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Décidément, l’entreprise sénégalaise reste préoccupée quant à ses contraintes, le climat des affaires, le décollage industriel et, les Accords de partenariat économique(Ape) qui se profilent à l’horizon. Autant de préoccupaions soulevées à nouveau par la Cnes (Confédération nationale des employeurs du Sénégal) devant les Conseillers de la République, le 11 avril dernier. LIENS RECOMMANDES

« Libéralisation de l’économie sénégalaise : atouts et contraintes ». C’est autour de cette problématique que les échanges ont tourné le mercredi 11 avril dernier entre une délégation des Conseillers de la République, poursuivant ses séries de consultation des acteurs économiques dans le cadre de la 1ére session ordinaire 2007, et la Confédération nationale des employeurs du Sénégal(Cnes). D’emblée, slon un communiqué relatant les discussions, le président de la Cnes entouré de ses collaborateurs, aurait jugé que la libéralisation de l’économie, plutôt qu’une menace, constitue « une opportunité avec la suppression des barrières protectionnistes ». Selon lui, « les entreprises et l’économie au niveau macro ont obtenu des acquis positifs de cette libéralisation. »

Mais c’est pour mieux soulever des préoccupations notamment relatives au décollage industriel en rapport avec la crise du secteur manufacturier qui, selon Mansour Cama cité par le texte du communiqué, « nécessite une solution d’urgence. » Le constat fait par le président de la Cnes sur le secteur manufacturier serait qu’ »il n’arrive pas à décoller et pire son apport dans le Pib stagne ». Aussi, la Cnes souhaiterait-elle un système d’incitation efficace pour doper ce secteur. Elle interpelle ainsi l’Etat afin que celui-ci s’occupe des biens publics en renforçant les infrastructures, en prônant une main d’œuvre bien formée et surtout en mettant en place des règles claires et transparentes.

Cfa-euro – l’arrimage pose problème

Les préoccupations de la Cnes vont également aux contraintes pour les entreprises notamment relatives à la problématique du régime de change. Le patronat souhaite ainsi une réforme du système de change en vue de rendre plus compétitif les entreprises sénégalaises. Malgré l’espoir porté sur l’arrimage du Cfa à l’Euro (rappelons que l’arrimage est entré en vigueur le 1er janvier 1999), celui-ci pose aujourd’hui problème puisque, selon la Cnes, « il ne reflète pas la réalité de la situation économique d’autant qu’aujourd’hui l’Euro s’apprécie beaucoup vis-à-vis du dollar ». Une telle situation, aux yeux de la Cnes, gêne fortement les exportateurs.

Par ailleurs, la problématique des Accords de partenariat économique(Ape) avec l’Union européenne demeure une préoccupation sérieuse pour les acteurs de la Cnes qui regrettent « une certaine impréparation de nos pays » qui sont souvent amenés à signer des accords en dehors de toutes études d’impacts réels sur nos économies. Il s’agit, selon eux, de voir jusqu’où les pays ACP peuvent aller dans le désarmement tarifaire d’une part et jusqu’où les pays de l’Ue peuvent aller dans la réduction de l’aide à l’agriculture. La Cnes, selon le texte du communiqué, estime que « les pays ACP ne peuvent pas faire face à la concurrence européenne et ne sont pas prêts pour la signature d’accords avec l’Ue en 2008 ».

Last but not least, la Cnes dit attendre de l’Etat la définition d’un cadre transparent. Appelant l’Etat à une plus grande transparence dans l’attribution des marchés elle dénonce la non entrée en vigueur du nouveau Code des marchés qui attend encore ses décrets d’application. Par ailleurs, l’attention des Conseillers de la République a été portée sur le renchérissement des coûts des facteurs de production, la frilosité traditionnelle du secteur bancaire qui hésite à procéder au financement des investissements à moyen et long termes, les ententes oligopolistiques dans les secteurs maritime et bancaire des surcoûts, toute chose qui remette en cause la compétitivité de l’entreprise sénégalaise.


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