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COALITION AU POUVOIR Benno Bokk Yakaar n’est devenu que l’ombre d’elle-même

  • Date: 7 décembre 2015

Le Président Macky Sall pourrait-il compter sur Benno Bokk Yakaar (Bby) pour être réélu en 2017 comme ce fut le cas en 2012 ?
Rien n’est moins sûr quand on sait que la structure, oblitérée par de nombreux départs et minée par des contradictions internes dans les coalitions et les partis politiques, n’est devenue que l’ombre d’elle-même. Macky semble l’avoir compris lui qui annonce une nouvelle alliance.

La polémique entre les élus de l’Alliance pour la République (Apr) et les proches de Khalifa Sall, Maire de Dakar à propos de l’élection de ce dernier à la tête de Cités gouvernements locaux unis de l’Afrique (Cglua), est une preuve de plus de la fragilité de Benno Bokk Yakaar (Bby), la coalition qui a porté le président Macky Sall au pouvoir. Un vrai mariage de raison pour venir à bout de Me Abdoulaye Wade dont la candidature  à un troisième mandat était très contestée. Un mariage qui a été mis à rude épreuve lors des locales de juin 2014 et qui continue a montré ses limites au-delà même des frontières nationales. Car, c’est en Afrique du Sud ou se tenaient les assises de Cglua que, selon les partisans de Khalifa Sall, les maires de l’Apr se seraient désolidarisés sans pour autant influer sur le cours des choses étant entendu qu’ils n’étaient pas eux-mêmes électeurs. Le satisfecit de Macky Sall qui a salué « l’élan unitaire qui a permis à l’édile de Dakar de rempiler à la tête de Cglu-A » n’a pas empêché Moussa Taye, un proche de Khalifa Sall de dénoncer une tentative de tromper l’opinion en mettant en avant une fausse unité qui s’est traduite par la tentative, selon lui, de saboter la candidature de leur mentor.
Devrions-nous nous en étonner ? Absolument pas. Les locales de 2014 avaient déjà mis en évidence les nombreuses contradictions qui oblitèrent une coalition de circonstance, née dans des conditions historiques données et dont la survie n’était pas forcement prévue.
En effet, les candidats socialistes Aissata Tall Sall  à Podor, Cheikh Seck à Ndindi, Alioune Ndoye à Dakar Plateau pour ne citer que ceux-là ont été traités en véritables adversaires par des alliés de l’Apr alors qu’ils se partagent Bby. Aucun cadeau ne leur a été fait et certains ont dû même recourir à l’arbitraire de la justice pour se faire réélire. Ces bisbilles ont prévalu entre d’autres membres de la coalition qui se sont livrés  à une guéguerre sans merci pour des postes de maire ou de président des conseils départementaux au point de perdre les élections dans certaines localités comme Rufisque.
Il s’y ajoute que la coalition n’a pas été formalisée ni sur le plan organique, ni sur le plan fonctionnel : pas de structures, peu de réunions de concertation. La grande rencontre initiée par le président Macky Sall en février 2015 était justement destinée à revoir le mode de fonctionnement de cette grande coalition. En vain. Le statu quo a prévalu. À la décharge des acteurs, il faut souligner le caractère hétéroclite de cette entité qui est une coalition de coalitions. Macky 2012 qui est une sous-entité revendique une légitimité historique et donc une meilleure présence dans les instances de pouvoir. Elle vit aujourd’hui une scission en son sein. L’Alliance des forces du progrès (Afp) a traversé une crise du fait de cette coalition au point de voir sortir de ses flancs un autre parti politique dirigé par Malick Gackou.
Le Parti socialiste (Ps) devra faire face à l’équation Khalifa Sall et à la candidature certaine de cette plus ancienne formation politique au Sénégal à  la prochaine présidentielle.
Les socialistes sont aussi en train de payer le prix de cette appartenance à Bby à travers l’hibernation politique de Aissata Tall Sall qui n’avait pas caché sa volonté d’être candidate du parti. Ce qui lui a coûté un ostracisme sans précèdent.
Dans le même ordre d’idée, le Parti de l’indépendance et du travail (Pit), la Ligue démocratique (Ld), le Mpcl du Dr Cheikh Tidiane Gadio et bien d’autres partis politiques n’ont pas encore dit leurs derniers mots. Car, il n’est pas sûr qu’ils n’aient pas de candidats au premier tour.
Alors qu’ils sont déjà un bon nombre à quitter Bby comme Ibrahima Fall, Cheikh Bamba Dieye, Idrissa Seck.
Au demeurant, le problème fondamental de Bby nous semble être le manque d’adhésion des militants des partis politiques qui ne parlent pas forcément le même langage que les leaders qui s’y accrochent encore. Ces derniers soutiennent, mordicus, que la coalition se portent bien tandis que les états-majors politiquent s’ignorent et se snobent s’ils ne se font pas la guerre.
Des contradictions qui ne semblent pas échapper au président Macky Sall et à ses partisans qui défendent l’idée de « remembrer le cadre » pour emprunter  à Seydou Guèye, une formule déjà utilisée il y a quelques mois. Aujourd’hui, d’après certaines sources, l’idée est en marche pour une nouvelle coalition qui porterait la candidature de Macky Sall au premier tour. Le président Macky Sall aurait fait cette déclaration lors du 7ème anniversaire de son parti. Certes, l’opposition est loin d’être prête mais il serait suicidaire pour l’Apr et le président de Macky Sall de ne compter que sur ce Bby qui n’est que l’ombre de lui-même.
Comme quoi, en politique, les amis d’hier peuvent être les adversaires de demain et vice-versa. Et ceux qui perdent le pouvoir découvrent tardivement qu’ils étaient bien seuls au moment où ils croyaient être bien entourés.

Abdoulaye Diop

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