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Collectif des organisations de la société civile : «L’augmentation de la caution à 65 millions traduit un recul démocratique»

Réuni le 5 septembre, le Collectif des organisations de la société civile (Cosc) a examiné l’évolution du processus électoral au Sénégal et s’est «félicité du travail constructif du Comité de veille et de suivi des recommandations de l’audit du fichier électoral». Il a également réitéré «sa satisfaction pour l’apport conséquent et le rôle de régulation joué par ses représentants au sein dudit Comité». Au cours de cette réunion, a été examinée la question relative à la caution exigée pour les candidats à la Présidentielle de 2012. Le Cosc a manifesté «son désaccord total sur le montant fixé par le gouvernement» ; montant qui est passé de 25 millions en 2007 à 65 millions pour la Présidentielle de 2012. «Cette augmentation traduit selon lui, un recul démocratique et ne peut en aucune façon être justifiée par les arguments avancés par l’autorité.» Et c’est pour d’ailleurs constater «la faiblesse des justifications avancées» au regard des cautions fixées dans les pays de la sous-région. En effet, relève le Cosc, «aucun pays de la sous-région n’atteint ce niveau exorbitant de caution. Le chiffre savamment distillé par certains, selon laquelle elle s’élèverait à 100 million au Bénin est totalement fantaisiste. Le montant de la caution au Bénin est de15 millions de francs Cfa».

S’il ne dénie pas que c’est «dans les prérogatives de l’autorité chargée des élections de fixer la caution», le Collectif fait toutefois remarquer que cette autorité «n’a pas le droit de priver les Sénégalais qui le désirent de concourir aux suffrages de leurs concitoyens». Pour Babacar Guèye, président du Cosc, et ses camarades, «le premier niveau du choix des candidats aux élections présidentielles ne peut avoir comme fondement des bases pécuniaires». Et de dénoncer l’institution d’un «suffrage censitaire contraire aux valeurs et idéaux démocratiques auxquelles notre pays a toujours réaffirmé son attachement», mais aussi une décision qui ne s’adosse sur aucune base démocratique, à part qu’elle viole «les droits humains et les valeurs sociologiques du Sénégal». A cet effet, le Collectif «demande à l’autorité de reconsidérer sa décision pour un processus électoral apaisé, juste et équitable».

A propos du découpage administratif, «le Collectif déplore et condamne avec force la décision prise par le gouvernement qui a abouti à l’installation de délégations spéciales en lieu et place des présidents de Communauté rurale démocratiquement élus».

Après avoir échangé sur «la question de la candidature controversée du Président Wade à un troisième mandat, le Collectif exhorte le Président à retirer sa candidature considérée comme inconstitutionnelle et invalidée par l’écrasante majorité des constitutionnalistes du Sénégal pour préserver la paix et la stabilité du Sénégal et éviter que le pays ne sombre dans le chaos». Et pour conclure, il a réaffirmé son soutien à Alioune Tine, le président de la Raddho, «face aux tentatives de diabolisation et de stigmatisation dont il est l’objet par des groupuscules politiques».

Le Quotidien

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