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Les combattants kurdes coupent des routes craignant un assaut de l’armée irakienne

Redoutant une intervention des forces irakiennes, les peshmerga ont érigé des barricades, jeudi, aux points d’accès qui relient le Kurdistan au reste de l’Irak. Les tensions entre Erbil et Bagdad sont à leur comble depuis fin septembre.

Les forces kurdes ont coupé, jeudi 12 octobre, des voies d’accès majeures entre le Kurdistan et Mossoul, dans le nord de l’Irak, selon un haut responsable militaire kurde sous couvert d’anonymat. « Les deux principales routes reliant Erbil et Dohouk à Mossoul ont été coupées jeudi à l’aide de remblais de sable », a-t-il déclaré.

Il s’agit, dit-il, d’une « mesure de précaution après que nous avons senti un accroissement du déploiement et des mouvements des forces irakiennes près de ‘la ligne de front’ face aux peshmerga [les combattants kurdes, NDLR] ».

 Sur leur compte Twitter, les peshmerga affirment être « des soldats de la paix », mais que « tout rapprochement des frontières du Kurdistan est du suicide ». Et d’ajouter : « Nous défendrons notre terre jusqu’au bout ».

La veille, les autorités kurdes avaient accusé les forces irakiennes de préparer un assaut dans les régions disputées de Kirkouk et de Mossoul.

« Nous avons reçu de dangereux messages selon lesquels les [groupes para-militaires du] Hachd al-Chaabi et la police fédérale préparent une attaque majeure à partir du sud-ouest de Kirkouk et du nord de Mossoul contre le Kurdistan », a affirmé mercredi soir le Conseil de sécurité du gouvernement autonome du Kurdistan (KRG), la plus haute instance de défense.

« Aucun mouvement inacceptable des forces irakiennes »

Sur le terrain, dans la riche région pétrolière de Kirkouk, un responsable des peshmerga a nié toute activité particulière des forces irakiennes. « Nous n’avons noté aucun mouvement inacceptable de la part des forces irakiennes. Nos réunions se poursuivent avec la coalition [internationale conduite par les États-Unis] et son aviation scrute attentivement la situation », a affirmé jeudi Wasta Rassoul, commandant des peshmerga dans le sud de Kirkouk.

Selon des sources de sécurité, les unités anti-terroristes (CTS) et les forces d’intervention rapide irakiennes ont augmenté leur nombre près de Rachad, un village à 65 km au sud de Kirkouk, près des positions des peshmerga.

Interrogé par l’AFP, le porte-parole du Commandement conjoint des opérations (JOC), qui regroupent toutes les forces sur le terrain, a refusé de démentir ou de confirmer des préparatifs pour un assaut.

« Ce que j’ai à dire, c’est que nos forces à Hawija (dans la province de Kirkouk) ont accompli leur devoir et ont commencé à nettoyer la région (jusqu’à peu aux mains des jihadistes du groupe État islamique) des explosifs et à restaurer la loi dans le but de permettre à la population de revenir chez elle », a déclaré le général Yehya Rassoul.

Les relations entre Bagdad et Erbil se sont dégradées après le référendum d’indépendance du 25 septembre tenu par les autorités kurdes à l’initiative du président kurde Massoud Barzani.

 

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