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Après 10 jours d’arrêt, Cuomo de Fann reprend service

Le Directeur général de l’hôpital de Fann a réagi sur l’arrêt de 10 jours des interventions chirurgicales au centre cardio-pédiatrique Cuomo. D’après Dr Tacko Diop, cet arrêt était dû à une rupture de consommables, mais 21 patients ont pu être opérés pour l’année en cours. 

 Après un arrêt de 10 jours des interventions chirurgicales au centre cardio-pédiatrique Cuomo de l’hôpital Fann, le Directeur général de la dite structure sanitaire a tenu à apporter des précisions sur cet arrêt. Selon Dr Tacko Diop, cet arrêt est dû à une rupture de consommables. « Mais, nous opérons tous les jours. En 2017, 144 patients ont été opérés, 175 en 2018 et pour cette année, nous sommes pour le moment à 21 patients », dit-il. Dr Diop indique que  le cout de  la chirurgie cardiaque est évalué à 3,5 millions Fcfa. «Nous avons fait une étude de coût en disant que ce prix doit être à la portée des populations. L’intervention ne peut pas coûter 3,5 millions FCfa, ce sont nos partenaires et l’Etat qui nous appuient, faute de quoi il fallait au moins débourser 10 millions Fcfa pour une évacuation sanitaire, sans compter le billet d’avion et d’autres frais »,  fait-il savoir. Dr Tacko Diop renseigne qu’ils opèrent avec les deux blocs opératoires existants à l’hôpital, l’un pour les adultes et l’autre pour les enfants. « Chaque jour, nous opérons un enfant et un adulte. C’est cela notre capacité et on le fait comme on peut. Nous avons la même qualité de traitement et le même niveau de mortalité que les pays développés », dit-il. Sur la rupture de consommables, il laisse entendre qu’ils ne sont pas accessibles pour notre pays. « Nous avons des difficultés pour y accéder, ce sont nos partenaires qui nous appuient », tient-il à préciser.

Concernant la longue liste d’attente, il est d’avis qu’il y en aura toujours du fait que certains enfants naissent avec une cardiopathie et d’autres l’acquièrent par une mauvaise prise en charge des problèmes pulmonaires. « Il y a des malades qui ne peuvent pas payer et cette liste existe aussi pour les cardiopathies. L’hôpital n’a pas que ce service à gérer », dit-il. Dr Tacko Diop renseigne qu’il y a des cardiologues qui ne sont pas en phase avec le système mis en place, surtout ceux du privé. « Il faut donc traiter à la base. Il y a des malades qui attendent toujours car ils croient qu’ils doivent être opérés alors que ce n’est pas encore le moment. Ce n’est pas à un malade de décréter son intervention chirurgicale, mais un spécialiste », indique-t-il. A l’en croire, « l’opération coûte cher et prend du temps, ce n’est pas de la chirurgie ambulatoire. »

 

Cuomo peut fermer à tout moment, faute de moyens

Professeur Gabriel Ciss, chirurgien, s’est prononcé sur la question. « Il a fallu du temps pour disposer de ce centre. Des gens se battent pour cela, l’Etat seul n’a pas les moyens de le faire seul. Dans des pays comme le Nigéria, qui a plus de moyens que nous, il n’y a plus d’opération là-bas. Le Mali a ouvert au mois de mai un centre de cardio et tout le personnel a été formé ici. Il faut donc du temps et de l’énergie pour y arriver », dit-il. Et de renchérir : «On ne peut pas aujourd’hui régler le problème de tous les malades. On se bat tous les jours pour le faire. C’est compliqué, cela prend du temps et coûte cher et cela ne nous rapporte pas beaucoup ». Ce chirurgien cardiaque informe que ce personnel du centre Cuomo est payé par l’Etat du Sénégal. « Nous n’avons pas le temps de sortir pour faire autre chose, ni de servir dans le privé. Nous consacrons tout notre temps à cela et nous allons continuer de nous battre pour atteindre nos objectifs », martèle-t-il. En ce sens, Professeur Gabriel Ciss rappelle que le Sénégal est un pays extrêmement pauvre. «Vouloir croire que demain, nous allons opérer tous les malades,  ce n’est pas possible et ce n’est même pas envisageable. Nous sommes en train de former des jeunes pour que dans les autres régions, qu’ils puissent ouvrir d’autres centres de chirurgie cardiaque avec l’aide de l’Etat et de volontaires », ambitionne-t-il. Ce cardiologue du centre Cuomo assure toutefois que ce centre peut fermer à tout moment. « On aurait souhaité avoir tout ce dont on a besoin, de pouvoir commander et disposer de tout. Si le partenaire nous dit qu’il ne nous aide plus, nous allons fermer ce centre et il n’y aura plus de chirurgie cardiaque au Sénégal. Car ce n’est pas une chose pérenne. Par exemple, en Cote d’Ivoire ; Houphouët Boigny avait ouvert un centre de cardiologie et de chirurgie cardiaque mais, quand il est décédé, le centre a été fermé et cela fait 15 ans qu’on n’opère plus dans ce pays », dit-il.

Ngoya NDIAYE

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