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Coalition du Non « Gor sa wax dia » : Le difficile apprentissage du « s’opposer ensemble »

La Coalition du Oui vient de remporter le référendum sur une autre coalition, celle du Non, née après le discours du 16 février. Les deux camps qui se sont affrontés n’étaient pas structurés de la même manière et n’avaient pas le même vécu politique.
Celle du pouvoir s’est appuyée sur une vieille coalition, Benno Bokk Yakaar (BBY), qui en était la fusée porteuse. Née du second tour de la présidentielle de 2012, elle a été certes affaiblie par les tumultes à l’Alliance des forces du progrès (Afp) et au Parti socialiste (Ps), mais elle garde toute sa vitalité du fait de l’attrait du pouvoir et de ses moyens.
L’autre camp, celui de l’opposition, de syndicats, d’associations et de divers mouvements de la Société civile devrait réussir la prouesse de naitre, grandir et se battre en l’espace d’un mois. L’a-t-elle réussi ? Nous nous en doutons pour plusieurs raisons liées à un fonctionnement défectueux, au manque de moyens et autres tares qui en ont bloqué le fonctionnement.
Il relève, en effet, de confidences recueillies auprès de certains membres de la « Coalition Gor sa wax dia » que la campagne a été battue avec peu ou pas de moyens financiers du tout. L’idée de cotisation avait été agitée. Les partis qui avaient des députés à l’Assemblée nationale devraient cotiser 5OO mille francs ou plus, les autres, 100 mille francs au plus et ceux qui sont vraiment faibles, 10 mille francs au plus. Finalement, aucun sous n’a été sorti. Tout au plus, les partis politiques et certaines associations ont payé leurs propres carburants, les tee-shirts, flys et affiches.
Il a fallu, d’ailleurs, beaucoup de temps pour être d’accord sur le mode d’action. Certains comme le Parti démocratique sénégalais (Pds) étaient au début, pour le boycott. En plus, les objectifs n’étaient pas les mêmes pour tous. Certains voulaient qu’après la victoire du Non, que le président Sall plie bagages. D’autres ne partageaient pas cette vision. Il fallait des débats houleux pour tomber d’accord sur l’essentiel, c’est-à-dire la victoire du Non.
Force est de tirer la conclusion que chaque parti politique a prêché pour sa chapelle. Cela était visible lors des rencontres de concertation où les partis et mouvements venaient chacun avec son effigie. Les couleurs des partis étaient trop visibles au point de ressembler à une rivalité entre elles.
Le choix du Coordinateur, Mamadou Diop Decroix, le leader du Front patriotique pour la défense de la République, la seule vieille entité de la coalition, a été fait, selon certains dans la précipitation, par acclamation, sans laisser aux uns et aux autres, la possibilité de postuler à ce poste. Le Professeur Malick Ndiaye, par exemple, était pressenti par d’autres.
Pis, il n’aurait eu aucune emprise sur les leaders politiques, notamment. Leur descente dans la capitale du Mouridisme Touba a montré les limites de la coalition. Des leaders se seraient déplacés en catimini. Qui, pour inaugurer un siège local avec des journalistes, qui pour rencontrer un marabout, etc. La pagaille a régné dans les rangs. Et plus grave encore, certains responsables de mouvements estampillés faibles ne se sont pas sentis considérés. Ceux qui n’avaient pas de voitures par exemple, ont dû se rabattre, pour certains, dans celles des journalistes.
Durant les audiences, ils se sont sentis marginalisés. Les leaders de partis politiques étaient toujours devant et à l’intérieur tandis que d’autres attendaient tranquillement dehors. La frustration était alors grande dans les rangs.
Qui plus est, la coalition du Non a travaillé sans aucune stratégie et plan de communication concertés. L’improvisation a été accentuée alors par le manque de temps. Il fallait aller vite pour faire face à un camp du Oui particulièrement outillé à tous les niveaux et organisé.
Cette désorganisation du camp du Non s’est aussi fait ressentir après la défaite. Chaque parti ou association a sorti sa propre lecture des résultats. La mort de la coalition a été décrétée, de facto. Chacun est parti de son côté. Or, comme tout le monde le sait, il serait heureux que ce front du refus perdure pour préparer les batailles politiques futures. Mais, tout indique, malheureusement, que l’individualisme des partis et associations qui a prédominé durant la campagne va encore longtemps dicter la conduite des adversaires de Macky Sall.
D’ailleurs, la Société civile a créé son propre groupe (le Front du Non pour la refondation de la République) pour se démarquer des hommes politiques. Du coup, deux réunions d’évaluation vont avoir lieu dans différents endroits, aujourd’hui.

Assane Samb

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