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Capitalisme : des économistes prédisent sa fin en 2040

La fin du capitalisme est presque sur toutes les lèvres des économistes de renommés international. En phase avec, les spécialistes Demba Moussa Dembélé et Ndongo Samba Sylla ont fortement soutenu les thèses de Marx, Wallerstein, Pketty annonçant la fin du capitalisme. Pour preuve, soutiennent-ils «la volonté manifeste des géants économiques d’Europe d’asphyxier la Grèce ne sera plus aisée. Parce que ces dirigeants sont déterminés à y faire face. C’était samedi dernier, à la Fondation Rosa Luxemburg dans le cadre des samedis de l’économie.

Au cours des 50 dernières années, les rayons des bibliothèques sont de plus en plus fournis de publications d’une série de livres et d’analyses, annonçant la fin du capitalisme. Cette analyse laisse en soi un spectre de Marx qui hante ceux qui croyaient à «l’éternité» du capitalisme. En phase avec l’œuvre magistrale, «Le capital» du grand savant et révolutionnaire allemand, Karl Marx qui avait démontré, en son temps, que le capitalisme était «une forme transitoire du progrès historique». Autrement dit, sa fin est inéluctable, comme pour les autres systèmes qui l’avaient précédé. Sur cette réflexion, s’alignent Samir Amin et Immanuel Wallerstein.

Pour le premier cité, le «capitalisme est une parenthèse du progrès historique», et le second, «le capitalisme est dans sa phase terminale et sa fin est proche, vers 2040». Lors d’une conférence tenue, samedi dernier, sur le thème: «Le capitalisme a-t-il un avenir ?» dans le cadre des activités mensuelles de l’ARCADE et Fondation Rosa Luxemburg dénommée ‘’Samedi de l’économie», les économistes Demba Moussa Dembélé et Ndongo Samba Sylla ont tenté de répondre, entre autres, à ces questions: Quels sont les facteurs fondamentaux qui sous-tendent ce déclin? L’extension et l’intensification de la logique capitaliste dans les pays périphériques, permettra-t-elle de ‘’sauver’’ le capitalisme? Quelles sont les alternatives en cours ou possibles au système capitaliste? Quelles sont les forces sociales et politiques capables de porter ces alternatives? Quelles leçons peut-on tirer des expériences socialistes ou non-capitalistes passées ou en cours?

Ainsi, selon Demba Moussa Dembélé, président de l’Arcade et coorganisateur des samedis de l’économie déclare: «Le constat est clair : Le monde vit une crise profonde, économique et financière, alimentaire, énergétique, environnementale et climatique, idéologique et politique, sociale, religieuse, culturelle… qui transcende les régions et les peuples. » Pour preuve, renseigne-t-il ,«cette crise n’est plus seulement limitée aux pays africains comme par le passé dans les années 80-90 avec l’intervention de la Banque mondiale (Bm) et du Fonds monétaire international (Fmi) par l’intermédiaire des programmes d’ajustement structurels». Poursuivant ses explications, il rappelle la crise que vit l’Europe, les Usa et l’Asie: «En Europe, nous avons l’Espagne, le Portugal, la Grèce… Tout comme en Amérique avec la crise des subprimes, et en Asie. Cette crise mondiale relevant du capitalisme pur et dur, bravant les interdits et visant à s’accaparer de tous les profits sans relâche, est dans sa phase terminale». Selon ses explications: «Le capitalisme a une origine et une histoire. Et comme tout système, il cédera pour un autre», prédise l’économiste.

A l’heure actuelle, il est annoncé des substituts du capitalisme tels que : «Bonheur national brute, le modèle de la décroissance, l’approche des droits fondamentaux, l’économie sociale et solidaire, socialisme du 21ème siècle, nature du bien commun de l’humanité».

Abondant dans le même sens, Ndongo Samba Sylla, chercheur à la Fondation Rosa Luxemburg est d’avis qu’ «il y a un demi siècle, il était inimaginable de concevoir la fin du capitalisme. Mais le temps faisant son cours, la fin de celui-ci (capitalisme) est inéluctable. Même si certains néoclassiques persistent à soutenir le contraire», martèle le chercheur. Pour lui, inspiré par les travaux de Pketty, Joseph Schumpeter et Wallerstein: «Le capitalisme ne peut survivre pour longtemps encore. Car selon ses inspirateurs nous sommes arrivés à un point où il y a de moins en moins d’opportunités à saisir pour les riches, du fait que les peuples s’éveillent de plus en plus et prennent conscience de leur droit. Donc le système va s’effondrer».Toutefois, il soutient que «si la fin du capitalisme est inédite, celles-ci ne se produira pas toute seule. Le système ne tombera pas comme un fruit mur», a-t-il fait savoir.

Sud quotidien

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