24 novembre, 2014
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Chute de Wade, véhicules de la Présidence… : Ousmane Ngom se déchaîne

Chute de Wade, véhicules de la Présidence… : Ousmane Ngom se déchaîne

Ex-ministre de l’Intérieur, Ousmane Ngom ne se fait pas trop de soucis quant aux décès enregistrés avant la présidentielle. Sur ce sujet et sur d’autres ayant trait à la gestion de l’ancien régime, Ousmane Ngom s’est livré. Sans langue de bois.
L’enquête annoncée pour faire la lumière sur les morts d’avant la présidentielle n’est pas pour perturber le sommeil de Me Ousmane Ngom. L’ex-ministre de l’Intérieur qui était, hier, à Saint-Louis a, ainsi, réfuté sa responsabilité sur ces faits déplorables. Pour Me Ngom, son rôle s’est juste limité à définir la conduite à tenir pour maintenir l’ordre. «Je ne peux pas être dans mon bureau et être pris pour responsable de faits qui se sont déroulés sur le terrain», s’est-il défendu.

Visiblement «préparé» à une question sur le sujet, l’ancien premier flic du pays a précisé que, «avant la mort de Mamadou Diop, il y a eu celle de l’auxiliaire de police, Fodé Ndiaye qui était sous nous ordres. Avec tout le respect que je dois à Mamadou Diop et à sa famille, j’estime qu’il y a lieu de situer les responsabilités là aussi». Et puis, a-t-il poursuivi, «situer les responsabilités, c’est se pencher sur la faute des gens qui ont voulu, vaille que vaille, marcher sur le Palais. Si je n’avais pas montré autant de fermeté, le Sénégal serait, aujourd’hui, comme le Mali, la Guinée Bissau ou même la Côte d’Ivoire», a-t-il soutenu.

Me Ousmane Ngom s’est dit tout aussi serein quant aux audits annoncés par le nouveau pouvoir. A l’en croire, «le ministre ne gère pas les fonds pour le fonctionnement du ministère. Cette tâche est dévolue aux gestionnaires et aux directeurs généraux qui font fonctionner le ministère. Le ministre ne fait que dégager la vision du chef de l’Etat».

Sur la question des voitures appartenant à l’Etat, le responsable libéral a expliqué, avoir rendu ses véhicules de service depuis le 2 Avril dernier. Il a soutenu les avoir parqués à l’école de Police. «Depuis cette date, je ne circule plus avec les voitures de l’Etat. D’ailleurs, j’ai invité tous mes collaborateurs à faire la même chose. Pour couper court à toutes les supputations, j’ai résilié le contrat de ma maison conventionnée depuis lors», a-t-il certifié.

Sur un autre registre, Me Ngom a réitéré son soutien au nouveau coordonnateur du Pds. «Oumar Sarr est un homme de consensus qui peut bien assurer la coordination du parti. D’ ailleurs, en tant que chargé des élections du Pds, Oumar Sarr a toujours joué ce rôle. Je me rappelle les nuits blanches qu’il a passées au ministère de l’Intérieur pour confectionner les listes du parti. Et je signale que coordonner le Pds ne veut pas dire le diriger», a-t-il fait noter.

Sur son avenir politique, Me Ousmane Ngom de laisser entendre, au demeurant, qu’il reste au Pds et va travailler à Saint-Louis pour asseoir une base affective dans la perspective des élections à venir. «L’objectif final à tout cela, c’est de reconquérir, démocratiquement, le pouvoir», a-t-il averti.Très en verve, Me Ngom a plaidé sa cause au sein du Pds. «Personne n’a fait autant que moi dans le Pds et personne n’y a vécu ce que j’ai enduré. Donc, j’estime que je peux légitimement aspirer à diriger ce parti», assure-t-il. Quid du Pls alors ?

A ce niveau, l’avocat s’est voulu clair : «Le Parti libéral sénégalais que j’ai créé en 1998 est une parenthèse. Il a existé parce qu’on m’a poussé vers la sortie.» Ce faisant, le politicien ne veut pas signer son arrêt de mort. Au contraire, il estime qu’il est de bon ton d’assurer son ancrage au pays. «La semaine dernière, j’ai décliné deux offres des Nations unies. L’une à Addis Abéba, l’autre à La Haye. J’ai aussi dit non à un poste d’ambassadeur à Bruxelles du temps où Idrissa Seck était à la Primature. C’est la preuve que je ne suis pas un égoïste à la recherche de strapontins», s’est-il glorifié.

Sur les raisons de la défaite de son mentor, Me Ousmane Ngom a ses explications. Pour lui, l’ancien pouvoir a «minimisé la force de frappe d’une certaine presse» ainsi que la «coalition internationale contre Wade». Sur un autre registre, Me Ousmane Ngom s’est inscrit en faux contre le discours des nouveaux tenants du pouvoir selon lequel «les caisses de l’Etat sont vides». Pour lui, «tout cela n’est que mensonge».

Gabriel BARBIER

Source Walfadjri