1 septembre, 2014
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Colonisation : Deux députés mauritaniens réclament à la France des réparations

Colonisation : Deux députés mauritaniens réclament à la France des réparations

NOUAKCHOTT : Deux députés mauritaniens, membres de l’opposition et de la majorité au pouvoir, ont réclamé, dimanche, à la France, des réparations pour le « pillage » des ressources de la Mauritanie durant la période coloniale, a constaté un journaliste de l’Afp à l’Assemblée nationale. « La France a procédé à un pillage systématique démesuré de nos ressources » durant la période coloniale, « elle est en devoir d’accorder réparation à la Mauritanie pour cette période », a déclaré Mahfoudh Ould Mohamed Lemine, député du parti islamiste Tewassoul (opposition). 

« Tous, nous devons œuvrer à exiger cette réparation de la France », dont la Mauritanie est devenue indépendante en 1960, a ajouté le parlementaire, accusant la France de « regarder le peuple mauritanien avec mépris ». 
Mahfoudh Ould Mohamed Lemine s’exprimait lors d’une séance consacrée à une question orale au ministre des Affaires étrangères, Hamady Ould Hamady, sur la présence physique de hauts responsables du Parlement au consulat français exigée pour leur demande de visa d’entrée en France.
Ebnou Ould Heimoudda, député de la majorité présidentielle, a appuyé la demande de son collègue de l’opposition. »Le gouvernement (mauritanien) doit faire pression sur la France pour obtenir d’elle des réparations justes et équitables pour ses actes durant la colonisation », a dit M. Ould Heimoudda.
Aucun des deux députés n’a précisé de forme et d’estimations pour ces réparations. Dans sa réponse, le ministre Hamady Ould Hamady leur a affirmé qu’il respectait « les avis et les idées des députés », en indiquant que « l’Assemblée nationale peut bien servir de tribune pour les revendications du peuple mauritanien ». 
Le chef de la diplomatie était appelé à s’exprimer sur l’exigence avancée par la France au président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir (opposition), de se présenter physiquement au consulat pour obtenir un visa d’entrée en France, exigence à laquelle M. Ould Boulkheir avait refusé de se soumettre. Une source à l’ambassade a affirmé à l’Afp que cette disposition « s’impose à tout le monde, sauf pour le président de la République, qui en est exempté ».

AFP