Confidences

Ce que révèlent les documents WikiLeaks

  • Date: 25 juin 2015

 François Hollande et Jean-Marc Ayrault discutent de la Grèce ; Nicolas Sarkozy espère sauver le monde de la crise financière ; Jacques Chirac donne des ordres précis à son ministre des affaires étrangères. Mediapart publie les extraits et traductions des principaux documents.

Pendant près de dix ans, les États-Unis ont écouté les présidents français. C’est ce que montrent les notes de synthèse de la NSA (National Security Agency) auxquelles Mediapart a eu accès en collaboration avec WikiLeaks. Toutes sont classées « top secret » (TS) et « SI » pour « special intelligence ». Sur les cinq documents que nous publions, quatre sont marqués d’un « G » réservé au « matériel hautement sensible ». Plusieurs portent également l’indication « NF » stipulant qu’ils ne doivent en aucun cas être communiqués à des pays étrangers. La plupart sont signées « unconventional » (non conventionnel), ce qui signifie qu’elles sont le produit de piratage des réseaux.

  • François Hollande, 22 mai 2012 : à peine arrivé, déjà écouté

La première de ces notes date du 22 mai 2012. Intitulée « Le président français accepte des consultations secrètes sur la zone euro, rencontre avec l’opposition allemande », elle relate une conversation entre François Hollande et son premier ministre Jean-Marc Ayrault à propos de la crise de la zone euro et de la Grèce, le 18 mai 2012. Soit trois jours seulement après son investiture officielle comme président de la République.

À l’époque, le cas grec fait déjà l’objet de vives négociations avec l’Union européenne. L’hypothèse d’un “Grexit”, une sortie du pays de la zone euro, est évoquée, à quelques semaines d’élections législatives en Grèce où les partis hostiles aux plans d’austérité ont (déjà) le vent en poupe.

François Hollande et Jean-Marc Ayrault discutent de l’organisation, à Paris, d’une réunion « secrète » avec les responsables du parti social-démocrate allemand, le SPD. Après sa rencontre avec Angela Merkel, le jour de son investiture le 15 mai 2012, « Hollande s’est plaint que rien de substantiel n’ait abouti : c’était simplement pour le show. Hollande a trouvé la chancelière obnubilée par le “Pacte budgétaire” et surtout par la Grèce qu’elle a laissée tomber, selon lui, et n’en bougera plus. Résultat : Hollande est très inquiet pour la Grèce », écrit également la NSA.

Une réunion a eu lieu le 13 juin à Paris, à l’invitation de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault, avec les trois responsables du SPD : Sigmar Gabriel, Frank-Walter Steinmeier et Peer Steinbrück.

Interrogé, l’Élysée n’a pas à ce stade souhaité commenter ces informations. L’entourage du président de la République, sans avoir la trace de cette conversation, estime qu’elle est « tout à fait crédible ». Jean-Marc Ayrault n’a pas souhaité réagir.

 « Le président français accepte des consultations secrètes sur la zone euro, rencontre avec l’opposition allemande »

« Le président français François Hollande a accepté de tenir des réunions secrètes à Paris pour discuter de la crise de la zone euro, particulièrement des conséquences d’une sortie de la Grèce de la zone euro. Le 18 mai, Hollande a donné l’ordre au premier ministre Jean-Marc Ayrault d’organiser une rencontre dans le bureau du président de la République (l’Élysée) pour la semaine suivante. Hollande, Ayrault et les “ministres concernés” y assisteront et insisteront spécialement sur les effets pour l’économie française en général, et pour les banques françaises en particulier. Hollande a souligné que la réunion sera secrète. (COMMENTAIRE : le président français s’inquiète que ne fuite le fait que Paris prenne au sérieux l’hypothèse d’une sortie de la Grèce de la zone euro, ce qui aggraverait la crise.) Par ailleurs, des réunions secrètes vont avoir lieu à Paris entre des responsables français et des membres du parti social-démocrate allemand (SPD). Hollande a assuré au premier ministre que le fait de tenir la réunion à l’Élysée était « faisable », bien qu’Ayrault ait averti le président de la nécessité de garder l’événement secret pour éviter des problèmes diplomatiques. (COMMENTAIRE : Par « problèmes diplomatiques », Ayrault fait référence à ce qui pourrait arriver si la chancelière allemande Angela Merkel apprend que Hollande rencontre l’opposition allemande à son insu.) Un rapport précédent révèle qu’après les discussions de la semaine dernière à Berlin avec Merkel, Hollande s’est plaint que rien de substantiel n’ait abouti : c’était simplement pour le show. Hollande a trouvé la chancelière obnubilée par le “Pacte budgétaire” et surtout par la Grèce qu’elle a laissée tomber, selon lui et n’en bougera plus. Résultat : Hollande est très inquiet pour la Grèce et pour le peuple grec qui pourrait réagir en votant pour un parti extrémiste. Après avoir rencontré Merkel, le président français a contacté le président du SPD Sigmar Gabriel et l’a invité à Paris pour qu’ils puissent discuter. »

Par Lénaïg Bredoux et Ellen Salvi et Julian Assange (Wikileaks)

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