles consacrées au fonctionnement sont évaluées à 89 251 041 000 FCfa, contre 106 996 424 000 en 2016, soit une baisse de 19,01% en valeur relative. Autrement dit, plus de 80% du budget sert à payer les salaires des enseignants. Une part très faible est consacrée aux investissements, sans un avis ni du représentant du peuple ni du citoyen lambda, pour une éventuelle révision des allocations internes au niveau du budget. C’est un impératif quasi absent lors de l’élaboration des budgets de l’éducation nationale.

«Nous n’avons pas le temps d’aller dans les détails pour éplucher 35 budgets ministériels en 2 semaines, sachant que nous n’avons pas d’assistants parlementaires. Le calendrier parlementaire est tel que les députés n’ont pas ce temps de lire 35 budgets en 2 semaines, alors que le gouvernement a travaillé pendant 6 mois pour mettre en place un budget, fait savoir d’emblée Cheikh Oumar Sy, député de la législature sortante. Et de poursuivre : Les contraintes institutionnelles sont des facteurs bloquants sur notre travail, et le relais citoyen est faussé dès le début. C’est le cas au niveau du ministère de l’Education nationale où les députés ne peuvent pas aller en profondeur dans la nomenclature budgétaire».

Ce constat amer du député Cheikh Oumar Sy, fait sortir le secrétaire général du cadre unitaire des enseignants du moyen secondaire de ses gonds. Abdoulaye Ndoye précise : «si les élus n’ont pas le temps nécessaire pour lire les documents, cela pose problème. Nous ne savons pas le montant exact injecté jusqu’à présent dans l’éducation. Les problèmes inscrits dans le procès-verbal demeurent».

Le Sénégal consacre entre 6 et 7% de son PIB à l’éducation, alors que la moyenne en Afrique est de 4%, souligne Monsieur Mbow, consultant, non sans avoir indiqué que «le seul souci est un problème d’affectation des ressources. L’investissement est quasiment nul. L’essentiel est consacré au fonctionnement, il faut revoir les orientations budgétaires», dit-il.

Constatant peu d’investissements consacré vers les priorités, Abdou Dia a relevé que «le problème au niveau global et niveau déconcentré est que l’allocation des crédits va directement au fonctionnement ».

Pour le sociologue, Djiby Diakhaté, «le budget est largement en deçà des attentes du système.Nous avons l’impression que nous sommes dans un système où l’opacité règne en maître. Nous avons comme l’impression que la priorité est de sauver l’année et non l’école».

Il est question pour les participants de privilégier la participation citoyenne au débat d’orientation budgétaire, à travers des espaces d’interpellation pour permettre aux citoyens de définir leurs priorités.

Sud quotidien

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