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CHAMBRE CRIMINELLE DE DAKAR Le mariage forcé à 12 ans, la relation adultérine et le procès pour infanticide

Attraite, hier, à la barre de la chambre criminelle de Dakar pour infanticide, Fatou Keïta peut remercier ses avocats. Car ils ont plaidé et obtenu sa mise en liberté provisoire en attendant le délibéré prévu le 4 juillet prochain. Retour sur ces événements malheureux qui ont marqué la vie de cette jeune femme âgée seulement de 25 ans.

Une affaire d’infanticide a été jugée, hier, à la barre de la chambre criminelle de Dakar. Au banc des accusés, il y avait la pauvre Fatou Keïta qui n’a connu que des aventures malgré son jeune âge (25 ans). En effet, elle a connu un mariage forcé à 12 ans, avant d’avoir trois enfants dont le premier un an seulement après le mariage. Par ailleurs, un autre malheur va rabattre sur elle parce qu’on venait de lui annoncer le décès de son père. Sur ce, Fatou Keïta a décidé de quitter son domicile conjugal pour être aux côtés de sa maman. Pendant ces moments difficiles, son mari n’a pas fait le déplacement pour venir présenter ses condoléances à sa belle-famille. Pis, il n’y avait plus de contact entre Fatou et son mari. Entre temps, elle a fait connaissance avec le bijoutier du coin qui finira par devenir son petit ami. C’est au cours de leur relation amoureuse que cette dernière est tombée enceinte. Interrogée sur sa grossesse, elle a avoué avoir entretenu, à trois reprises, des rapports sexuels avec son amant. La première fois c’était le 16 janvier 2011. Cependant, quatre mois après, plus exactement dans la nuit du 19 avril, elle a commencé à ressentir des douleurs au niveau de son ventre. Comme Fatou était seule avec sa mère, elle n’a pas voulu déranger cette dernière. Ainsi, s’est-elle rendue aux toilettes et, à sa grande surprise, elle a vu du sang coulé de son vagin. Le lendemain, Fatou s’est rendue donc à l’hôpital Dominique de Pikine où la sage-femme lui a dit d’aller faire une échographie dans un autre hôpital à 15.000 francs. Comme elle n’avait pas d’argent, elle est partie se faire consulter dans un autre établissement sanitaire. La sage-femme après observation lui a demandé de dire ou est-ce qu’elle a caché le bébé ? Elle a répondu qu’elle ne comprenait rien de ce que lui disait cette dernière. C’est sur ces entrefaites que la sage-femme a appelé la police et les sapeurs-pompiers afin que la dame crache le morceau, mais en vain.

La défense obtient la mise en liberté provisoire de l’accusée

Les éléments de la brigade de Pikine se sont donc rendus au domicile de la mise en cause pour perquisition, mais ils n’ont pas trouvé de nouveau-né. Malgré cela, elle a été arrêtée puis soumise au feu roulant des questions. Fatou a déclaré que le jour des faits, vers les coups de 5 heures du matin, elle a senti des douleurs et un saignement vaginal. Elle s’est rendue aux toilettes où elle a expulsé des caillots de sang. Inculpée pour infanticide, Fatou Keïta a persisté dans ses dénégations. Entendue par le juge, hier, la sage-femme a effectivement confirmé que l’accusée a expulsé un fœtus à terme. Invité à faire ses réquisitions, le maître des poursuites a soutenu que la dame n’a jamais voulu coopérer pour les édifier sur l’endroit où elle a jeté le nouveau-né. « Quel est le bébé qui est né de cette grossesse ? C’est l’omerta totale. Mais, on a la certitude qu’elle a expulsé un fœtus à terme ou un bébé. L’obstacle dans ce dossier, c’est qu’on ne sait pas si le nouveau-né était vivant ou pas », a dit la parquetière. Avant de poursuivre : « je vous demande de l’acquitter parce que dans ce dossier, on n’a pas pu retrouver le nouveau-né pour faire une autopsie et déterminer les causes de la mort. Sur le bénéfice de ces observations, je vous demande de l’acquitter ». Ce réquisitoire a été bien apprécié par les avocats de la défense qui, comme le maître des poursuites, ont demandé à la chambre de prononcer l’acquittement. Selon les robes noires, il y a l’absence de la preuve de l’accouchement, l’absence de la preuve d’un être vivant et absence de la preuve d’avortement. Le juge a clos les débats avant de mettre l’affaire en délibéré pour le 4 juillet prochain. C’est sur ces entrefaites que la défense a demandé et obtenu la mise en liberté provisoire de sa cliente. Le parquet s’en est rapporté à la sagesse du tribunal.

Cheikh Moussa SARR

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Un commentaire

  1. Quel pays de merde vraiment!
    Ce que votre article ne dit pas est que cette dame a déjà passé 7 années de détention préventive dans une histoire où il n y a eu aucune e preuve scientifique hormis les dires d’une sage femme! Pas de corps, ni de preuve que cette dame était enceinte! un crime qu’elle n’a jamais avoué!

    Son seul crime a été d’avoir eu un amant, ce qui a fait d’elle une coupable!

    Vraiment, nékeu fi djiguene ci deuk bi, diarouko