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Clash hélico de l’armée, meurtres d’étudiants…: Ces enquêtes « sans suite »

Le Sénégal est un pays singulier. Les grosses affaires qui émeuvent l’opinion finissent le plus souvent dans un silence profond, « sans suite ». Cela ne veut nullement dire que ces affaires ont été effectivement classées ou que des résultats n’ont pas été obtenus, mais que, sur tout cela, l’opinion publique n’en sera pas informée, outre mesure.

Nous avons pourtant des cas douloureux de meurtres d’étudiants comme Fallou Sène, du député Fatoumata Ndiaye, du clash de l’hélicoptère de l’Armée à Missirah, du double meurtre de Médinatoul Salam et de bien d’autres affaires de ce genre apparemment sans suite. L’opinion ne sait pas si les enquêtes continuent ou elles ont été bouclées. Rien. Silence-radio.

C’est bizarre parce que nous ne croyons pas que la Justice doit fonctionner de cette façon. On promet une enquête, on fait des déclarations et on laisse le temps s’écouler comme si l’oubli était voulu, recherché.

Pourtant, l’opinion doit savoir. Ce n’est pas pour rien que le Parquet est appelé « Ministère public ».

Il a en effet l’obligation de clarification de dossiers surtout induisant mort d’homme. Qu’ils soient étudiants ou adultes, impliqués dans la gestion des affaires publiques ou pas, nous avons le sentiment qu’il y a de plus en plus d’d’affaires insolubles. Les commanditaires sont-ils des intouchables ou les auteurs même ? Il y a de quoi se poser la question.

A ce propos, les étudiants ont plus que raison de réclamer justice sans pourtant être compris. Il en est ainsi du naufrage du bateau le Joola avec ses 2 mille morts. Là encore, l’éternel nébuleuse. Le flou est entretenu à dessein. Et d’ailleurs, de guerre lasse, les Français viennent de classer définitivement l’affaire du bateau.

Ici, nous avons le sentiment qu’une omerta entoure les enquêtes surtout lorsqu’elles sont sensibles et impliquent certaines personnalités.

Bien sûr cela remet au goût du jour l’équation du lien ombilical entre le Parquet et le Gouvernement, pour ne pas dire la Présidence. Les affaires sensibles peuvent être d’abord traitées au niveau du Palais qui tient compte de toutes ses implications politiques avant d’atterrir sur le bureau des magistrats du Parquet.

Or, les préoccupations des politiques ne sont pas forcément celles des hommes de loi et des magistrats.

C’est dire que si le lien ne peut pas être complètement rompu, il serait très utile de penser à l’atténuer et éviter ainsi une immixtion intempestive des gouvernants dans des affaires sensibles en cours.

Malheureusement, dès que des personnalités sont impliquées et qu’une enquête est promise, la suite ne sera pas connue de l’opinion.

Il va de soi que c’est aussi la faute des journalistes. L’absence de développement du journalisme d’investigation dans notre pays y est pour quelque chose.

La presse se contente souvent de genres faciles comme l’interview, les comptes-rendus sans pourtant travailler à aller au fond des choses pour découvrir la vérité.

Certes, c’est très difficile pour une presse déjà à l’agonie, mais surtout pour une administration méfiante, mais le devoir des journalistes est de plus en plus d’aller au fond des choses pour, justement, découvrir la vérité et la révéler au grand public. Là-dessus, le Parquet n’ayant aucun pouvoir d’injonction sur la presse par rapport à des enquêtes parallèlement ouvertes, le journaliste peut même aider les autorités judiciaires à lever ces « vétos » sur leurs investigations.

Tout pour dire que la démocratie ne va pas de pair avec cette manie à tout cacher aux citoyens au nom desquels la justice est rendue.

Assane Samb

 

 

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