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Candidature d’un homme : Tragédie d’une opposition ?

Il est diabolique. Ses compétences d’homme déroutant sont à inscrire dans le livre Guinness. A lui seul, il impose à ses adversaires son rythme, tout en cassant leur dynamique. Lui, c’est le Président Wade. Depuis l’annonce de sa candidature, il a limité, dans la capitale, autour d’une récréation constitutionnelle, tous ses opposants. Et, ils ont mordu à l’hameçon. Comme une fatalité, cette opposition a du mal à se départir de ce goulot d’étranglement. Ceux qui l’ont fréquenté et, qu’il a forgés, ont vite senti la nécessité de jouer sur un autre rythme contestataire. Et, dans ce registre, c’est Macky Sall, son ancien Premier ministre, défénestré du perchoir de l’Assemblée nationale qui prend la tangente. Suivi, depuis par Niasse et ensuite Tanor. Ils ont compris, en définitive, que leur bataille constitutionnelle, est saturée et ne mène à rien. Ceux-là qui s’arcboutent toujours à cette revendication, représentent, sur l’échiquier politique, leur ombre ou leur sens de la communication. Outils nécessaires, mais pas si déterminants, dans les rapports de force. Aujourd’hui, le M 23 ou ce qu’il en reste, demeure une nomenclature obsolète. Si Wade n’a jamais donné de crédit à ses adversaires, c’est parce qu’il s’attendait à une implosion de ce cadre. Et, tout ceci a une histoire. Les leaders politiques qui se sont arrimés à ce mouvement citoyen depuis sa création, n’avaient pas senti qu’ils creusaient leur propre piège. Et, après bilan et conséquence, le résultat est là. Wade est en avance sur eux. Il consolide ses acquis depuis le début de cette campagne. Pour preuve, la « surprise » a gagné les esprits, lors de sa caravane qui a traversé les quartiers les plus chaudes de la capitale, sous des pluies d’ovation. Lui, qui détient des moyens inégalés, poursuit sa campagne à son rythme, se payant le luxe de provoquer au passage ses opposants. Ces derniers qui ont tellement surfé sur le registre de sa candidature, en oubliant leur programme de campagne. Et, le danger de cette prise de conscience tardive est qu’il limite leur mouvement d’action. Trois semaines de campagne, c’est déjà insuffisant pour mailler le Sénégal. Si maintenant, l’opposition se paie une récréation, imaginons le manque à gagner. Dès lors, parallèlement aux dernières présidentielles de 2000 et 2007, cette compétition donne des tournis aux forces coalisées, sur un but : le départ de Wade. Et, dans cette perspective, chacun vise le fauteuil présidentiel. Quel paradoxe ! Si le Chef de l’Etat n’est pas une tragédie, pour l’opposition alors, il est un grand sorcier.

Par Pape Amadou Gaye

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