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CADRES RÉPUBLICAINS DANS L’ARÈNE POLITIQUE  Entre suicide politique et manque de stratégie

  • Date : 20 janvier 2016

Dans la perspective de la Présidentielle future, l’Apr mise plus sur l’élargissement de ses bases que sur un solide bilan à défendre pour un mandat si expéditif. Mais dans beaucoup de localités, le parti a un déficit criard de cadres politiques, de personnes ressources et de technocrates solidement ancrés pour fédérer autour de leurs personnes les structures et les militants. Il en est ainsi des Parcelles Assainies conservées par le camp de Khalifa Sall avec Moussa Sy à la tête de la Commune d’arrondissement. Pour conquérir la cité et l’enraciner dans le parti présidentiel, Amadou Bâ, le très effacé ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, plonge dans l’arène. Mais autant le risque est grand, autant un manque de stratégie plombe son envol.

Le jeu politique sénégalais a changé. Auparavant, l’occupation d’une haute responsabilité d’État rendait aisé l’engagement d’un Ministre, d’un Directeur général de sociétés ou d’un PCA dans le champ politique. Soit le parachutage faisait directement ses effets, soit la confusion de l’État et de l’appareil administratif favorisait l’accès d’une personnalité de l’Etat à la tête d’une structure régionale ou départementale du parti dirigeant.

Mais l’exigence démocratique, l’ambition légitime des militants et leur maturité politique grandissante créent sans cesse des revers qui freinent l’élan des « haut-placés » appelés à s’engager à la base pour participer à l’élargissement des bases du parti du président de la République.

Le Ps imposait sans débat ses responsables régionaux et départementaux. Wade, propriétaire de son parti, Pds, nommait qui il veut, quand il veut et comme il veut pour diriger une structure. Cette donne est impossible avec Macky Sall en raison de la nature de son parti, l’Apr, et des conditions dans lesquelles il a été créé.

Trois  pools constituent le parti : ceux qui ont été aux premières loges de sa création et de son déploiement dans un contexte à risque,  ceux qui l’ont rejoint à son accès au pouvoir et ceux qui cherchent à s’y répandre parce que responsabilisés au sommet de l’Etat par le chef du parti qui en est aussi l’autorité institutionnelle.

Benoit Sambou, Thierno Alassane Sall, Ali Ngouille Ndiaye, Aminata Touré et les autres

Ils ont été très nombreux ces Ministres, Directeurs de sociétés, entre autres, qui ont dormis sur leurs lauriers avec la certitude que la fonction occupée et la visibilité obtenue constituaient, pour eux,  l’ersatz d’une légitimité et d’une force politiques.

À Ziguinchor, Benoit Sambou, ancien ministre de l’Agriculture et actuel Ministre-Conseiller du président de la République n’a pu, aux côtés de Doudou Kâ du Fongip, convaincre. Et ils sont très nombreux les responsables de l’Apr qui ont voulu faire de leur proximité avec Macky Sall ou de leurs fonctions une échelle maniable pour triompher. Le désastre électoral que Thierno Alassane Sall a connu à Thiès en est une parfaite illustration.

Déjà, en raison de leur visibilité et de leur proximité avec le Président Macky Sall, certains ont tenté l’aventure et y ont tristement laissé des plumes. Aminata Touré en est un exemple patent. Son nom, son halo politique et son statut de Premier ministre ne lui ont point permis de rafler Grand-Yoff, cette minime banlieue qu’elle a tristement perdu malgré l’extrême assurance que dégageait son élan.

Mbaye Ndiaye, tout ministre d’Etat qu’il est, a subi une terrible déroute aux Parcelles Assainies, une déroute qui rend bien compte de la révolution de l’esprit citoyen et de l’évolution du corps électeur. Être Ministre, Directeur de sociétés, Ministre-Conseiller, Vice-président de l’Assemblée nationale ou autre ne sont point des gages pour avoir dans son escarcelle un terroir. Beaucoup de Collectivités locales comme Dakar, Ziguinchor, Thiès sont entre les mains de femmes et d’hommes politiques de l’opposition en raison de l’assurance démesurée des gens de l’Apr et alliés qu’ils ont crus simplement que cortèges, aura étatique et appartenance à la majorité présidentielle suffisent pour se mettre à profit le mythe du pouvoir.

Pourtant, Aly Ngouille Ndiaye a réussi à triompher à Linguère plus par stratégie que par influence. Ancien haut cadre à la BHS, polytechnicien chevronné, il a procédé à une stratégie d’anticipation, posant les jalons d’une force politique incontournable qui a eu raison de Habib Sy et les autres et en donnant la priorité et la primauté aux jeunes et aux femmes à travers une domestication de tous les actes publics.

Le cas Amadou Bâ

Dakar, et particulièrement les Parcelles Assainies, n’a pas encore un leader politique capable de faire face à Khalifa Sall pour lui ravir la Mairie et lui tenir tête. Abdoulaye Diouf Sarr se bat, commettant malheureusement le pêché de faire avec trop de flagrance de l’appareil d’Etat une machine pro domo d’affaiblissement de l’adversaire.

Pour les Parcelles Assainies, en misant finalement sur Amadou Bâ, Macky Sall joue une ultime carte. Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan est jeune. C’est un atout. C’est un technocrate chevronné. Ce qui constitue du reste un avantage. Ancien Directeur général des Impôts et Domaines, il jouit d’une forte crédibilité dans la haute administration et dans l’espace partisan où il est jusqu’ici épargné par les diatribes et les attaques personnalisées.

Mais sa descente dans l’arène politique est un risque, voire même une bravade politiquement suicidaire. Le champ politique sénégalais est par nature pernicieux et incommodant. Attaques, déballages, accusations maléfiques, médisances et diabolisations prennent toujours le dessus sur le débat d’idées et de propositions. Amadou Bâ n’y serait point à l’aise.

Déjà, des piques et des attaques commencent à le prendre pour cible en raison, dit-on, d’une démarche solitaire.

Pourtant, il parait avoir les coudées franches pour le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan qu’il est, proche du président de la République et jouant un rôle pilote dans la politique d’émergence dont on parle.

Mais, avec Amadou Bâ, comme avec les autres cadres, Macky Sall commet l’erreur de procéder à une approche  sélective dans son œuvre d’élargissement des bases de l’Apr. Cette approche s’opère sur la base d’une nouvelle matrice  que devient la crème technocratique de la Haute administration et du Secteur privé. C’est ce qui explique l’engagement partisan du Premier ministre, des ministres jusque-là inconnu des sphères de la politique politicienne et  d’autres personnalités du Secteur privé même s’ils n’ont pas encore des fiefs clairement identifiables.

Mais, sans le dire, Macky Sall fait une refonte des espaces de décision et impose une réactualisation des procédures de responsabilisation dans les grands services étatiques et les espaces institutionnels. Il n’a pas hésité à mettre le perdant au frigo et à éloigner l’impopulaire.

Pour conquérir Dakar, il mise crescendo sur un renouvellement et un rajeunissement du personnel politique en portant son choix ou apportant sa bénédiction à de hauts-cadres qui acceptent de descendre dans l’arène. Amadou Bâ est bien de ceux-là. Mais un grand problème de stratégie se pose à lui.

Il n’arrive pas à se créer des zones d’influence et des réseaux de solidarité pour jouir d’une force hégémonique dans la banlieue où il se déploie. S’adapter aux logiques de patronage et de parrainage ne suffit pas pour avoir des mécanismes de mobilisation massive sous sa houlette. Une innovation majeure qui l’aiderait à la délimitation d’un espace de déploiement lui est indispensable pour s’imposer dans  cette difficile cité des Parcelles Assainies et porter le flambeau de l’Apr.

L’Apr en a d’ailleurs besoin dans cette localité comme dans d’autres collectivités où elle donne plus l’image d’un appareil hypertrophié par le pouvoir qu’elle a que d’un instrument productif bien ancré sur le terrain national.

Pape Ndiaye

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