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Classement du Sénégal dans Transparency international : Macky s’embrouille

  • Date: 2 juillet 2015

Le chef de l’Etat se vantait hier en Conseil des ministres, des résultats de son gouvernement en matière de lutte contre la corruption et pour la transparence. L’ennui est que le classement auquel il se référait date déjà de plus de 6 mois et avait été en son temps, largement relayé par la presse nationale. D’où un joli mélange de pinceaux.

«A l’entame de sa communication, le chef de l’Etat a adressé ses félicitations au gouvernement pour l’amélioration du rang du Sénégal en matière de corruption selon le classement de Transparency international. Classé 69ème mondial sur 174 pays avec une progression de 43 points, le Sénégal sort de la zone rouge, devenant ainsi le 10ème pays africain, le troisième de la Cedeao et premier de l’Uemoa et de l’Ohada. Ce redressement du Sénégal dans le classement d’attractivité, conforte les efforts et les réformes accomplis par le gouvernement et l’option majeure du chef de l’Etat, d’ériger la gouvernance et de la transparence comme pierre angulaire de l’action publique.» Il n’a pas fallu longtemps, après avoir lu le communiqué du Conseil des ministres, pour se rendre compte de l’incohérence de cette information.
Renseignement pris, et après vérification sur le site internet des différentes organisations, il devenait évident que l’indice 2015 n’a pas encore été publié. Et selon les informations recueillies par Le Quotidien, on en serait même encore assez éloignés. Malheureusement, Birahim Seck, qui avait présenté le rapport de 2014, ne répondait pas à son téléphone hier soir.
En tout cas, de manière habituelle, Transparency international (Ti), ne laisse pas à une tierce partie le soin de présenter son Indice annuel de perception. Au Sénégal, c’est le Forum civil, qui est la branche sénégalaise de cette organisation qui le fait au cours d’un point de presse convoqué à cet effet. Ce n’est qu’après cette cérémonie que l’Indice est rendu public. Il n’y avait pas de raison que cette année déroge à la règle.

Toujours dans la zone rouge

On s’est rendu compte, une fois ces données collectées, que le Président Macky Sall s’est gargarisé hier en Conseil des ministres, avec des données qui datent d’au moins 6 mois déjà. C’est le mercredi 3 décembre de l’année dernière que le Forum civil avait publié les résultats de l’Indice de perception de la corruption pour 2014 (voir Le Quotidien n°3552 du jeudi 4 décembre 2014). Et ces chiffres, qui sont exactement les mêmes que ceux qui ont été présentés hier en Conseil des ministres, ne démontrent pas que le Sénégal est sorti de la zone rouge.
En effet, pour un classement sur 100, il faudrait un minimum de 50 points pour avoir une moyenne «passable». Avec 43 points, un quelconque élève serait recalé à l’école. Et en réalité, comme il avait été dit lors de la présentation de ces résultats à l’époque, le Sénégal n’a en réalité, progressé que de 2 points, passant de 41 points en 2013, aux 43 cités par Macky Sall. Dans l’article ci-haut cité, Le Quotidien citait Birahim Seck, l’expert du Forum civil qui avait présenté le rapport 2014. Il disait : «le score obtenu est même beaucoup plus important que le classement. D’où l’objectif pour le Sénégal de sortir de la zone rouge, c’est à dire dépasser le score de 50/100». L’article ajoutait par ailleurs, en citant les spécialistes que, «au regard des performances, les gouvernements ivoirien et malien semblent plus déterminés à lutter contre la corruption. En effet la Côte d’Ivoire et le Mali ont fait des bonds respectifs de 4 et de 3 points.» Paradoxalement, dans le Classement régional Afrique, la Côte d’Ivoire et le Mali sont 22e ex-æquo, avec chacun 32 points. Mais ils venaient de beaucoup plus bas que le Sénégal et ont fait des bonds plus importants.

D’où vient le couac ?

Au-delà de ce couac, on peut se poser la question de savoir comment les services de la présidence de la République ont pu exposer ainsi le chef de l’Etat à cet impair. Et pourquoi, même au sein du Conseil des ministres, aucun de ceux assis autour de la table n’a eu le reflexe de relever la bourde avant qu’elle ne sorte dans le communiqué. Même si les mesures prises dans l’organisation du travail du Secrétariat général du gouvernement permettent d’éviter certaines des énormités que l’on trouvait naguère dans les communiqués du Conseil, ce glissement du Président montre que le travail est encore loin d’être fini.

Le Quotidien

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