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Tout ça…pour ça ? – Par Jean Pierre Correa-

Imaginez une Quatrième de Couverture qui vous donne à rêver que le livre que vous allez lire, de par les morceaux choisis par l’éditeur est voué à devenir un Nobel de littérature, et qu’en fait il a la banalité d’un roman de gare, qu’on lit pour faire passer l’ennui d’un voyage en train. En regard du suspense dissipé autour de ce remaniement, en regard des enjeux liés à la nécessité de réussir les objectifs angoissants du PSE, en regard du désir des sénégalais de voir leurs préoccupations être prises en charge de façon résolue par le pouvoir, le Sénégal tout haletant espérait une équipe forte, d’une compétence déterminante, resserrée autour d’un objectif de réussite obligatoire, dans le genre « dernier arrêt avant l’enfer », qui vous fait sortir du « Plan » pour vous propulser dans « un Sénégal Emergent », grâce à un homme qui avait, avions- nous crû, eu la bonne idée de naître en même temps que notre indépendance. C’est dans ce vortex historique que le souffle et les audaces conquérantes qui bâtissent les Grandes Nations auraient dû prendre leur source.

C’est ce frisson d’espoirs qui nous a saisi lorsque le Premier Ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, impressionnant d’élégance, d’éloquence et de clairvoyance a entamé son propos liminaire sensé camper la vision qui avait engendré la constitution de ce nouveau gouvernement. Un volontarisme affiché pour dynamiser une architecture managériale toute entière tournée vers une politique sectorielle privilégiant les secteurs et les axes abritant les capacités d’accélération de nos niches productives, nous a rendus plus attentifs au discours du PM. Cette explication pédagogique qui devait justifier le virage espéré vers une politique de responsabilité envers nos générations futures, nous séduisit, quand fut évoqué la création de grands ministères, véritables rampes de lancement d’un Sénégal enfin ambitieux. Bonne Gouvernance, Enfance, Economie Solidaire Mines et Géologie, Industries et PMI, Pétrole et Energie, Tourisme, Formation Professionnelle, Emploi des Jeunes, Culture, comme des ministères pleins, le fumet de Dionne avait d’excitantes saveurs et promesse de bon goûts. On s’est mis à espérer que le courage politique allait prendre le dessus, enfin, sur nos accommodements médiocres avec les contingences qui nous entravent depuis 60 ans, et puis…. PATATRAS !!!! C’était le coup de « l’Appartement Témoin », celui qu’on vous fait visiter avant l’achat d’un appartement.

Tout ça… Pour ça ? Pour se retrouver avec le même nombre de ministres, lesquels se sont juste amusés à jouer aux chaises musicales, pour encore une fois avoir été contraints de satisfaire des chapelles partisanes, où ni la représentante des femmes, ni celle des jeunes ne sont pris en compte, pour constater que juste le devoir minimum en termes de décence républicaine, de débarquer Abdoulaye Daouda Diallo de sa mission impossible à l‘Intérieur, avait été respecté pour éviter la faute de goût, cela avait quelque chose de décevant. Cette litanie de ministres débitée comme coulerait tranquille, un robinet d’eau tiède, avait quelque chose de navrant, renforçant notre impression, que décidemment, ils n’avaient toujours pas compris, et assimilé leur retard par rapport au peuple qu’ils sont sensés guider. On va trouver des costards trop larges pour certaines épaules, comme à l’intérieur, des bonnes pioches comme à la Justice, voire la Culture, des Jokers optimistes et « pourquoi pas ? » comme à la Santé, des attendus au tournant comme à La Jeunesse, et des «  Passe en classe supérieure » comme les ministres reconduits pour avoir encore leurs mains dans le cambouis de leurs feuilles de route, avec estampillé sur leur carnet de notes « avis favorable ». Et puis il y a les sanctionnés comme celui de la Communication, Yaxam Mbaye qui injustement en regard de son engagement toujours bagarreur dans la victoire de BBY au Plateau, paye cash sa loyauté envers son collègue et ami journaliste et ci-devant frère de et « beau- frère » de Madame, le Vizir Iznogoud du Palais, Aliou Sall.

On a pris les mêmes et on a recommencé. Pire, on a mis sur pieds une armée disciplinée à laquelle le Général, après les avoir mis en rang, les a mis au « garde-à-vous », leur a ordonné : « Demi-tour !!! »… Vers 2019 !!!! Y’a-t-il un pilote dans l’avion ? Tient-il le manche qui le propulse vers le haut ? Ou alors s’est-il mis en pilote automatique, ronronnant d’aise entouré de sa Cour ? Réponse dans 18 mois. D’ici-là, il y aura toujours des Assane Diouf pour nous distraire avec leurs quotidiennes turpitudes… C’est déjà ça… Ouvrons le bal !!!

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