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Combattre le terrorisme sans amalgamer (Par Abdoulaye Thiam)

 «Quand on lutte contre des monstres, il faut prendre garde de ne pas devenir monstre soi-même. Si tu plonges longuement ton regard dans l’abîme, l’abîme finit par ancrer son regard en toi».

Cette célèbre maxime de Friedrich Nietzsche, mériterait d’être méditée en ces temps qui courent. Surtout pour ne pas tomber dans les pièges des terroristes qui ne sont, ni des fous de Dieu, encore moins des amoureux de l’Islam. Ce ne sont ni plus, ni moins que des barbares, des sanguinaires qui ont décidé de semer l’effroi et la peur dans le monde pour empêcher les gens de vivre comme bon leur semble.

Ce sont des ennemis de la liberté, de la joie de vivre. Des ennemis de l’humanité dans son ensemble. Ils sont aussi du même acabit que ces responsables des renseignements généraux d’ici ou d’ailleurs qui colportent de fausses informations, fabriquent de fausses preuve, bidonnent, manipulent leurs dirigeants dans le seul d’obtenir plus de moyens dans leur département ou pour mener des guerres contre certains pays.   Ceux-là aussi mériteraient le qualificatif de terroristes. Parce qu’ils sont les ennemis de la paix dans le monde.

Alors ne nous trompons pas de cible. Et surtout ne tombons pas dans le piège des terroristes dont le seul objectif est qu’on vive avec la peur au ventre. Ils ne supportent pas le multiculturalisme encore moins, le métissage, le brassage des peuples. Ils veulent qu’on reste cloitré chez nous, qu’on vive en communautarisme, qu’on regarde l’autre avec méfiance, qu’on se stigmatise, qu’on se déteste parce que nous ne sommes pas de la même race, de la même religion, de la même culture.

Ils veulent qu’on se barricade. Que chaque pays se recroqueville sur lui-même.  Malheureusement, le monde est en train de tomber dans ce piège.

Au Sénégal, Macky Sall s’affiche de plus en plus comme un chef de guerre, contre le terrorisme. Personne ne conteste qu’il faut se prémunir, mais évitons de faire du Sénégal, une cible, rien qu’en adoptant une forme de discursivité qui installerait le pays dans une psychose insoutenable.

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que le voile intégral n’est pas culturellement sénégalais, comme l’Islam restera aussi une religion importée. Mais, depuis quelques années, certaines femmes sénégalaises ou hôtes étrangères vivant parmi nous, ont adopté ce mode d’habillement qui indispose certains. Toutefois, dès l’instant qu’il pose un problème de sécurité, les autorités ont raison de prendre des dispositions pour parer à toute éventualité.

Mais, est-ce une raison qu’un Général des armées monte au créneau pour annoncer publiquement l’achat prochain de deux avions de chasse et patrouilleurs ; que le ministre de l’intérieur fasse de mieux avec l’interdiction prochaine de la burqa, que le directeur de l’ARTP enfonce le clou pour exiger l’adressage des détenteurs de puces, alors qu’une telle opération devrait être effective depuis belle lurette. C’est comme qui direz qu’une sorte de phobie avait envahi la République.

Comme c’est le cas en Occident présentement avec des discours de va-t-en-guerre prônait par François Hollande, mais aussi le Chef de l’opposition française Nicolas Sarkozy. La Pologne s’est engouffrée dans la brèche en effectuant des simulations d’attentat dans les métros sans occulter la restriction prochaine dans sa politique d’émigration.

Aux Etats-Unis, Donald Trump, en tête dans la course aux primaires républicaines pour l’élection présidentielle américaine de 2016, s’est tenté dans une «récupération», nonobstant ces douloureuses circonstances, pour faire passer chez ces concitoyens sa politique relative au port d’armes. «Regardez Paris, avec les lois sur le port d’armes les plus restrictives du monde, personne n’avait d’armes sauf les méchants», a déclaré le milliardaire américain lors d’un meeting à Beaumont dans le Texas au lendemain des attentats de Paris. Et le magnat de l’immobilier d’ajouter : «on peut dire ce qu’on veut, s’ils (les victimes, Ndlr) avaient eu des armes, s’ils avaient le droit de porter des armes, la situation aurait été très, très différente.» Hélas, le Texas n’est pas Chicago encore moins Paris.

La lutte contre le terrorisme doit être une affaire de tout le monde. Parce que toutes les démocraties du monde ont fini par montrer leur fragilité face aux terroristes de plus en plus organisés, professionnels et méthodiques.

Par conséquent, pour que ces barbares, ces ennemis de la culture, de la musique, de la démocratie, de la liberté, ne détruisent pas la République, nous devons former un front plus que large contre DAESH (état islamique), Aqmi, Boko Haram, les Shebabs. Les Etats-Unis à eux seuls, ne parviendront jamais à anéantir les terrorismes. La France non plus !
Apprenons de nos erreurs du passé sur la guerre du golfe, sans pour autant, non plus, nouer des alliances avec certains diables qui sont des sergents recruteurs des terroristes.

Evitons les amalgames pour ne pas tomber dans le piège qu’ils nous tendent. D’où l’intérêt de savoir trier la bonne graine de l’ivraie, comme le rappelait Pascal Boniface (Institut des Relations internationales et Stratégies, Paris). Ce qui nous permettra de combattre ensemble le terrorisme sans amalgamer.

Sur ce, chapeau à Latifa Ibn Ziaten, mère du soldat français Imad Ibn Ziaten, première victime de Mohammed Merah en mars 2012. Elle a reçu hier, jeudi le « Prix pour la prévention des conflits » décerné par la fondation Chirac. Depuis la mort de son fils, elle parcourt, sans relâche la France et le monde pour promouvoir le dialogue interreligieux.

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