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CMU – Gratuité des soins pour enfants de moins de 5 ans et la césarienne : Les structures sanitaires jouent le jeu de la double facturation

La Couverture maladie universelle (Cmu) enregistre de bons résultats. Mais dans la pratique, certains bénéficiaires ont du mal à sentir l’effectivité. La faute à certaines structures qui refusent de jouer le jeu de la gratuité. Une session de formation avec les journalistes à Saly a permis de toucher du doigt quelques dysfonctionnements qui plombent les efforts de la Cmu.

Aujourd’hui, 32% des Sénégalais disposent d’une couverture risque maladie. Des chiffres encore loin de l’objectif fixé à 75% à l’horizon 2017, mais satisfaisants si on les compare à la situation d’avant où on notait un déficit de couverture de 80% en 2013. Seuls les travailleurs du secteur privé et du secteur public étaient couverts par un système formel de couverture maladie. C’est dire que la Cmu enregistre des points dans sa mise en œuvre, c’est-à-dire la gratuité des soins de base pour les enfants de moins de cinq ans, la césarienne, la dialyse, la relance du Plan sésame dans les structures publiques.
Mais dans la pratique, beaucoup de dysfonctionnements sont notés. Dans plusieurs établissements publics de santé, les acteurs ne jouent pas le jeu. Au Samu municipal, les enfants âgés de moins de cinq ans payent toujours le ticket à 5 mille francs Cfa pour pouvoir se faire consulter par un pédiatre. Dr Amadou Tidiane Thiam, économiste à l’Agence de la Cmu, déclare que l’hôpital n’a pas le droit de faire payer aux familles, le ticket de 5 mille  francs aux enfants âgés de moins de cinq ans. «C’est vrai la consultation du pédiatre ne fait pas partie du paquet offert par la Cmu, mais l’hôpital Samu est un établissement public. Par conséquent, il ne peut pas faire une prestation privée», précise-t-il.
Ce n’est pas le seul exemple. Le personnel fait payer aux parents les médicaments génériques alors que ceux-ci sont gratuits et font partie du paquet de service offert par la Cmu. Mme Faye, une mère de famille habitant aux Hlm Grand-Yoff, témoigne : «J’ai acheté récemment la Solution de réhydratation orale (Sro) à 50 francs ainsi que du Zinc  à l’hôpital Samu alors que dans les rues de Dakar, il y a des panneaux publicitaires qui disent que la Sro est gratuite», indique-t-il. A défaut d’une facturation des médicaments génériques pour les enfants âgés de moins de cinq ans, certaines structures sanitaires préfèrent tout simplement ne pas en disposer. Un syndicaliste disait dans une conférence de presse que les médecins-chefs de district, à cause des dégâts collatéraux de l’Acte 3 de la décentralisation, préfèrent acheter des médicaments pour adultes. Car, poursuit le syndicaliste, l’argent généré par la vente de ces médicaments leur permet de payer une partie de leur personnel. Alors que, explique-t-il, si la structure achète des médicaments pour enfants, elle va les donner gratuitement et les compensations de l’Etat, le plus souvent, tardent à tomber. Ce qui  plonge l’hôpital ou le poste de santé dans des difficultés. Du coup, le problème de la disponibilité des médicaments génériques se pose dans les districts de santé.

Gaspard Kamara épinglé par la Cmu

Ces dysfonctionnements sont également notés dans la prise en charge des cas de la césarienne. Et c’est l’Agence de la Couverture maladie universelle qui a eu à les constater. Le Secrétaire général de l’Agence, qui a présidé un atelier avec les journalistes à Saly, a révélé que le Centre de santé Gaspard Kamara a fait payer à des bénéficiaires des prestations de la césarienne déjà payées par l’Etat à travers la Cmu. «Ce sont des bénéficiaires qui ont saisi le ministère de la Santé, d’autres ont écrit directement au médecin-chef de district pour se plaindre», révèle Mamadou Racine Senghor. A l’en croire, l’hôpital a été obligé de rembourser à chacun ses 85 mille francs, la somme prise en charge par l’Etat pour la césarienne.
Des dysfonctionnements qui ont amené l’Agence de la Cmu à adopter une démarche pédagogique. Elle a mis sur pied une Cellule de contrôle médical qui coordonne les activités médicales. Dr Amadou Tidiane Thiam invite ainsi les populations à se rapprocher de cette cellule qui, à chaque fois que de besoin, apportera des correctifs. L’invite est faite également aux acteurs pour qu’ils jouent le jeu  de la gratuité. Selon lui, la réussite de la Cmu implique la responsabilité de chaque individu et chaque acteur.

Le Quotidien

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