26 octobre, 2014
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Cheikh Sadibou Fall ancien ambassadeur du Sénégal en Italie  «Des gens qui ont arrangé un coup d’Etat ne me dirigeront pas»

Cheikh Sadibou Fall ancien ambassadeur du Sénégal en Italie «Des gens qui ont arrangé un coup d’Etat ne me dirigeront pas»

Diplomate en poste à Rome depuis plusieurs années, l’ambassadeur du Sénégal en Italie est rentré à Dakar. Il a jeté une grosse pierre dans le jardin de l’actuel régime lequel ne lui aurait pas remboursé ses frais de voyage. Sur l’actualité concernant le Parti démocratique Sénégalais auquel il appartient, l’ancien diplomate se veut clair. Il n’acceptera pas dit-il d’être derrière n’importe qui, surtout pas ceux qui ont fomenté un coup d’Etat depuis la chute du pouvoir pour diriger.



Situation du PDS

La situation est très confuse avec cette défaite que j’avais prédite. Mais aujourd’hui, il faut faire le bilan et faire en sorte que le parti puisse faire son introspection. Si je n’ai pas souvent duré dans des situations de pouvoirs, c’est parce que je n’acceptais pas certaines choses qui se tramaient, et le Président Abdoulaye Wade était souvent mal conseillé. C’est pour cela que, depuis mon retour, j’ai pris mes distances par rapport au parti. Lors des élections législatives de gens se sont réunis et se sont partagés les postes, prétextant défendre nos intérêts. Je ne me laisserais pas guider par des gens qui ont arrangé un coup d’Etat en profitant de la situation dans laquelle était plongé le Président après la défaite. Je veux que les choses se passent dans les normes. Depuis que nous avons pris le parti en 2000, tout se faisait en catimini. Il faut faire le bilan et l’autocritique, choisir des mains propres et des gens prêts à nous amener devant les Sénégalais pour reconquérir le pouvoir.

Omar Sarr confirmé au Secrétariat Général du PDS ?



Qui que soit la personne désignée pour diriger le parti, il faut que cela se fasse de manière démocratique, et alors, j’accepterais de la suivre. Il faut que cela émane des militants. Ce n’est pas une question de personne. Je les connais tous. Donc tout ce que je veux, c’est un parti qui fonctionne normalement, mais pas comme l’APR qui n’est même pas encore sorti de ses langes, et qui va, irrémédiablement, vers l’implosion avec toutes ces sensibilités politiques qui le cernent.

Enquête sur l’enrichissement illicite

Ces audits entrent dans l’ordre normal des choses. Ils ont commencé sous l’ère Wade, il fallait les continuer. C’est ce qui est en train d’être fait. S’il y’a des gens qui ont été confondus et qui ont dilapidé l’argent du peuple en le planquant à l’étranger, c’est normal de les poursuivre. Mais, malheureusement, avec la réhabilitation de ce tribunal spécial qui est la CREI, nous nous mettons en porte-à-faux contre une utilisation abusive des institutions judiciaires de notre pays à des fins de politique politicienne, et à des fins de revanches politiques. Il faut utiliser des méthodes qui collent en harmonie avec notre architecture juridique, et qui ne remettent pas en cause les droits de l’homme. Et c’est cela mon combat. Mais si l’on veut juger les gens avec cette cour qui est du même gabarit que la cour de sûreté de l’Etat qui avait, à l’époque, pour vocation de juger les opposants politiques de manière expéditive et de les envoyer en prison pour les mettre hors circuit politique, on dit non. S’ils veulent faire ces audits, qu’ils commencent depuis 2000 et non de manière sélective.

Frais de voyage

Avec l’avènement du nouveau régime, je suis rentré à Dakar, et le président de la République n’a même pas daigné me rembourser mes frais de voyage. Je leur ai envoyé une lettre à cet effet mais, elle est restée sans réponse. Le ministre des affaires étrangères de l’époque, mon ami Alioune Badara Cissé m’avait ensuite signifié que l’ancien Président m’avait déjà payé ces droits là. Ce qui se révèle être faux. Il a peut-être récolté les frais de cette anomalie à mon égard. Mais, ce qui me surprend, c’est que ce régime m’aurait laissé crever dans la galère si aujourd’hui, je n’avais pas de l’argent pour renter.



Mamadou DIOUF

REWMI QUOTIDIEN