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Cheikh Mbow, coordonnateur de la Cosydep- les syndicats ont raison de dire que l’Etat n’a pas respecté les accords

  • Date: 14 octobre 2015

Cheikh Mbow, coordonnateur de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep), repose le débat sur le respect des accords signés avec les syndicats d’enseignants par le gouvernement. Dans cet entretien réalisé avant la rencontre entre le chef de l’Etat et les syndicats d’enseignants au Palais, M. Mbow, qui est d’avis que les syndicats ont raison de soutenir que l’Etat n’a pas respecté ses engagements, passe en revue les manquements et autres failles notés dans le fonctionnement du système éducatif. Il explique la non-atteinte des Omd dans ce secteur par l’élitisme et le caractère sélectif du système éducatif. Plaidant pour une formation d’enseignants de qualité, M. Mbow déplore la baisse continue du niveau des apprenants et invite les communautés à rompre avec les actes d’incivisme notés ça et là et à s’impliquer davantage dans la gestion de l’école, afin de contribuer à sa bonne marche et à la production de résultats éclatants.

La rentrée est effective depuis ce mercredi. On n’a pas eu le slogan «ubbi tey ; Jàng tey». Avec ce début d’année, l’école suit-elle une bonne tendance ?

Oui, il faut avouer, pour le regretter, que le démarrage de la présente année scolaire a été très tumultueux. Or une de nos études a démontré que le temps d’apprentissage est surtout entamé en début d’année. Des jeux d’acteurs avec une opposition entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants continuent d’inquiéter tout militant de l’éducation. Il est essentiel de réussir un démarrage à temps des enseignements-apprentissages, facteur déterminant et rassurant face aux résultats inquiétants de notre système. Cela justifie la campagne «Ubbi tey ; Jàng tey».

Comme l’année dernière, nous avons constaté avec satisfaction la présence des enseignants à plus de 90%. Le hic a été que les principaux bénéficiaires que sont les élèves tardent à rejoindre les classes. Cela peut être lié à la situation socio-économique avec des dépenses importantes qui exigent une priorisation et un arbitrage entre les multiples fêtes et l’éducation de nos enfants. Cela pose aussi la problématique de la crise de confiance entre notre école et notre société. Une autre raison est liée à l’environnement des apprentissages qui n’est pas toujours propice au démarrage des enseignements-apprentissages.

Dans tous les cas, la Cosydep, en tant qu’organisation de veille, d’alerte, de proposition et d’anticipation, considère que la campagne «Ubbi tey ; Jàng tey» commence à impacter les consciences pour nous rappeler la norme. La norme, c’est que les cours démarrent en début d’année scolaire. Nous sommes convaincus que c’est possible, si chacun fait face à ses responsabilités.

Nous rappelons que nos voisins gambiens ont démarré en septembre ; au Sénégal beaucoup d’écoles privées ont démarré le 17 septembre, des écoles qui sont au Sénégal avec des élèves sénégalais encadrés par des enseignants sénégalais. Ceci pour dire que c’est bien possible si nous nous déterminons à lever les goulots d’étranglement et faire face à nos responsabilités.

L’Etat central a la responsabilité principale, car devant veiller au fonctionnement régulier de l’institution scolaire, mobiliser tout le gouvernement et ses services, stimuler, encadrer et motiver tous les acteurs.

Les communautés et leurs associations autour des écoles telles que les Asc, les Gpf, les mouvements de jeunes, etc. doivent agir pour rendre accueillante et salubre l’école du coin à travers de petites actions militantes mais déterminantes : désherbage, nettoyage,…

Les élus locaux sont aussi essentiels dans le dispositif, car étant plus proches des communautés en plus du fait que l’éducation soit une compétence transférée.

La Cosydep vient de faire une tournée dans les établissements scolaires, quelle évaluation faites-vous de cette démarche ?

L’évaluation confirme que notre premier objectif qui est la conscientisation des communautés a été largement atteint. Aujourd’hui, personne n’ignore la campagne «Ubbi tey ; Jàng tey». Tout le monde reconnaît que la norme ce n’est pas d’attendre un mois pour commencer les cours. C’était cela notre principal objectif en lien avec notre mission. Le deuxième, c’est de faire en sorte que les acteurs principaux soient présents le jour de la rentrée.

Les enseignants méritent d’être salués ; leur forte présence a été confirmée par les fiches reçues de nos antennes régionales. Le défi cible à présent l’apprenant. Les fiches relèvent des difficultés matérielles maîtrisables avec plus de volonté : désherbage de l’école, flaques d’eau par-ci, matériels de nettoiement par-là,…

Mais aussi d’autres difficultés plus complexes que seul l’Etat central peut relever : abris provisoires, budget des écoles, orientation de tous les enfants, affectation de tous les enseignants,…

Cependant, nous avons noté que certaines classes ont effectivement démarré dès le premier jour et celles qui ne l’avaient pas réussi sont dans les dispositions de commencer les cours dès cette semaine. Ce qui fera un «ubbi mercredi, jàng dans la semaine». Ce qui n’est pas mal, si on se réfère à une moyenne d’un mois de perdu les années d’avant.

L’école est devenue une affaire d’enjeu. Comment les communautés doivent-elles s’impliquer pour contribuer à son bon fonctionnement ?

En nous appuyant sur des expériences ou des modèles qui nous viennent souvent d’Asie avec la Corée, le Japon, l’Inde, etc., on constate une forte responsabilisation des communautés. Ils vivent la co-éducation qui affirme que l’éducation, c’est l’affaire de tous. L’enseignant a la responsabilité d’être le premier encadreur de l’élève. Mais, cela ne décharge pas le parent de sa responsabilité à accompagner son enfant à l’école et par un suivi à domicile.

L’enfant a plus d’opportunités d’apprentissage ; il apprend en tout lieu avec l’accompagnement de tous les adultes. L’espace scolaire ne doit pas être l’unique lieu qui monopolise l’acquisition du savoir. Dans d’autres pays en Afrique, le suivi citoyen participatif est de mise ; les ressources de l’école sont affichées, des espaces de dialogue sont aménagés sous le leadership des communautés. Cela a l’avantage de changer la relation citoyen/école.

Pour exemple, lorsqu’on réalisait notre étude pour l’élaboration de la cartographie sur l’inondation en milieu scolaire, nous avons constaté que des familles trouaient le mur de l’école de leurs enfants pour protéger, disaient-elles, leur maison. On déverse eaux usées et ordures dans les écoles. Tout ceci pour dire qu’une communauté bien impliquée, engagée et qui comprend l’enjeu Ecole va développer un autre rapport avec cette institution.

Justement, cette communauté n’attendrait personne pour agir et s’approprier «Ubbi tey ; Jàng tey». Elle n’attendra pas le jour J pour venir déposer son enfant, mais au contraire, elle viendrait s’enquérir de la situation de l’école de son enfant un mois ou 15 jours avant l’ouverture en vue de pouvoir s’organiser autour de set-setal, de petits travaux de réparation,…

Dans tous les cas, les pays cités comme modèles ont définitivement opté pour une école qui ne soit simplement laissée entre les mains du gouvernement et de l’enseignant. Au Sénégal, le processus de décentralisation et de responsabilisation des collectivités locales et des acteurs locaux doit être renforcé.

De même, nous prônons un mécanisme d’analyse et d’exploitation des rapports alternatifs et autres alertes de la Société civile. L’éducation, en tant que facteur de développement doit certes engager la responsabilité première des Etats mais les communautés doivent en être les gardiens vigilants.

L’Etat et les syndicats d’enseignants se sont retrouvés ce jeudi et ce vendredi pour des négociations liées à la mise en œuvre des accords de 2014. Ne pensez-vous pas que le gouvernement, pour n’avoir pas respecté ses engagements, est responsable de cette menace permanente des syndicats de vouloir tout le temps perturber les enseignements ?

Nous avons été conviés à cette rencontre et avons introduit une des communications. Je dois saluer et remercier la présidente du Haut conseil du Dialogue social. Ce n’était pas des moments de négociations mais plutôt une rencontre traditionnelle pré-rentrée. Le contexte invitait aussi à faire le point sur l’état de mise en œuvre des accords. Nous avons noté que la plupart des échéances ont été dépassées, les syndicats ont donc raison.

Il s’agissait maintenant de s’accorder sur un nouvel échéancier. Cette rencontre a permis de décrisper la situation. Le système a besoin d’avoir des acteurs plus humbles, disponibles, qui se font confiance, se respectent, s’écoutent et se valorisent. Maintenant, il faut en toute transparence, en toute sincérité et en toute responsabilité que le gouvernement fasse régulièrement le point avec les syndicats et facilitateurs. C’est l’enseignement à tirer.

A présent, il faut que cet échéancier soit respecté de sorte qu’on puisse dépasser les questions d’ordre matériel et nous engager sur des questions de fond pour un système efficace, efficient, qui exclut moins d’enfants, qui fait de meilleurs résultats, qui remet l’école en confiance avec la communauté, qui produit des Sénégalais compétitifs et porteurs de développement.

Nous sommes en 2015, une année charnière car marquant la fin des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) et le début des Objectifs de développement durable (Odd). Il est donc essentiel de changer de paradigmes et de veiller à la prise en charge qualitative de tous les enfants, sans exclusion, vivant ou pas avec un handicap, garçons et filles, riches ou pauvres, des zones rurales et urbaines

De plus en plus, l’Etat dit faire des efforts pour améliorer la qualité de la formation des enseignants. Malgré tout, on note des failles dans le comportement de certains enseignants. Que faut-il faire pour éradiquer ces failles ?

Nous avons dit depuis longtemps que l’un des déterminants essentiels de la qualité de l’éducation, c’est justement l’enseignant. Il nous faut avoir des enseignants de qualité, un système qui attire les meilleurs d’entre nous. Nous ne cessons de le dire : l’enseignement, on ne l’hérite pas. On devient enseignant après une formation. Donc, si nous n’avons pas d’enseignants de la qualité que nous souhaitons, c’est simplement parce que leur formation fait défaut.

Donc, il nous faut interroger tout le processus de formation en termes de profil d’entrée, de durée et de référentiels de la formation. Mais aussi, interroger le dispositif de formation continue et d’encadrement ; avec des ratios d’un inspecteur pour 250 enseignants, des circonscriptions avec 3 inspecteurs et zéro véhicule, vous ne pouvez pas garantir la proximité entre cet encadreur et l’enseignant.

On constate également que de manière globale le niveau des apprenants a considérablement baissé. Sur quels leviers peut-on s’appuyer pour inverser la tendance ?

Il faut s’appuyer sur plusieurs leviers à la fois vu la complexité de la question. Un : la question enseignante en disposant d’enseignants qualifiés, motivés et disponibles. Deux : le curriculum, c’est-à-dire le quoi et le comment on enseigne à nos enfants ; sur cette question, les Anef (Assises nationales de l’éducation et de la formation) ont fourni des réponses pertinentes. Trois : le système d’évaluation, d’orientation, de guidance scolaire car nous sommes convaincus que nos enfants sont plus intelligents que les 30% des résultats scolaires. Quatre : l’accompagnement des communautés ; l’expérience indienne montre que les enfants quand ils sortent des classes, sont encadrés par les parents à travers les étudiants, les associations de village, de quartier, de jeunes,… avec une forte complicité des médias.

Cinq : la question de l’environnement. Tu ne peux pas faire de la qualité si l’enfant est dans un environnement délabré et d’insécurité avec les abris provisoires, des écoles sans clôture ou sans toilettes, sans un minimum de matériels pédagogique et administratif, en termes de manuels, de petits matériels d’exercice, avec des classes pléthoriques. Six : la langue d’apprentissage est à réinterroger surtout dès les premières années ; tous les pays cités en exemple apprennent à partir de leur langue maternelle. Sept : de manière transversale, la motivation des enfants, de leurs parents et enseignants combinée à une forte volonté politique des gouvernants permet d’être dans un environnement de qualité. Cet état d’esprit indique des perspectives de réussite ; l’école devient un ascenseur social attesté. Son marketing ne sonne plus grèves, turbulences, échecs, chômage,…

Quelles appréciations faites-vous des résultats des examens scolaires de cette année ?

Il nous faut interroger tout le système d’évaluation au Sénégal ; le système de passage d’une classe à une autre ; la promotion ou l’efficacité interne. De manière générale, les résultats au Sénégal ne sont pas bons, ils sont médiocres, autour de 30/40%. Et cela nous amène à interroger la problématique des exclus, que deviennent-ils ? Est-ce qu’on va devoir les laisser à la merci de n’importe quelle autre école ?

Ce serait dangereux et c’est une question de cohérence avec les politiques de développement et de sécurité. Il nous faut aussi soutenir les initiatives alternatives et communautaires pour résorber le stock des exclus, développer la culture systématique de bilan pour des actions et orientations pertinentes. Il faut rompre d’avec toute politique qui accentue la discrimination et l’élitisme mais plutôt opter pour une base plus équitable.

L’exigence est aujourd’hui de disposer d’un modèle, à la fois diversifié, intégré, décloisonné et holistique, qui offre à chaque apprenant les opportunités adaptées à ses besoins et conditions et qui garantit la réussite des apprentissages par tous.

Le Sénégal est actuellement armé des conclusions des Assises de l’éducation, de la concertation nationale sur l’enseignement supérieur, est-ce que ce pays a les outils nécessaires pour redynamiser le secteur de l’éducation et les sous-secteurs de l’enseignement, c’est-à-dire de l’élémentaire au secondaire ?

Nous considérons que le Sénégal a toutes les armes, tous les outils, toute l’intelligence pour améliorer son système. Vous l’avez dit, des assises de l’éducation et de la formation qui ont duré plus d’une année, qui ont mobilisé beaucoup de ressources, qui ont été dans la profondeur du Sénégal avec des contributions venant de toutes parts. La Cosydep a produit un Livre blanc, la diaspora s’est exprimée de même que les villes, les villages et les quartiers.

Les perceptions sont notées, les attentes connues ; plus de 300 recommandations sont sorties de ces assises. Tout ceci pour dire que nous disposons aujourd’hui de la synthèse d’un consensus national sur l’école sénégalaise que nous voulons. Donc, nous avons tout pour avancer sérieusement et solidairement, il faut maintenant une forte dose de volonté politique et citoyenne en étant pragmatique pour la mise en œuvre résolue des orientations.

Les moyens sont à notre disposition, le financement requis est à notre portée si nous investissons des stratégies innovantes avec plus de créativité, avec l’appui de tous, y compris le secteur privé, les mécènes, la diaspora,… Les téléthons organisés dans plusieurs domaines montrent que nous avons une forte capacité de mobilisation de ressources ; Touba peut mobiliser des milliards en quelques mois,… Il y a des niches de financement à prospecter, il faut simplement que les Sénégalais aient confiance en l’éducation ; c’est cela la question fondamentale.

Vous le savez, l’éducation ne saurait compter que sur des taxes et impôts. Les recommandations issues des différentes concertations peuvent et doivent être mises en œuvre si nous avons un système plus apaisé, plus efficace, qui produit des résultats ; un système plus attrayant, un système qui se reconnecte à la société.

Nous en appelons au président de la République afin que notre investissement dans ces processus ne soit pas vain ; il doit mettre en place un mécanisme multi acteurs de suivi des recommandations en vue d’entretenir la flamme d’espoir suscitée et de démentir tous ceux qui disent que le Sénégalais n’est capable que de théorie.

L’agenda post 2015 est mis en place. Sur quoi se projette-t-il en termes de perspectives ?

2015 est une année charnière. Les Omd ont constitué depuis 2000, la feuille de route du développement sur l’échéance 2015. L’Ept était une tâche inachevée en 2000 à Dakar ; elle l’est encore en 2015 à Incheon, en République de Corée, malgré les progrès accomplis. Une nouvelle orientation est donnée au secteur de l’éducation, validée par le Forum mondial sur l’éducation de mai 2015 à Incheon. Un nouveau rendez-vous pour un nouveau contrat social qui positionne l’éducation comme condition essentielle pour l’atteinte des Odd.

A l’horizon 2030, les participants se sont réjouis de l’adoption d’une déclaration historiquement progressiste, qui établit une vision humaniste pour l’éducation. Incheon retient 12 années d’enseignement de qualité, équitable et gratuit, financé par des fonds publics, dont au moins neuf années obligatoires et au moins une année d’éducation pré-primaire.

Il réaffirme l’importance d’un corps enseignant qualifié, bien formé et motivé ; l’engagement à offrir des possibilités d’apprentissage de qualité tout au long de la vie ; la reconnaissance de la qualité de la participation de la Société civile ; la reconnaissance de l’éducation comme essentielle pour atteindre tous les nouveaux Objectifs de développement durable. Au total, la Communauté internationale s’est accordée sur le fait que l’éducation pour tous n’a pas été atteinte en 2015. Le Sénégal n’a pas fait exception. Tout ça montre qu’il y a beaucoup de défis à relever.

Qu’est-ce qui explique cet échec ?

Il faut interroger plusieurs paradigmes. De manière générale, il reste clair que des distances culturelles, sociales, économiques et géographiques séparent les populations exclues des modèles éducatifs dominants. Des distances géographiques avec des écoles qui sont éloignées des communautés et donc des enfants qui ne peuvent y accéder. Des distances socioculturelles avec des enfants qui vivent avec un handicap ou à besoins éducatifs spéciaux.

Des distances économiques avec des frais scolaires et opportunistes importants qui empêchent le maintien et la réussite des enfants de familles modestes. Donc, il y a eu des distances très longues, qui font que le système reste élitiste et sélectif ne donnant des chances qu’à ceux qui ont des moyens. Or l’esprit, c’est de démocratiser l’éducation et la qualité et de faire du droit à l’éducation une réalité. Voilà donc ce qui fait que nous n’avons pas été au rendez-vous de 2015.

Mais, il faut aussi dire que la Communauté internationale a des responsabilités, parce qu’elle n’a pas pu faire face à ses engagements ; qui étaient d’appuyer conséquemment les systèmes d’éducation des pays en développement.

Aujourd’hui, il nous faut aller vers le décloisonnement des secteurs, interroger les interrelations entre l’éducation, la santé, la sécurité, l’environnement, l’agriculture, le bien-être. C’est un aspect essentiel qui ressort des objectifs du développement durable.

Pour ce nouveau rendez-vous, nous ne devons pas traîner les pas. Nous avons des défis à relever et nous devons nous donner toutes les chances. Et comme nous l’avons dit, nous ne saurons jamais les relever dans un climat délétère, dans un climat marqué par une absence de confiance où il y a des querelles entre les acteurs, où on prend les enfants en otage.

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