SOCIETE

CASAMANCE Le village de Diagnon vie encore les séquelles de la crise armée

  • Date: 19 octobre 2016

La crise armée en Casamance a fait beaucoup de dégâts dans certains villages, surtout de la région de Ziguinchor. Et parmi ces villages, Diagnon, localité située dans la commune d’Adéane. En plus des terres et des bêtes, Diagnon a perdu plusieurs de ses fils dans cette crise armée. L’on se rappelle encore des 9 jeunes du village, froidement abattus par des hommes armés dans la brousse. Les populations oublient difficilement ces événements. Elles tendent la main à l’Etat pour leur venir en aide sur le plan social.

Diagnon, le nom de ce village renvoie à la crise armée en Casamance. Cette localité située dans la commune d’Adéane, fait partie de celles qui ont beaucoup souffert de ce conflit armé. Avec les nombreux affrontements sur le terrain, plusieurs familles ont quitté le village. Malamine Sadio, habitant de la localité, se rappelle. « Difficile, difficile, c’était très difficile et il fallait être là pour voir ce qui se passait ici. Nous avons tout perdu dans cette crise : sos bœufs, chèvres, moutons et même parfois nos poulets. Les populations ont vidé les lieux pour se réfugier ailleurs. Je vous assure que tout un quartier s’est vidé de ses occupants pendant cette période de crise », nous raconte-t-il avec une voix tremblante. Diagnon n’a pas perdu que ses biens dans cette crise armée, mais ses hommes aussi. Plusieurs fils du village ont perdu la vie dans cette histoire. « Oui, Diagnon a beaucoup souffert de cette crise. Plusieurs de nos frères ont été tués dans des affrontements entre rebelles et soldats de l’armée nationale. Je me rappelle un jour, c’était trop dur au village. Ce jour-là, trois jeunes ont été froidement abattus. Ma grand-mère a elle aussi reçu une balle en pleine nuit. Elle avait un troupeau de moutons à la maison. Lors de cette nuit-là, elle a entendu du bruit et croyant que c’est un mouton qui venait de rentrer puisqu’elle en avait beaucoup, elle est sortie pour voir ce qu’il y avait. Des hommes armés ont ouvert le feu sur elle », rapporte M. Sadio. Tout récemment, Diagnon a enregistré 9 morts. Il s’agit de jeunes du village qui étaient partis ramasser des noix de cajou dans la brousse. Sur place, ils ont eu la malchance de tomber sur des individus armés supposés appartenir au mouvement des forces démocratique de la Casamance. Ces derniers les auraient torturés avant de leur ôter la vie. Un véritable massacre selon Malamine Sadio.

Depuis un peu plus de trois ans, la Casamance vie une nette accalmie constatée par toutes les parties prenantes de la crise. Les activités reprennent de plus belle dans presque toutes les zones affectées. Les populations s’en réjouissent fortement tout en dénonçant le non accompagnement de l’Etat. La majeure partie de ces localités de la Casamance sont aujourd’hui confrontées à plusieurs problèmes qui se résument au social.

Avec l’accalmie notée ces dernières années en Casamance, Diagnon se reprend peu à peu. Mais le village reste encore confronté à des difficultés surtout d’ordre social. Le manque d’électricité, d’eau potable, de pistes de production, d’infrastructures éducatives et sanitaires sont les principales doléances. Les populations invitent le Président de la République à faire des efforts allant dans le sens de soulager tous les villageois, victimes du conflit armé en Casamance.

Pendant ce temps, de bonnes volontés assistent discrètement les populations, même dans les villages les plus reculés. Diagnon a fortement bénéficié de sa coopération avec la République Tchèque. Un bloc administratif, un réfectoire et des toilettes d’une valeur de 7.200.000 francs CFA ont été réalisés à l’école élémentaire du village. Selon Me Boubacar Sonko, il ne s’agit que du début d’un partenariat. D’autres projets pour Diagnon et les villages environnants sont en cours de réalisation.

Abdourahmane DIALLO

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