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COHABITATION AVEC L’APR La gauche survivra-t-elle à ses rapports ambigus avec Macky Sall ?

La gauche est-elle en danger de mort ? En tout cas, aux côtés de Macky Sall, elle court le risque de n’être plus qu’une force politique résiduelle, la nostalgie d’un temps révolu. Qu’on le veuille ou non, la liberté de ton de certains partis de gauche participant au Gouvernement s’est trouvée restreinte par les contraintes de la solidarité gouvernementale, allant parfois jusqu’à friser l’autocensure de leurs instances souveraines. On dénie à des partis de gauche souverains le droit d’élaborer des positions politiques et d’en appeler à une candidature de gauche. Il est aussi arrivé que des ministres de gauche soient sommés de se désolidariser de leurs camarades de parti sacrifiés sur l’autel de l’obligation de réserve à laquelle seraient soumis les collaborateurs des ministres de la République.

Mais que fait-on du droit de tout parti souverain d’élaborer et de faire connaître ses positions à l’opinion par les canaux les plus adéquats ? Donc, le plus important dans l’affaire, ce n’est pas forcément de se solidariser avec un gouvernement qui a tort mais de défendre la vérité en tout lieu et en tous temps !

Tout se passe, en réalité, comme si on voulait lier les mains aux partis de gauche, auxquels on n’hésite pas à octroyer des gratifications louches, en leur demandant gentiment d’attendre le plus longtemps possible une évaluation politique des « turpitudes apéristes ». Pendant ce temps, le guide éclairé de la République, dont les intentions sur diverses questions (durée du mandat, package à soumettre au référendum) sont loin d’être claires, est en train de tisser sa toile pour sa réélection.

En effet, il (Macky Sall) n’hésite pas à faire l’apologie de la transhumance en marge d’un Conseil de ministres décentralisé, à débaucher, lors de l’inauguration du siège d’une grande société de télécoms, d’adversaires politiques, vieux chevaux de retour, qui jusqu’à preuve du contraire, n’ont fait amende honorable ni pour reconnaître leurs erreurs passées ni pour marquer leur adhésion à la lutte contre l’impunité. Mais par contre rien ne permet à des dirigeants de partis progressistes, surtout s’ils sont impliqués dans la gestion du gouvernement de la République, d’entretenir le flou sur les intentions électorales de leur formation politique en prévision des prochaines consultations électorales.

D’autant qu’il y a du souci à se faire au vu des orientations actuelles du gouvernement, qui ne semble pas encore s’engager dans le sens préconisé par les Assises Nationales.

C’est pourquoi, il demeure incompréhensible qu’on puisse songer à interdire à des militants progressistes de proposer une alternative à cette politique de « pseudo-changement » dans la continuité. Il faudrait plutôt s’interroger sur la pertinence de la participation des forces de gauche dans la majorité.

On dirait un unanimisme grégaire et une  absence de diversité de l’offre politique. Les forces de gauche doivent faire preuve de la même audace dont un certain Macky Sall avait fait montre, quand il fut défénestré de son poste de Président de l’Assemblée Nationale. A défaut d’accéder à la magistrature suprême, la gauche sera en meilleure posture pour négocier des accords programmatiques, au lieu de se contenter de quelques strapontins, avec le risque de perdre son âme dans des « combinazzione » avilissantes !

Salamraky

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