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Burkina Faso- le coup d’Etat permanent

Naître dans le coup d’Etat. Grandir, vieillir et mourir dans le coup d’Etat, voilà le sort de génération de Voltaïques et de Burkinabé depuis l’aube des indépendances… De 1960 à 2015 et depuis la déposition de Maurice Yaméogo, le premier d’entre eux qui a été porté à la tête de l’embryon d’Etat naissant, six présidents au total se sont succédés au palais de Ouagadougou. Depuis la fin des royaumes mossis, le pays manque de véritables héros, mais vit sous le joug de putschistes en tout genre. Sangoulé Lamizana, le colonel Saï Zerbo, Jean Baptiste Ouedraogo, resté moins d’un an au pouvoir. La liste est longue jusqu’à Blaise Compaoré et son ami Thomas Sankara. Et, puis cette semaine, au tour de l’ancien ambassadeur devenu président Michel Kafando, d’y passer, après l’intermède de Yacouba Isaac Zilda. Pays compliqué, l’homme à qui  échoit le pouvoir en ce mois de septembre, est un autre grand inconnu, mais un proche de Blaise Compaoré. Général de division, il s’appelle Gilbert Diendéré. Finalement, où se trouve le pouvoir au Burkina Faso ?

On pourrait penser que pour le Burkina Faso, le mieux serait de retourner à la royauté et au système monarchique mossi. Parce que toutes les transitions au monde, même taillées sur mesure ne semblent réussir dans ce pays. Pays des hommes de tenue, les militaires burkinabè trouveront toujours un moyen pour bloquer la manœuvre et imposer au peuple, la seule manière de gouverner qu’ils connaissent: celui de la force et de la terreur. Incapables de faire une guerre intelligente, encore moins une gouvernance organisée, leur spécialité reste le coup d’Etat, les trahisons, les complots, la poursuite des intellectuels et tous ceux qui ne pensent pas comme eux.

La Haute Volta. Quel pays ! L’histoire de ce pays ne commence pas le 4 août 1984 quand, comme il a été écrit, Thomas Sankara décide d’appeler l’ancienne Haute-Volta en Burkina-Faso, le “Pays des hommes intègres”. Un changement de nom officiel et très symbolique, destiné à rompre avec le passé colonial et concrétiser les objectifs de la révolution sankariste. Qui est aujourd’hui intègre dans ce pays ? A la vérité, en Afrique, les symboles servent-ils à grand-chose. Mais 1984, c’est déjà une autre époque alors que deux générations ne se sont pas succédé. Que signifie pour les enfants burkinabè d’aujourd’hui, le changement de drapeau de l’ancienne Haute-Volta, composé de trois bandes noire, blanche et rouge qui a été remplacé par le nouvel étendard national, composé depuis lors de deux bandes horizontales rouge et verte, frappées d’une étoile jaune à cinq branches ?

Le tout représentait respectivement les idéaux de révolution, de travail de la terre, et d’espérance. Mais, cette terre malheureusement, expulse sa chaleur issue du crépitement  des armes à feu dont les militaires ne se servent que pour intimider et rester au pouvoir. Où est la liberté ? Autre transformation: l’hymne national. La chanson Volta laisse la place au Ditanie, ou “chant de la victoire”. La devise nationale est elle aussi modifiée, passant de “Unité-travail-justice“ à “La patrie ou la mort, nous vaincrons”. D’ailleurs que reste-t-il de ce simple slogan ? On meurt dans ce pays pour rester au pouvoir, se servir et non servir l’Etat.

Pour avoir une autre lecture politique de la situation actuelle et passée du pays, il faut aussi remonter aux sources précoloniales de ce pays longtemps confronté à la volonté de suprématie de l’ethnie mossi qui n’est pas forcément celle qui a dominé toute l’histoire des royaumes du pays. En effet, deux régions principales du Burkina ont échappé largement à la suprématie mossie, l’Ouest et le Nord. À l’Ouest, il semble ainsi, selon les anthropologues et les historiens, que l’organisation sociale, essentiellement villageoise, acceptait mal toute structure de type étatique.

Cependant, le pays bobo, au Sud-ouest, fut le siège, à partir du 18ème siècle, du Gwiriko, issu du grand royaume de Kong (Nord de la Côte d’Ivoire actuelle). Au Nord, ce sont des populations peules d’éleveurs, islamisées, qui s’installèrent malgré l’opposition des royaumes mossis, et créèrent des émirats, dont le plus important fut celui du Liptako. Et, tout cela n’explique qu’en partie la situation complexe de l’ex-Haute Volta, pays pauvre devenu aujourd’hui, l’un des plus grands producteurs de coton et d’oignons de la sous-région avec la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Bénin, et le Sénégal.

ENSERRE ENTRE LE HAUT SENEGAL ET  LA COTE D’IVOIRE : Un territoire longtemps sans identité propre

Autour de ses 274.000 km2, cet espace qu’on a assimilé longtemps à une Haute-Volta, pays enclavé dans l’ensemble Ouest-africain, était une colonie de l’Afrique-Occidentale française (Aof) qui a été établie le 1er mars 1919 à partir des territoires qui formaient auparavant le Haut-Sénégal et Niger et la Côte d’Ivoire. C’est aussi l’année où la direction régionale Afrique occidentale de la Compagnie française pour le développement des fibres textiles (Cfdt), qui avait pour mission d’organiser au mieux la culture du coton, est installée à Bobo-Dioulasso.

La Haute-Volta accède à l’indépendance le 5 août 1960. Le premier président de la République, Maurice Yaméogo, était à la tête de l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain. La Constitution mise en œuvre cette même année, établissait l’élection au suffrage universel direct du président et l’Assemblée nationale pour un mandat de cinq ans. Ce sera pour rien finalement. Car, peu de temps après son arrivée au pouvoir, Yaméogo commet l’erreur de bannir tous les partis politiques autres que l’Alliance pour la démocratie. Maurice Yaméogo ne sera ainsi qu’une parenthèse dans l’histoire politique de ce pays. Ainsi commencent les séries de malheurs qui mèneront l’actuel Burkina Faso à l’instabilité économique et politique. Les cycles sont nés.

Fort démuni, l’histoire coloniale explique que le pays n’intéresse guère le colonisateur: il n’est qu’un maillon permettant de relier Dakar à Brazzaville. Il est enserré tout d’abord dans le Soudan français (actuel Mali), puis forme en 1904 avec ce territoire, le Haut-Sénégal-Niger, dont il va être séparé en 1919, prenant le nom de Haute-Volta. Et, c’est en 1932 qu’intervient un nouveau découpage qui la partage entre la Côte d’Ivoire, le Soudan et le Niger. Elle (Haute-Volta) ne sera finalement reconstituée qu’en 1947, treize ans seulement avant l’indépendance.

Seule richesse du pays, les hommes seront mis à contribution lors de la Première Guerre mondiale et viendront renforcer les rangs des «tirailleurs sénégalais». Les excès de la conscription, mais aussi de la perception de l’impôt, seront à l’origine d’une révolte dans l’Ouest (1915-1917), durement réprimée. Plus tard, des Voltaïques participeront à la construction du chemin de fer ou seront envoyés dans des plantations de Côte d’Ivoire, à l’Office du Niger au Soudan, le «travail forcé ou obligatoire» n’ayant été aboli dans les colonies françaises d’Afrique noire qu’en 1946.

Presque «taillables et corvéables» à toutes les causes, c’est au niveau de ce peuple que seront sortis de nouveau recrutés à l’occasion de la Seconde Guerre mondiale nombre de combattants et seront présents dans l’armée de la défaite, comme dans celle de la Libération, quatre ans plus tard. Mais, en dépit de cela,  les crédits qui vont à la Haute-Volta dans le cadre du programme de développement des Territoires d’outre-mer (Tom) resteront toujours très faibles, comme avant la guerre, comme le confirme le professeur Assane Seck dans ses travaux sur «Dakar, métropole ouest-africaine» et aussi «L’Afrique occidentale», écrit avec Alfred Mondjannagni…

Conséquence ! Au moment de l’indépendance, le pays est l’un des moins bien équipés de l’Afrique française. Mais l’un des grands problèmes de cet ensemble est sans doute dans sa composition démographique assez hétéroclite. Les Mossis, majoritaires, représentent près de 50% de la population. Le reste se partage entre de nombreuses ethnies (Peuls au Nord, Bobos à l’Ouest, Bissas et Gourmantchés à l’Est…). Et, depuis quelques décennies, le Burkina connaît une véritable explosion démographique. De 4,5 millions d’habitants en 1960, la population est passée à 12,3 millions en 2001: 47,3% d’entre eux sont âgés de moins de 15 ans. Ce qui n’arrange pas les choses.

FOCUS SUR…TERRE DE COMPLOTS : Une histoire politique faite de transitions sans fin

Dans l’ex-Haute Volta, comme dans l’actuel Burkina Faso, écrire ou repenser la politique ne semblent servir à grand-chose. Les fais sont têtus et l’histoire a souvent bégayé depuis l’époque Maurice Yaméogo. Après une courte défaite, en 1956, sous le régime de la loi-cadre Defferre, la victoire du Rda et de son leader Maurice Yaméogo, est éclatante en 1958, lorsqu’est créée la Communauté française. Ce sera l’un des rares moments de sourire chez les populations. Puisque deux ans plus tard, le 5 août 1960, même si l’indépendance est proclamée, et M. Yaméogo élu président, l’intermède ne dure que le temps d’une rose. Entretemps, la Haute-Volta adhère à sa création (1959) au Conseil de l’entente, avec le Dahomey (Bénin), la Côte d’Ivoire, le Niger et le Togo. Pour rien encore.

La Première République est d’abord marquée par la politique de pouvoir personnel instaurée par M. Yaméogo, au mépris de toute démocratie. Son parti, l’Udv (Union démocratique voltaïque), nom local du Rda, devient parti unique (par interdiction des formations adverses), et les arrestations politiques se multiplient. La gestion financière hasardeuse et ses dépenses somptuaires choquent une population qui ne voit pas venir les bénéfices attendus de l’indépendance. Le mécontentement gagne l’ensemble du pays, mais se manifeste bruyamment surtout dans les villes. Quelques mois après avoir été réélu avec près de… 100% des voix, M. Yaméogo, que la rue menace d’une grève générale, est destitué au début de janvier 1966 par un coup d’État dirigé par le Chef d’Etat-major de l’armée, Sangoulé Lamizana. Alors lui, sans le savoir, va inaugurer l’ère des coups d’Etat dans le pays. Sangoulé Lamizana, l’homme au caftan blanc comme Ahmed Sékou Touré son homologue guinéen. A chacun sa marque.

Jusqu’en 1969, le général Lamizana travaille en priorité à remettre de l’ordre dans les affaires publiques, notamment sur le plan budgétaire, puis entreprend une libéralisation du régime, que consacre une nouvelle Constitution (référendum du 14 juin 1970) instaurant la 2ème  République. Les partis sont autorisés, le scrutin proportionnel est adopté, un poste de Premier ministre créé. Les élections législatives de décembre 1970 voient la nette victoire de l‘Udv-Rda devant le Pra et le Mln (Mouvement de libération nationale) du professeur Joseph Ki-Zerbo. Mais lui aussi, arrivé par coup d’Etat, n’y échappera.

Avec la Constitution adoptée par référendum le 27 novembre 1977 commence la 3ème République. C’est Lamizana qui est élu président dans un scrutin libre (avec 56% des voix au second tour), ce qui est exceptionnel à cette époque en Afrique. Mais, la forte abstention traduit la méfiance de la population envers les jeux politiques, ce qui vaut finalement au président d’être renversé, le 25 novembre 1980, dans un contexte de grèves et de manifestations, comme en 1966.

Le colonel Saye Zerbo arrive au pouvoir. Le nouveau chef de l’État se contente ainsi de suspendre les libertés publiques sans tenter des réformes d’envergure. Mais, ce dernier n’aura pas la chance de son prédécesseur et, est  à son tour, chassé du pouvoir le 7 novembre 1982 par le commandant Jean-Baptiste Ouédraogo, lui-même évincé au bout de neuf mois, le 4 août 1983, par le capitaine Thomas Sankara. Ce dernier sera lui aussi extirpé de force du pouvoir par son ami et pote de toujours, le capitaine Blaise Compaoré. Au pouvoir depuis vingt-sept ans, Blaise Compaoré restera sourd à la contestation croissante au sein de la société civile et entend briguer un nouveau mandat en 2015.

Après avoir envisagé un référendum afin de modifier à cette fin l’article 37 de la Constitution, suscitant la mobilisation d’associations contre la réélection, le chef de l’État s’entête malgré les mises en garde et décide de confier cette révision aux parlementaires qui lui sont pour la plupart acquis. La suite est dans la logique voltaïque. Mais, cette fois, c’est le peuple qui décide d’accélérer le départ de Compaoré et cie. La jeunesse et les étudiants, qui n’ont connu comme président que B. Compaoré, figurent en première ligne de la contestation. Pris de court, lâché par de proches alliés et par l’armée, le président tergiverse mais cède assez rapidement et démissionne le 31 octobre 2014 avant de quitter le pays.

Michel Kafando, ancien ambassadeur auprès des Nations unies, est choisi comme président de la transition. Le poste de Premier ministre est cependant confié au lieutenant-colonel Zida, signe d’un compromis entre les civils et l’armée. Ce se sont ces deux hommes, en symbole du renouveau burkinabè qui ont été stoppés dans leur élan, par des hommes proches de l’ancien président Blaise Compaoré.

UNE ECONOMIE TRES AFFAIBLIE…

Economiquement, le pays aujourd’hui peuplé de quelque 16.935.000 habitants (estimation pour 2013)  est généralement considéré comme un pays rural, et à cette image s’associe facilement celle d’archaïsme, justifiant, pour les économistes et démographes, les interventions d’une multitude d’organisations non gouvernementales) étrangères, soucieuses de promouvoir le développement. La réalité est moins simple.

D’ores et déjà, l’agriculture et l’élevage représentent moins de la moitié de la richesse nationale produite chaque année (Pib). Si les industries extractives (or, zinc, manganèse, bauxite) demeurent peu importantes, les activités de transformation progressent. Certes, le nombre des usines reste faible et se limite à quelques unités de production de biens de consommation (boissons, minoteries, textile, montage de cycles, chaussures). Pour un pays enclavé comme le Burkina, les liaisons avec l’extérieur sont essentielles. Une voie ferrée relie Ouagadougou à Abidjan (en cours de prolongement jusqu’à Tambao, à l’extrême Nord, où est exploité un gisement de manganèse), et des routes bitumées, construites grâce aux aides extérieures, rejoignent la plupart des pays voisins. Les échanges avec le Sud sont particulièrement intensifs.

La balance commerciale est très déséquilibrée, les exportations couvrant environ les deux tiers des importations depuis la dévaluation du franc Cfa, en janvier 1994.

LIGNE DE FORCE : La marque d’une Afrique ambiguë

A n’en pas douter, l’ex-Haute Volta a été  l’un des pays africains qui a compté le plus de chefs d’Etat depuis les indépendances. Le pays n’en est pas moins resté sans charme politique. Du départ prématuré du premier président Maurice Yamogo, à l’assassinat de Thomas Sankara, il est resté au cœur de la recherche politique sur le continent. Simplement au prix de guerres, de querelles intestines jusqu’au coup de force de mardi, le pays n’a pas donné la preuve de son intégrité. Mais, que vaut ce pays pour être l’objet d’autant de convoitises. L’on a demandé à un moment au capitaine Compaoré de partir, mais comme Sassou Nguesso, Joseph Kabila, Yoweri Museveni, l’heure était grave et  il ne pouvait… Houphouët-Boigny, Félix de son prénom, avait donné le signal. «On ne quitte pas le pouvoir, on y meurt». Aujourd’hui, à la veille de la présidentielle, la Côte d’Ivoire, même presque pacifiée du Nord au Sud, reste un pays assis sur des charniers et des «bombes» qui peuvent exploser à tout moment. «Afrique ambiguë», avait dit, Georges Ballandier, ancien de l’Ifan. Dans sa tombe, çà doit bouger, tant l’ambigüité à développé des métastases plus graves les unes que les autres…

La nation avant l’Etat ou l’Etat avant ? La question n’est plus posée sur le continent. Au moment où l’on ne sait plus tellement ce qu’a signifié la Ceao*, il semble qu’avec les ensembles fragiles que nous avons et qu’on appelle presqu’abusivement «Nation et Etat», le plus grand des constitutionnalistes en cherche encore les véritables significations. Du creux et du vide. Tellement, tout semble improvisé parce que personnalisé. Allons toujours dans la sémantique pour demander aux spécialistes ce que veut bien dire, le mot «Transition» ? Dans le dictionnaire, c’est connu, c’est une étape douce qui doit mener vers une autre des fois plus sereine. En Afrique, on ne lui laisse pas le temps de donner un sens à son contenu. Trop lente, trop calculée… N’y croient que ceux qui le disent.

La Gouvernance aussi. C’est un de ces mots creux, dénués de toute signification pour les politiques en Afrique, parce que ne voulant pas dire autre chose que le mode de gestion des groupes actuels au pouvoir. Qui gouverne d’ailleurs en Afrique, du Burundi au Tchad, du Congo dit démocratique à celle qu’on confond à une forme de République dont le seul reflet reste le culte de la personnalité autour du président Sassou Nguesso. Alors, parlons finalement de «Démocratie». Là, vous êtes dans la valse des sorciers et des Djinns. Chacun la définit comme il peut et ce ne sont bons que ceux qui en profitent à leur manière et qui sont là.

Dans ce sens, le Burkina Faso vient d’inaugurer la nouvelle forme de prise du pouvoir qui se résume par cette formule simple, «Vous m’avez chassé par la fenêtre, me voila revenu par la grande porte.» Parce qu’autrement que peut-on attendre de cette médiation de la Cedeao même sous l’impulsion de Macky Sall, en sa qualité de président en exercice de la Cedeao et de Thomas Yayi Boni, le chef de l’Etat béninois. Au lieu de demander au groupe d’hommes armés du genre Sergent Sanogo au Mali, de partir, on les légitime en négociant avec eux.
Le mal est fait quoiqu’il arrive pour cette autre étape de l’histoire politique de ce pays. Et, en dépit de l’optimisme du président béninois au sortir de l’entretien avec l’officier burkinabé à la tête du putsch qui annonce «Le retour vers la transition», il sera difficile de recoller les morceaux.

Sud quotidien

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