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CHANGEMENTS CLIMATIQUES- Les  catastrophes naturelles font basculer 26 millions de personnes dans la pauvreté

La Banque mondiale a publié, hier, un rapport mettant en avant les dégâts subis par les plus pauvres à la veille de la conférence de l’ONU sur le climat à Marrakech (COP22).

Chaque année, les catastrophes naturelles génèrent des pertes de 520 milliards de dollars et font basculer 26 millions de personnes dans la pauvreté, d’après un rapport publié hier par la Banque mondiale. “L’impact économique et humain des catastrophes naturelles, est nettement plus important qu’on ne le pensait jusqu’ici”, écrit la Banque mondiale. Dans le rapport, les estimations sont basées sur les pertes matérielles, mais aussi sur les pertes de bien-être des populations. “Les pertes matérielles ne sont pas un bon indicateur, car elles ne prennent pas suffisamment en compte les plus pauvres”, explique à l’AFP Stéphane Hallegatte, le coordonnateur du rapport.

“La perte de bien-être”

L’économiste cite comme exemple l’ouragan Matthew : “Les dégâts ont été estimés à 2 milliards à Haïti et à 7 milliards aux États-Unis, alors que la gravité du choc a été bien plus forte en Haïti. Car, quand “les pertes de bien-être” sont prises en compte, on observe dans le rapport que “les plus pauvres sont plus fortement touchés : les 20% les plus pauvres ne subissent que 11% des pertes matérielles, mais 47% des pertes de bien-être.” L’impact de ces catastrophes naturelles fait passer 26 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, fixé à 1,90 dollar par jour. Les plus vulnérables n’ont pas accès au même soutien, d’après la Banque mondiale. Pour les auteurs, ce constat doit modifier la conception des projets visant à limiter les catastrophes. “Si nous sélectionnons des projets basés sur des pertes matérielles, nous favorisons les zones riches et les populations aisées”, met en garde Stéphane Hallegatte. Or, “des pays comme les Philippines ou le Vietnam, souhaitent un meilleur équilibre entre l’efficacité de la dépense publique (pour la gestion des risques naturels) et l’aide aux plus défavorisés” pour y faire face, explique-t-il.

Des aides financières inaccessibles

Les aides financières arrivent plus difficilement aux moins privilégiés, qui n’ont souvent ni compte en banque ni protection sociale ou assurance. En 2010, le Pakistan avait réussi à contourner ces difficultés en distribuant de l’aide à plusieurs millions de personnes via des cartes de crédit pré-chargées, qui permettaient de retirer de l’argent dans un distributeur. Plus récemment, le Kenya a mis en place un système de soutien aux agriculteurs, en amont d’une sécheresse, en utilisant les téléphones portables pour créditer des aides à 100 000 personnes.

Khady T. COLY

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