CITÉ BISSAP- Les habitants sous la hantise d’un imminent déguerpissement

Entre une bonne partie des habitants de la Cité Bissap et les héritiers de la famille Dioum, rien ne va plus. Malgré une accalmie qui aura duré plus d’une dizaine d’années, les habitants concernés par un litige foncier sont sommés de quitter leurs maisons au risque de voir les forces de l’ordre les déloger.

La famille Dioum se targue d’être le propriétaire du domaine communément appelé Cité Bissap (Ndlr : zone située derrière la station d’essence de Castors sur l’Avenue Bourguiba). Un contentieux qui perdure depuis 1980 entre la famille Dioum et une partie des habitants occupants les lieux. Un peu avant cette date, c’est-à-dire vers les années 60 -70, la Cité Bissap, qui portait le nom de Gouy-Thieurigne, a été investie, par de nombreuses personnes.

Suite à de nombreuses tractations, Mamadou Diène, un Lébou, a décidé de leur céder une partie de ses terres moyennant une modique somme d’argent. Croyant avoir acquis pour de bon leurs parcelles, les habitants ont commencé à construire. Mais, vers les années 1980, ils ont été stupéfaits de voir un certain Mamadou Dioum, qui est actuellement décédé se présenter devant eux avec un titre foncier. Ce papier montrait, en effet, qu’il avait fait les démarches nécessaires pour être le propriétaire légal d’une partie des terrains de la Cité Bissap. Se sentant lésés, les habitants, réunis autour d’un collectif, ont décidé d’ester en justice. Une tentative infructueuse puisqu’ils ont été déboutés. L’affaire a été vidée en 1987. Mais, finalement, le sieur Dioum décide de signer un accord avec les habitants. Il était prévu que ces derniers lui remettent de l’argent pour pouvoir être définitivement les propriétaires. Mais sachant que la plupart n’ont pu s’acquitter de cette dette, deux maisons seulement ont eu à le faire, Mamadou Dioum décédé, ses fils sont revenus à la charge. Malgré une insistance des habitants qui ont demandé que les négociations puissent se faire sur les termes de l’ancien accord, ces derniers ont opposé un niet catégorique.

Aujourd’hui, les héritiers de la famille Dioum qui, d’après nos sources, ont eu à discuter avec des acheteurs, ne veulent qu’une chose : voir partir les actuels occupants. Un deuxième arrêt rendu par le tribunal, les conforte dans cette idée. En contrepartie, ils proposent d’indemniser chaque habitant en lui donnant un terrain et une somme de 500.000 F Cfa. Pour ceux qui ont déjà payé se basant sur les termes de l’ancien accord, ils proposent aussi de les indemniser à hauteur de tous les investissements qu’ils ont eu à faire et de les rembourser. Une option que ne veulent même pas envisager ces populations. Avec comme slogan, « touche pas à mon quartier », les habitants disent qu’ils comptent aller jusqu’au bout, quitte à y laisser leur vie.

Mais, l’épreuve de force semble leur être défavorable si l’on sait qu’Abdou Aziz Tall qui est le mari d’une des héritières de la famille Dioum est un proche de l’actuel régime. Aussi, il y a le fait que le Préfet a déjà reçu l’ordre d’exécuter la décision de justice.

Omar Ndiaye

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