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CARTES BIOMETRIQUES- La charrue avant les bœufs

  • Date: 30 novembre 2016

Le 04 octobre 2016, le Président Macky Sall lançait officiellement la carte numérique CEDEAO. Un tintamarre médiatique est alors mené pour son obtention. Et le lundi 28 Novembre 2016, un citoyen sénégalais de 88 ans meurt à cause des conditions insoutenables pour l’obtenir, des conditions extrêmement difficiles devant lesquelles même un jeune passerait de vie à trépas.

Et la mort de cet octogénaire qui, malgré son âge, a voulu confirmer son ancrage dans la Nation sénégalaise, illustre bien la désinvolture d’une Administration dont le manque de promptitude et la légèreté de certains de ses agents révoltent et lacèrent le cœur des administrés. Cela est d’autant plus agaçant que ce sont ses tares qui ont mis le vieux de Djeddah Thiaroye Kaw dans une situation si intenable qu’il en perdit  la vie à la suite d’un malaise.

Le Ministère de l’Intérieur a simplement mis la charrue avant les bœufs. Peut-être que ses charges et l’immensité de ses responsabilités l’ont malhabilement amené à un démarrage si désinvolte des commissions administratives et des annexes chargées de la confection des cartes biométriques. Tout ce qui a été dit n’a été ni suivi, ni respecté. La démagogie a plutôt prévalu avec une série d’apologie identifiable à une escobarderie.

Amateurisme ou irrespect aux citoyens ?

Le Ministre de l’Intérieur est un homme d’Etat qui force le respect. Il avait convaincu que le dispositif pour la confection des Cartes biométriques serait déployé dans le Préfectures au plus tard le 15 octobre 2016. Il avait assuré que les Commissions allaient fonctionner, suivies des annexes au niveau des Sous-préfectures et des Centres d’instruction de Communes.

De tout cela, rien de consistant n’a été fait à cause d’une désinvolture qui pue les effluves d’un amateurisme qui fait souffler un vent de colère sur les citoyens qui considèrent que c’est simplement un manque de respect.

On compte du bout des doigts les Commissions administratives, les centres d’instruction de Communes, les Commissariats, les Gendarmeries qui sont en œuvre et où des agents du Ministère de l’Intérieur siègent pour confectionner des Cartes biométriques. C’est la raison pour laquelle le si peu de lieux où sont confectionnées celles-là sont assaillis par des centaines de citoyens dans une bousculade indescriptible qui font piquer des malaises comme avec ce vieux qui a perdu la vie.

La responsabilité de l’Etat est engagée dans cette catastrophe. Son Administration publique expose ses limites avec une absence d’organisation, de méthode, d’anticipation et de planification. Les terribles failles de la confection et de la distribution des Cartes biométriques en sont une illustration.

Payer pour être citoyen

Passé un délai de six mois, tout Sénégalais devrait payer pour confirmer sa nationalité ou se soumettre à une autorité policière ou être à l’abri de toutes tractations administratives. Cela suppose que l’écrasante majorité des citoyens vont acheter une Carte biométrique qui n’a même pas de timbre fiscal !

La lenteur, les atermoiements notés, le faux-fuyant ainsi que l’absence de commission de confection de Cartes biométriques sont si flagrants et inadmissibles qu’il est impossible de satisfaire les citoyens. Et si arrivé à un délai de six, tout Sénégalais qui n’en obtient pas avec les Commissions, sera un client d’un autre nom qui est obligé de payer pour en disposer.

Les mendiants, adolescents, chômeurs, subalternes et autres risquent alors de ne point en être titulaires. Il y aura alors des exclus et c’est grave.

L’Administration publique est un instrument de l’Etat qui a, en principe, pour finalité de servir les citoyens. Elle doit demeurer un service public et non privé ou semi-privé.

Payer sa Carte nationale d’Identité est sans précédent. Cette exception contraste avec la mission de l’Etat qui devait en prendre exclusivement la charge car devant administrer en vue du bien commun. Faire payer au citoyen une Carte nationale d’Identité, dût-elle disposer d’une puce biométrique, est en déphasage avec la pratique du pouvoir dans un esprit de service public.

La privatisation de certains services et de biens citoyens est la preuve que l’Etat du Sénégal assume peu ses responsabilités de prendre en charge le bien commun. Payer sa Carte d’Identité est insolite et pour beaucoup de citoyens, c’est excessif !

Le Piroguier

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