POLITIQUE

CHRONIQUE – Leylatoul Qatar ( Par Amadou DIOUF)

  • Date: 25 juin 2016

Karim Wade est libre. Après 38 mois passé en prison, l’ancien ministre d’Etat a bénéficié d’une grâce présidentielle avant la nuit du « Leylatoul Khadre » comme annoncé dans la presse. Pourtant, selon ses proches, Karim Wade ne voulait pas d’une grâce mais plutôt d’une amnistie. La grâce dispensant seulement le condamné de la peine de prison tout en préservant les autres sanctions à l’instar de celles pécuniaires. Alors que l’amnistie annule totalement la peine. Comme si le condamné avait subi une cure de jouvence.

Qu’est-ce qui s’est passé alors pour que Karim Wade accepte d’être gracié ? Sachant que la grâce peut être interprétée comme un aveu de culpabilité. Cela voudrait dire que Karim Wade a reconnu sa faute et qu’il aurait accepté la magnanimité du président de la République. Il aurait pu refuser la main tendue du Président Macky Sall et attendre que ce dernier le gracie de force ou qu’une loi d’amnistie soit votée en sa faveur. Il aurait pu également attendre les résultats des procédures enclenchées devant le Tribunal arbitral de Paris et la décision du Conseil des droits de l’Homme des Nations-unies. S’ils lui étaient favorables, ils auraient pu constituer un solide prétexte pour demander une amnistie, surtout que le groupe de Travail de l’Onu avait déjà jugé « arbitraire » sa détention.

Mais non. Karim Wade a sauté sur l’occasion. La manière avec laquelle il a été libéré démontre que cela s’est fait avec son consentement. Et qu’il a accepté toutes les conditions posées par le pouvoir comme s’exiler un moment au Qatar. Il est sorti nuitamment de prison, a pris un vol nocturne pour se rendre au Qatar en compagnie du Procureur de Doha. Preuve que tout a été planifié comme sur du papier à musique.

Passé l’euphorie, il faudra se pencher sérieusement sur l’avenir politique de Karim Wade. La grâce présidentielle ne sera pas sans conséquence sur le candidat du PDS. Il est clair que sa libération n’aura pas le même goût que s’il avait purgé totalement sa peine ou s’il était amnistié. Pourra-t-il toujours clamé son innocence ?

En tout cas, au-delà de son image de prisonnier gracié, Karim Wade devra mener un autre combat : celui de son éligibilité. En effet, selon le Code électoral, quelqu’un qui est condamné à plus de 5 ans de prison perd son droit de vote. En sera-t-il de même pour son éligibilité ? Il faut noter que la peine de 6 ans que la CREI avait infligé à Karim Wade n’est pas assortie de la perte de ses droits civiques. Alors peut-on perdre son droit de vote et garder son éligibilité ? Certains exégètes du Droit soutiennent que les deux notions ne sont pas identiques. Ils en veulent pour preuve le cas des militaires et paramilitaires qui votent mais qui ne sont pas éligibles. Des arguments rejetés par d’autres qui affirment que Karim Wade a perdu son éligibilité.

Pour sa part, le PDS reste suspendu à cette question d’éligibilité. En cela, les élections législatives seront un test majeur. Selon certaines indiscrétions, Karim Wade sera investi sur les listes pour tester l’attitude du pouvoir.

En attendant ce combat inévitable atour de son éligibilité, Karim Wade va se la couler douce à Doha.

Pour un bon « Leylatoul Qatar ».

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