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Cheikh Sadibou Diop, coordonnateur du Mouvement « Alerte » : « Ceux qui ont des ambitions présidentielles prient pour que Khalifa soit condamné »

Cheikh Sadibou Diop, ex coordonnateur du mouvement M23 patriotique et actuel coordonnateur du mouvement alliance libre et républicaine pour le travail et l’émergence (ALERTE), a été, ce samedi, l’invité du Grand Oral. Sur les ondes de la 97.5 Rewmi FM, il a abordé plusieurs sujets d’actualité, notamment la visite du Président Macron au Sénégal, le M23 et l’instrumentalisation de la justice.

Visite de Macron au Sénégal

Les crises récurrentes au niveau de l’éducation doivent cesser. Je ne sais pas est-ce que vous le saviez ou pas, 40% de notre budget est consacré à l’éducation. Alors, il est important aujourd’hui de comprendre qu’un pays ne peut pas se développer sans une bonne éducation. Les problèmes sont réels, mais les méthodes de combat doivent être revues et corrigées. On ne peut pas, en tant qu’un des 25 pays les plus pauvres au monde, se permettre des grèves répétitives, concertées et même coordonnées. Car, si vous faites bien la remarque, quand l’université est en grève, deux semaines après, les syndicats d’enseignants sont en grève. Un peu de sens de responsabilité, aussi bien au niveau des syndicats qu’au niveau de l’Etat. Parce que l’Etat ne peut pas s’engager, signer des accords et ne pas les respecter. Par contre, ce qui s’est passé avec la visite de Macron, des fonds seront mis à la disposition de l’éducation, j’attends de voir. Les promesses des partenaires du Sénégal, les promesses des institutions financières, tant qu’elles ne sont pas mises en pratique, moi je préfère être prudent.

M23

A mon avis, le M23 est dépassé. Le combat n’est plus d’actualité et il fallait passer à autre chose. Les combats de la société civile ne sont pas des combats fixes. La société civile doit s’adapter et évoluer avec le temps. Mais surtout ne pas perdre et ne pas oublier que les véritables combats qui intéressent les Sénégalais doivent être les combats de la société civile. Voilà pourquoi l’épisode du M23 a été fermé à notre niveau. Même si aujourd’hui je suis en phase avec une partie de l’opposition dans certaines de leurs critiques vis-à-vis du régime de Macky Sall, notamment la confiscation des libertés, la gestion maladroite de nos ressources naturelles, la présence exacerbée des sociétés étrangères dans notre économie, un secteur privé national laissé en rade, une éducation qui boîte encore. Même si ça n’a pas été le cas seulement sous le régime de Macky Sall, ça remonte depuis 1968. Alors, c’est des combats que nous portons encore et que nous partageons avec l’opposition et une grande partie de la société civile.

Instrumentalisation de la justice

Je suis obligé de retourner en arrière pour vous faire l’historique de notre combat contre la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). A l’époque, nous avions été la seule structure de la société civile à dénoncer la Crei. Et les arguments juridiques que j’avais servis, ce sont ces arguments que les avocats de Karim Wade ont repris. C’est-à-dire la Crei, est un tribunal d’exception où le droit d’appel n’est pas autorisé. Ce que l’on appelle en droit l’aspect du double degré de juridiction et où la base est le renversement de la charge des preuves. C’était sur ces deux argumentaires que nous nous étions basés pour dire que nous ne reconnaitrons aucune décision de la Crei. Et vous avez vu avec tout ce bruit et avec tout ce concert communicationnel organisé à l’époque par les communiquant du pouvoir, on en est arrivé à ce que Karim Wade soit la seule personne jugée et condamnée par la Crei. Quoique nous soutenions la réédition des comptes, mais que les juridictions normales soient utilisées.

Affaire Khalifa Sall

Aujourd’hui, je n’arrive pas à comprendre que Khalifa Sall, avec toute sa représentativité au niveau de la région de Dakar, que ses partisans ne puissent rien organiser pour apporter une riposte politique face à cette manipulation honteuse de la justice pour éliminer un potentiel candidat pour les prochaines élections. Khalifa Sall a une expertise et une expérience avérées en politique. Nos chemins se sont croisés dans les années 1989 et il était déjà responsable politique au niveau du parti socialiste. Je n’arrive pas à comprendre qu’un Barthelemy Dias, un Bamba Fall, un Cheikh Guèye doivent penser que le combat pour la libération de Khalifa Sall doit s’inscrire strictement dans un cadre républicain. Ils devaient porter les combats, occuper la rue, organiser des manifestations permanentes et s’opposer contre le pouvoir. Il faut faire face au pouvoir. Cette affaire est purement politique. Le pouvoir de Macky Sall est en train d’instrumentaliser la justice pour éliminer des adversaires politiques. Par ailleurs, au sein de l’opposition sénégalaise, les gens ont des intérêts divergents. Certains prient pour que Khalifa Sall soit condamné pour récupérer son électorat. Je ne fais qu’analyser ce que je connais de la scène politique sénégalaise. Aujourd’hui, Khalifa libéré de prison, bénéficiera non seulement de cet emprisonnement, mais s’appuiera sur l’appareil de conquête politique de l’opposition et du Ps pour faire face à Macky Sall. Cela n’arrange pas ceux qui ont des ambitions présidentielles.

Cheikh Moussa SARR

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