Insolites

« Ce bébé ne peut pas être le mien »: le test ADN lui donne raison

  • Date: 9 septembre 2015

C’est un drame rocambolesque qui passionne le Salvador depuis hier. Un couple qui venait de découvrir que « son » bébé n’était pas le sien – et accusait le gynécologue d’avoir fomenté un échange pour revendre leur enfant clair de peau – a retrouvé son véritable fils. Il s’agit, selon la justice et l’hôpital, d’un « simple » et malencontreux échange survenu quelques heures après la naissance.

À peine livré aux médias, un drame humain impliquant deux nourrissons vient d’être résolu, presque en direct devant toutes les télévisions du Salvador. Au coeur de cette affaire qui fera frémir tous les jeunes et futurs parents, la certitude d’une mère que l’enfant dont elle avait soi-disant « accouché » n’était pas le sien.

Césarienne et bébé prématuré
Mercedes Casanellas-Cushworth attend son premier enfant lorsque son gynécologue lui apprend que l’enfant devra naître par césarienne le jour-même. La patiente, à 5 semaines du terme, se fait accompagner par une amie en l’absence de Mr Cushworth, son mari britannique en voyage professionnel aux USA, et la césarienne d’urgence a lieu dans la soirée. Le petit « Jacob » naît à 21h28 et sa mère le voit quelques instants, le temps de prendre quelques clichés.

L’enfant est alors emmené directement par les sages-femmes et les pédiatres pour les soins et vérifications d’usage en cas de naissance prématurée. La mère revoit son enfant peu après puis est endormie afin de récupérer de l’opération. Au réveil le lendemain matin, elle demande à ce qu’on lui amène son fils. On la fait attendre, trop longtemps à son sens. Elle pressent quelque chose de suspect.

« Il n’est plus le même qu’hier! » – « C’est normal »
C’est alors qu’on lui ramène son bébé, vers midi seulement, alors que toutes les autres mères ont récupéré le leur vers 8 heures du matin. Là, c’est la surprise, Mercedes Cushworth trouve son enfant méconnaissable. « J’ai demandé:Pourquoi mon fils est-il si différent? Sa peau était plus foncée, ses traits avaient changé: son nez, ses sourcils. Ils m’ont dit que c’était parce que c’était un nouveau-né et qu’il était un peu gonflé mais qu’il changerait à nouveau. Que sa peau s’éclaircirait à nouveau et qu’il dégonflerait. Ils m’ont dit que tout était normal, alors je les ai crus », explique la mère.

Pourtant, à son retour à la maison, les doutes continuent à la submerger. Cet enfant qu’elle nourrit avec tout son amour, elle ne le reconnaît pourtant pas. La famille et l’entourage ne cessent de faire des commentaires sur le fait que cet enfant ne ressemble à personne et qu’il est très foncé de peau, ce qui ne correspond pas à la carnation de sa famille. Deux mois de pensées culpabilisantes qui hantent Mercedes, tandis que des souvenirs discordants lui reviennent. « Le cordon ombilical de mon fils avait été clampé avec une pince blanche, tandis que l’enfant qu’on m’a amené le lendemain de la césarienne avait une pince bleue », réalise-t-elle, prouvant le tout avec des photos.

Analyse ADN pour chasser le doute…
Mercedes essaie de faire l’impasse sur ces idées loufoques, d’autant qu’elle a un contact très fort avec son bébé. « Je pensais: Comment puis-je imaginer qu’il n’est pas mon enfant?« , se reproche-t-elle. Mais son mari la conforte dans son sentiment et après deux mois d’hésitation, elle décide de chasser définitivement tout doute en menant des analyses ADN, que le couple fait analyser par deux laboratoires différents aux États-Unis.

Les résultats qui leur sont renvoyés sont alors formels: il n’y a aucune chance que Jacob soit leur fils biologique. Douche froide pour le couple, pour qui toutes les pièces du puzzle s’emboîtent enfin. L’absence totale de ressemblance entre l’enfant photographié à l’accouchement et celui retrouvé 16h plus tard, ce sentiment d’imposture face à lui, les pinces du cordon, le temps qu’il a fallu pour ramener enfin le bébé à sa « mère ». Puis, l’énorme prise de poids de Jacob entre l’accouchement et le contrôle fait une semaine plus tard et les empreintes de pieds qui ne concordaient déjà plus avec celles du certificat de naissance. Sans compter la chevelure noire que l’enfant n’avait pas à l’expulsion mais bien le lendemain.

L’intégrité du gynécologue, trop attentionné, remise en doute
Sur base de ces preuves génétiques, les parents mettent immédiatement en demeure l’hôpital et plus précisément le gynécologue, qu’ils accusent d’avoir des liens avec une filière de vente d’enfants pour l’adoption à l’étranger. Mercedes estime que toute l’attention portée à sa grossesse, inédite pour le Salvador, est suspecte. Elle se souvient qu’alors qu’elle était enceinte et s’interrogeait si son fils serait blanc comme son père, le gynécologue avait aussitôt balayé l’idée en disant que les gènes latino-américains étaient plus forts et que le bébé serait forcément foncé.

De fil en aiguille, les Cushworth arrivent à convaincre la police de leur théorie et sur base de leur longue déposition, celle-ci a estimé hier que le faisceau de preuves était suffisant pour arrêter et interroger le gynécologue, le Dr Guidos. Le médecin crie alors à l’injustice et à une erreur survenue à la maternité, sans intervention volontaire de sa part.

Supplications déchirantes à la télévision
Faisant fi de la présomption d’innocence, les parents dévastés ont été interviewés par les médias hier et on les voit supplier ceux qui détiennent leur fils de le leur rendre. Leur discours déchirant émeut le pays, le monde entier. « J’ai un enfant et je ne sais même pas où il est. C’est horrible. Je vous en prie, rendez-le moi », pleure en direct Mercedes Cushworth tout en incriminant davantage le gynécologue et refusant de croire à un échange involontaire.

Les enquêteurs saisissent pourtant tous les registres de naissance de la maternité, qui fait par ailleurs partie d’un des hôpitaux les plus réputés du pays. La justice découvre que quatre garçons sont nés le 21 mai dernier, comme le petit « Jacob ». Une analyse ADN est ordonnée sur le champ et les parents se rendent successivement à l’hôpital pour que les vérifications soient faites sur leur bébé. C’est finalement le dernier enfant testé qui s’avèrera être celui des Cushworth. Plus chétif, clair de peau: pas de doute pour le couple qui reconnaît son fils d’emblée.

Compassion pour l’autre couple, qui n’avait rien vu venir
« Notre bonheur n’a pas de limite, nous allons enfin serrer notre enfant dans nos bras », s’est réjoui le couple. « Mais nos pensées vont aussi vers le couple qui a élevé notre bébé sans avoir la moindre idée de l’erreur qui s’était jouée. Eux n’avaient à aucun moment pressenti que quelque chose ne collait pas », s’émeut la mère également désespérée pour le petit « Jacob » qu’elle élève elle aussi depuis la naissance. « C’est mon fils et je le nourris toujours. Je l’aime lui aussi plus que tout et nous sommes prêts à le garder lui aussi si ses parents biologiques ne devaient pas être identifiés », avait confié à la presse Mercedes Cushworth.

Heureusement pour l’autre couple, il s’agissait bel et bien d’un échange involontaire à la naissance et ils ont eux aussi pu rencontrer leur enfant biologique pour la première fois. L’échange a eu lieu hier devant le juge, à l’abri des caméras, et les deux familles ont désormais l’obligation de ne plus dire un mot à la presse sur l’affaire, ni de diffuser de nouveaux clichés des enfants. « La protection de ces deux petits garçons est désormais la seule priorité », a conclu le procureur qui a tenu à disculper le gynécologue.

Le gynécologue écoeuré
Celui-ci, fortement choqué par la garde à vue, a déclaré: « J’ai toujours clamé mon innocence et je déplore d’avoir ainsi été accusé par les Cushworth ainsi que par mes propres confrères qui ont jugé sans savoir. Des excuses sont le strict minimum et ne suffiront pas encore ». L’hôpital a confirmé: « Le fait que l’enfant soit retiré à la mère après la césarienne est la procédure habituelle, tout comme l’anesthésie qui permet à la jeune maman de récupérer plus facilement de l’opération. D’autre part, le gynécologue reste toujours au bloc avec la patiente, et c’est la tâche des infirmiers et pédiatres d’emmener l’enfant dans une autre pièce. Le gynécologue ne peut donc en aucun cas être tenu responsable de l’échange ni être accusé d’avoir commandité une quelconque filière de vente d’enfants ». La maternité a par contre reconnu ses torts, très graves, dans l’affaire et s’engage à revoir ses normes de contrôle et de sécurité dans le département afin qu’un tel échange n’ait plus jamais lieu.

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