22 novembre, 2014
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Ces petits et grands détails qui nourrissent le sexisme au quotidien

Ces petits et grands détails qui nourrissent le sexisme au quotidien

FÉMINISME – Une liste (non exhaustive) de faits ou paroles qui alimentent le sexisme jour après jour…
Ne les appelez plus «Mademoiselle» mais «Madame». En exigeant le retrait de la première mention des formulaires administratifs, le réseau Osez le féminisme demande que les femmes n’aient plus à se définir en tant qu’épouses. La démarche met en lumière ces petits sexismes du quotidien, tellement habituels qu’ils passent presque inaperçus. «Toutes les femmes sont victimes de sexisme ordinaire», souligne Alice Loffredo, militante d’Osez le féminisme, «mais certaines ont intériorisé le fait de se faire interpeller dans la rue, ou de se prendre des mains aux fesses dans le métro. Comme si elles devaient porter leur croix, en tant que femme.» Sélection de petits ou grands détails qui font le quotidien des femmes.



La drague

Le sexisme «se caractérise par des comportements dégradants, qui tendent à considérer les femmes uniquement comme des objets sexuels», souligne Alice Loffredo. La drague est, de ce point de vue, une forme «classique» du sexisme: mains baladeuses, réflexions à haute voix dans la rue, remarques sur les vêtements («elle te va à merveille cette jupe, tu devrais la mettre plus souvent»)… Autant de situations que connaissent rarement les hommes.



Les jouets

Se promener dans les magasins de jouets est une activité qui a de quoi donner des sueurs froides aux féministes. A côté des peluches unisexes, il arrive de trouver… des aspirateurs en plastique, emballés dans un joli carton rose. Sans oublier les classiques dinettes, comptoirs de marchande, et accessoires de change pour poupons.



Le terme de «chef de famille»

Une notion visiblement synonyme d’«homme» dans beaucoup de contextes. Clem raconte ainsi sur le site Vie de meuf que l’agence immobilière a refusé d’indiquer son nom sur le dossier de l’appartement qu’elle occupe avec son conjoint. «Oh non, nous on met le chef de famille pour le nom du dossier. On est vieux jeu, on met l’homme, c’est plus logique», s’est-elle vu répondre.

L’INSEE a attendu 2004 pour supprimer le titre de «chef de famille» dans ses enquêtes, puis celui de «personne de référence» -qui était, par défaut, l’homme.



La silhouette représentant une femme sur la porte des toilettes



Les garçons peuvent faire pipi debout, tandis que les filles sont obligées de s’asseoir. Alors évidemment, les lieux d’aisance sont différents et méritent d’être clairement distingués. Mais pourquoi le symbole femme se caractérise-t-il par le port d’un vêtement -en l’occurrence une robe- tandis que l’homme est représenté comme la figure humaine par défaut?



La galanterie

Tenir la porte à la demoiselle (pardon, la madame), pousser sa chaise afin qu’elle puisse s’asseoir, payer le restaurant… Tout cela part certes d’une bonne intention. Mais n’est-ce pas aussi induire que la femme a un statut inférieur à l’homme? «J’ai toujours un peu de mal quand un homme m’ouvre la porte et refuse de passer devant moi», raconte Alice Loffredo, d’Osez le féminisme. «Je suis adulte, je fais presque 60 kilos, je pense que je peux facilement supporter le poids d’une porte», s’amuse t-elle.



«Qu’est ce qu’il y a, t’as tes règles?»…

Ou autre considération se rapportant au cycle féminin. Si l’homme pousse parfois des coups de gueule parce qu’il a du caractère, l’idée que l’irritabilité ou la mauvaise humeur des femmes sont liées à leurs hormones reste largement répandue. Comment expliquer, sinon, le fait qu’elles ne soient pas en permanence douces et joyeuses?

Appeler les politiques par leurs prénoms

On emploie les prénoms «Martine», «Ségolène» ou «Marine» pour évoquer des femmes occupant des postes à responsabilité en politique. Mais entend-on parler de «François», de «Manuel» ou d’«Harlem»?



Les faits-divers

Dominique Strauss-Kahn est accusé de tentative de viol? D’aucuns évoquent un «troussage de domestique». Combien de femmes accusées de crimes ou délits sont qualifiées de «vulnérables», de «faibles» ou d’«influençables», alors que ces adjectifs ne désignent rarement des hommes?