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Chantiers de l’Anoci : Plus de 4 milliards pour un kilomètre de goudron

Pour la construction de 16 kilomètres de route, l’Anoci dit avoir débloqué 63 milliards de francs Cfa, soit près de quatre milliards pour un kilomètre. Sur certains tronçons même de la Corniche ouest, la facture est de 4,6 milliards pour un kilomètre goudronné. De quoi titiller la susceptibilité des membres du Syndicat national des architectes du Sénégal (Synas) qui dénoncent des dérives, une opacité financière et menacent, par conséquent, de saisir la justice pour «crime économique».

Source : Le Quotidien
Les chantiers en cours de réalisation, dans le cadre des chantiers de l’Agence nationale pour l’organisation de la conférence islamique (Anoci), cachent des méthodes de gestion loin d’être en phase avec les principes élémentaires de transparence et de bonne gouvernance. C’est le constat fait par le Syndicat national des architectes du Sénégal (Synas) qui, dans un rapport de synthèse, publié en juillet 2007, met le doigt sur «l’opacité et les dérives financières qui caractérisent ces chantiers», comme le résume son président, Ousseynou Faye. Dans le document, le Synas dit ne pas comprendre «les libertés et les libéralités qui ont été permises dans le financement des projets routiers». En effet, l’on s’étonne des 63 milliards de francs Cfa débloqués pour la construction de 16 kilomètres de routes seulement.

Le rapport indique que les travaux sont constitués de trois tronçons : «Le premier part du Bloc des Madeleines à la Place Bienvenue de Fann Résidence (et) est long de 6 kilomètres pour une enveloppe de 22 milliards de francs Cfa.» L’autre tronçon «de la Place Bienvenue aux Mamelles engloutit 16 milliards de francs Cfa sur une distance de 4 kilomètres». Le dernier concerne l’agrandissement de la Voie de dégagement nord (Vdn) pour une enveloppe de «20 milliards de francs Cfa sur 6 kilomètres». Seulement, ces enveloppes dégagées pour les projets routiers de l’Anoci donnent le tournis aux architectes qui demandent des explications sur les coûts réels de ces routes. Ainsi, le rapport révèle, après calcul, que «le kilomètre de route réalisé par l’Anoci coûte 4,6 milliards de francs Cfa, soit 43 millions par mètre de route». Alors que, comparent les confrères de Ousseynou Faye, «un kilomètre de route en deux fois deux voies n’excède pas normalement 500 millions de francs Cfa». Alors, ils considèrent que des explications doivent être fournies à ce sujet, en ce sens qu’il n’est «pas décent que les projets routiers de l’Anoci puissent coûter dix fois plus cher que les projets normaux».

Ainsi, le rapport du Synas ne manque pas de relever le caractère particulier et les libertés prises dans l’exécution des projets routiers car, l’on se souvient, pour moins que cela, la République avait été ameutée, dans le cadre des chantiers de Thiès. A ce moment, «l’on s’émouvait de la construction de la Voie de contournement nord (Vcn), une nouvelle route d’une distance de 12 kilomètres à 13 milliards de francs Cfa, alors que l’aménagement d’une route déjà existante d’une longueur de 6 kilomètres est évalué à 22 milliards de francs Cfa». Et d’ajouter que «la route Sindian-Mbour qui fait le double de tous les projets routiers de l’Anoci ont coûté quatre fois moins cher que les travaux engagés par la structure présidée par Karim Wade».

Outre cet aspect, le rapport fait état des «contorsions financières et procédurales» notées dans la mise en œuvre des ouvrages. Et de donner l’exemple de la route allant du Bloc des Madeleines à la Place Bienvenue de Fann Résidence. «En sus de l’enveloppe de 22 milliards de francs, 5 autres milliards de francs Cfa sont dégagés pour des travaux supplémentaires», lit-on dans le rapport. «Un scandale», résume le secrétaire exécutif du Synas, Idrissa Ndiaye qui s’émeut de la violation de la loi, qui, explique-t-il, exige : «Si un marché doit nécessiter des travaux supplémentaires dont le montant dépasse plus de 10% de la valeur du marché, celui-ci doit être cassé et repris.» Or, constate M. Ndiaye, «l’Anoci est à plus de 25% de travaux supplémentaires sur le marché initial, donc, dans une illégalité parfaite». Et de se demander : «Comment l’argent est dépensé dans ces chantiers ?»


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