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Chanvre indien en millieu carcéral- Un garde pénitencier risque 5 ans de prison ferme

Les faits que nous relatons se sont déroulés à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Rebeuss. Des prisonniers condamnés à 6 mois de prison ferme pour escroquerie et un garde pénitencier ont été alpagués dans cette prison avant d’être traduits devant le juge du Tribunal des flagrants délits de Dakar pour association de malfaiteurs  et offre ou cession de chanvre indien en milieu carcéral. S’agissant des faits, les mis en cause ont fait entrer un colis contenant 300 grammes de yamba au sein de ladite prison. Cependant, nous explique un des prisonniers, c’est le pénitencier qui leur a donné l’ordre de le remettre à un détenu A. Diop plus connu sous le sobriquet de « Ndiol ». Interrogé par le juge, hier, A. Sow a soutenu que c’est le pénitencier Sangharé qui était préposé à l’enregistrement des repas amenés par les familles des prisonniers. Il était chargé, avec un autre prisonnier, A. Diop, d’aider le pénitencier. « Au moment où nous étions en train de procéder aux enregistrements des repas, le pénitencier Sangharé s’est levé pour se diriger vers la porte arrière de la prison. En revenant, il avait par devers lui un colis dont on ignorait le contenu. Sangharé m’a demandé de le remettre à Ndiol », a déclaré A. Sow à la barre.  Cependant, le colis a été découvert à la station de poste de censure de la prison par un garde pénitencier qui procédait à la fouille des repas après leur enregistrement. « Lorsque ce dernier a ouvert le colis, il a découvert 300 grammes de chanvre indien qui étaient dissimulés dans des sachets de Nescafé grand model », explique toujours A. Sow.

Me Bathily : « Condamner le prévenu, c’est condamner tous les gardes pénitentiaires »

Entendu à la suite de A. Sow, l’autre prévenu A. Diop a révélé être un témoin oculaire parce que, dit-il, il a vu de ses propres yeux Sangharé remettre le colis en question à son codétenu. Supposé être le destinataire du colis, Ndiol se veut précis. Il soutient que le colis ne lui était pas destiné car aucun nom n’y était mentionné. Pour sa part, E. S. Ndong, par ailleurs directeur de ladite prison a qualifié le pénitencier comme étant une personne jouissant d’une personnalité douteuse au sein de la prison. « Sangharé est coutumier des faits et son nom est régulièrement cité dans beaucoup de cas de saisis de chanvre indien. Son comportement même est douteux », déclare le directeur dans son rapport qui a été versé au dossier. De son coté, le pénitencier a nié les faits arguant qu’ils ont été bien orchestrés par son directeur pour tenir son image et se détacher de lui.

Invité à faire ses réquisitions dans cette affaire, le maître des poursuites s’est fondé sur le rapport du directeur de la prison. C’est dans ce cadre qu’il a requis une peine d’emprisonnement de 5 ans ferme contre le pénitencier et la relaxe au bénéfice du doute pour les autres.  Pour terminer, les nombreux avocats constitués pour la défense du pénitencier ont jugé sévère le réquisitoire du parquetier. Tour à tour, les robes noires ont plaidé la relaxe arguant qu’il n’y a aucun élément attestant sa culpabilité. « C’est toute l’administration qui est en cause présentement. Les déclarations des deux codétenus ne sont pas suffisantes pour entrer en voie de condamnation. Condamner le prévenu, c’est condamner tous les gardes pénitentiaires. C’est également jeter la suspicion sur tous les gardes pénitentiaires », clame Me Demba Ciré Ly Bathily. Même tonalité chez son confrère, Me Amadou Sall, selon qui, leur client n’est pas l’auteur des faits pour lesquels il est poursuivi. Sur ces observations, les robes noires ont plaidé la relaxe. L’affaire a été mise en délibéré pour jugement devant être rendu, demain vendredi.

Cheikh Moussa SARR

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