BUSINESS DE LA FRIPERIE- Un habillement pour tous

La friperie n’est plus aujourd’hui l’apanage des gens à revenus faibles. Au marché, ils sont nombreux à trier et à acheter de la friperie sans gêne. Mode ou tendance ? Dans tous les cas, les vendeurs se frottent les mains, et pour cause. C’est un business à bon profit.

Conjoncture économique et diminution du pouvoir d’achat aidant, la friperie est de plus en plus à la mode. Loin d’être une révolution dans nos modes de consommation, elle participe pourtant à son renouvellement. Non seulement la friperie a prospéré de façon massive ces dix dernières années, mais elle concerne aujourd’hui une clientèle très diversifiée. Etudiants, salariés, créateurs de mode, touristes… La friperie est partie intégrante de la mode. Si l’on remonte au passé, elle était prisée par une bonne portion de la population à revenu faible. De nos jours, la donne a changé. La  catégorie sociale ne fait plus la distinction, les populations s’habillent à la friperie, quel que soit leur statut social. Et ce sont les vendeurs qui se frottent les mains. Au marché de Yoff, le vendeur de fripes est à tu et à toi avec sa cliente. En réponse aux interrogations sur le profit du business, Mamadou Thiam confie : «  les gens qui s’habillent avec de la friperie sont ceux qui savent plus se saper que les autres ». Une mode ou une tendance. Mamadou Thiam explique qu’il y a de la qualité et des marques dans la friperie, c’est ce qui fait sa particularité par rapport au prêt-à-porter. Suffisant pour lui de dire que les jeunes filles, sur le plan vestimentaire, aiment les choses rares qui leur permettent de se différencier des autres. Insistant sur la qualité de la friperie, le vendeur de poursuivre : « Vous pouvez porter la friperie pendant de longues années, contrairement aux habits chinois qui ne sont utilisables que pour une courte période, deux jours ou moins d’une semaine ».  En sus de cet avantage, il dit que dans la friperie, on trouve une diversité de marques, italienne turque, sénégalaise ou marocaine … Préférant garder l’anonymat, ce moniteur d’équitation au teint clair, en Lacoste bleu et jean bleu ciel, est en train de marchander une paire de chaussures de 12000 FCFA. Invité à la discussion, il lâche : « Vous savez, j’ai porté un jour une jolie chemise et des chaussures de marque Levis. Arrivé dans un lieu de luxe fréquenté par de grands patrons, ils m’ont interpellé pour me demander où est-ce que j’avais acheté les habits que je portais. Sans hésitation, je leur ai répondu que c’était de la friperie ». Il se dépêche d’enlever ses chaussures de marque Levis. « Ces chaussures, je les ai achetées à 5000 FCFA au marché Colobane »,  nous fait-il savoir.

Busines fructueux

S’engager dans le business de la friperie semble être très rentable. Les vendeurs en tirent profit et trouvent un grand satisfecit dans ce commerce. «Après la vente, j’ai souvent un grand bénéfice»,  se vante le vendeur de friperie Mamour Diaïté. Ce dernier affirme que lorsqu’il achète un sac de chaussures à 130.000 FCFA par exemple, il peut vendre la paire entre 3000 et 5000 FCFA. Khalil Dieng, en train d’écouter de la musique, explique qu’avec la friperie, il assure la dépense quotidienne pour nourrir sa famille. Grace à ce business, dit-il, j’ai acheté une moto pour me rendre à mon lieu travail. Il ajoute : « il y a un parent qui vend de la friperie au marché Colobane. Avec ce commerce, il s’est acheté une très belle voiture de luxe. Pour vous dire c’est lui qui m’a motivé à m’engager dans ce business et je vous assure que c’est vraiment fructueux. Je ne regrette pas d’avoir jeté mon dévolu sur la friperie»,  explique-t-il.

Clientes hors pair

La friperie n’est plus l’apanage des gens à revenu faible. Pour cette diversité, les vendeurs de préciser que des cadres viennent acheter ces vêtements sans gêne. Mamour Diaïté de dire : « j’ai des clientes exceptionnelles, ce sont de grandes dames. Dans la friperie, il y a souvent des habits de très bonne qualité. Avant d’exposer les articles sur le marché, on les appelle pour qu’elles viennent trier ». Mamour fait savoir que les étudiants sont ceux qui achètent le plus les chaussures. Lui emboitant le pas, Khalil Dieng d’ajouter : « Moi je vends à presque tout le monde, je veux citer les élèves, les étudiants et les bureaucrates. J’ai même des clients militaires et d’autres qui travaillent à l’aéroport, bref ils sont nombreux ».

La trentaine, à la taille svelte, cette dame est loin de cacher son choix sur la friperie. Aminata Ndiaye, employée d’une société de la place, nous fait part qu’elle achète de la friperie parce que non seulement, c’est moins cher, mais c’est de la qualité qu’on ne trouve nulle part.

Safiyatou Diouf

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