SOCIETE

CES NOUVELLES EXPRESSIONS DANS L’AIR DU TEMPS « Defar ba mu tëb, lep jam, Rismondjiiz…»

  • Date: 9 janvier 2016

« Diapal bayi », « lep jam », « defar ba mu tëb », « pop » et tout récemment « Rismondjiiz ». Disons, des mots et groupes de mots qui sont dans l’air du temps. Les jeunes comme les moins jeunes les emploient quotidiennement dans leur langage quotidien, soit pour saluer, apprécier ou même expliquer…
À l’instar de toutes les grandes villes où les plus grandes communautés s’expriment par une seule et unique langue citadine, les Sénégalais aussi utilisent des expressions nées de plusieurs déformations et métaphores. C’est ainsi qu’une pléthore de nouveaux mots en langue Wolof surtout ont vu le jour. Malgré le caractère vulgaire de la plupart de ces expressions, les Sénégalais digèrent quand même ces langages et l’utilisent partout, dans n’importe quelle circonstance. Pape Nd. Diop, sexagénaire, considère ce langage comme le reflet de l’état d’esprit de la nouvelle génération qui ne trouve plus ses repères. « C’est inadmissible, comme ils s’expriment mal ! Parfois, tu as comme l’impression qu’ils injurient ou qu’ils te manquent de respect, en sortant de leur bouche ces expressions », tonne-t-il.
De « defar ba mu bax », cette expression est passée à « defar ba mu tëb », par ces temps qui courent. Plus excitant encore, si l’on considère que ce groupe de mots incite au dépassement. Les filles, surtout les « teenagers », l’emploient souvent quand elles veulent paraître sexy ou à la mode. Astou Seck, l’atteste : « Il y a rien de méchant dans ces propos pourtant. Je vois qu’il y a des gens que ces termes énervent, mais il ne faut pas, ce n’est pas vulgaire. Ce sont des codes que nous utilisons entre nous, pour faire plus fun, plus jeune, plus pop…. ». La vingtaine passée, elle minimise les critiques et appelle sa génération à utiliser ces expressions « piquantes et sexy » qui pimentent leur langage…
Le jeune Hamidou, lui, n’est pas contre ce langage. Au contraire, il trouve que c’est un feeling de jeunesse et que cela ne dure qu’un temps. Tout ce qu’il ne peut pas supporter par contre, c’est le fait que des hommes fassent usage de ces expressions pour s’exprimer : « Ah non, ce n’est pas beau d’entendre un homme prononcer un « defar ba mu tëb, « yangi chon », « defar ba mu Rismondjiiz ». De grâce, laissons tout cela aux filles et même aux dames », peste-t-il.
Ce sont des expressions, en langue Wolof, qui naissent dans des conditions pourtant simples. Il suffit qu’une célébrité les sorte une fois en public, pour que cela déclenche un déclic impressionnant. À la minute qui suit, on emploie l’expression comme on veut, pour être à la mode et surtout imiter. Cependant, Rama Niassy reste très critique par rapport à cette éclosion de nouvelles expressions. Mère de famille, elle soutient mordicus que c’est l’influence des médias qui apporte ce nouveau type de langage chez les jeunes. « Nos stars locales emploient souvent ces expressions dans les télévisions et les radios. C’est évident que les fans reprennent les mêmes choses », regrette-t-elle. Avant d’ajouter : « Rismondjiiz ? Cela veut dire quoi au juste ? Et pourtant, c’est une animatrice qui emploie ce mot et a même donné ce nom à son émission ! Tout le monde s’y met maintenant, Rismondjiiz par ci, rismondjiiz par là… » Ce n’est pas fini ! Même des associations et groupes de personnes adoptent ces expressions pour leur identification. Il y a l’exemple de l’association « And defar ba mu bax » et tant d’autres groupes. Qui a dit que ces expressions sont vulgaires ?

Khady Thiam Coly (Stagiaire)

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