Confidences

COMMERCIALISATION DES PHOTOS DE MARABOUTS À DAKAR Hommes de Dieu…à vendre !

  • Date: 27 janvier 2016

 Ils ont été exemplaires toute leur vie durant et continuent d’être dans le cœur des Sénégalais. Serigne Touba, Serigne Fallou, Serigne Babacar, Mame Abdou…autant d’hommes de Dieu dont les portraits peuplent toujours  les salons des Dakarois. Qui fabrique ces portraits et qui les vend ? Reportage.

Allées Papa Guèye Fall. Il est douze heures passé de quelques minutes. L’embouteillage bat son plein. Les stigmates des manifestations de ces derniers jours  sont toujours visibles sur l’asphalte. Les pneus des voitures coincées dans les bouchons passent et repassent sur  les déchets calcinés et collés à jamais sur le bitume. Sur place, l’ambiance est au rendez-vous, les marchands ambulants, malgré une certaine  peur, sont là.

Parmi eux, les vendeurs de portraits de marabouts sont alignés tout au long de l’allée, en face de nouvelles cantines données provisoirement aux marchands ambulants. Leur cible, les clients à bord de ce nombre incalculable de voitures qui passent devant le bruyant marché Petersen, temple des produits « chinese » dans la capitale. « Depuis le début des manifestations, l’activité est complètement au ralenti, nos produits sont en majorité  faits à base de verres et ce n’est pas prudent qu’on les expose quand les gens manifestent. L’autre jour, ils étaient venus brûler nos tables mais les commerçants du marché s’y sont opposés », avance Mbaye Gning, un jeune, en deçà de la trentaine, spécialisé dans la vente et le cadrage des photos des Hommes de Dieu Sénégalais, toutes confréries confondues.

Le corps nonchalant, le regard timide, le jeune  homme  a un marteau qu’il utilise  pour mettre de petits clous dans les cadres en bois. Lui, fait partie des jeunes qui ont choisi ce métier par  amour, par vocation… ou par nécessité  et qui ont pignon sur  rue  à  l’allée Papa Guèye Fall.

Mais ce business des photos, il n’y a pas que des Sénégalais qui s’y activent. L’arsenal est détenu par les Chinois qui en sont les principaux artisans. « Pour ces photos, on assure juste le cadrage mais ce sont les Chinois qui les importent de leur pays pour les vendre ici. Mais avant, ils nous demandent,  chaque fois, les photos préférées des Sénégalais. Une fois les marchandises  arrivées, on est  chargé de faire le montage et  on arrive à avoir les résultats escomptés », ajoute Mbaye Gning. Ces résultats qui  collent parfaitement aux attentes des acheteurs, les Chinois les ont compris : la couleur, la taille et la forme sont les leviers sur lesquels les Chinois agissent. À chaque portrait, un soin particulier est donné pour appâter et attirer les clients. Seulement, au fil du temps, la cohabitation des jeunes vendeurs et des Chinois, a fini par payer. Les relations sont au beau fixe, du moins dans l’apparence.

Parmi les jeunes, certains traduisent aux Chinois le Wolof, tandis que d’autres vendeurs se sont reconvertis en assistants, pour aider les Chinois dans la conception et la fabrication des portraits. Seuls quelques jeunes sont toujours chargés d’assurer la vente. « Quand vous avez de bonnes relations, ils peuvent vous donner  de la marchandise que  vous  vendez avant de les rembourser. Nous maitrisons très bien le boulot et c’est ce qui nous permet de nous en sortir », dit un autre jeune, certainement originaire de Kaolack.

Assis sur un pneu en compagnie d’un de ses camarades, il affirme « que les cadres en bois coûtent plus chers que les autres parce qu’ils sont plus résistants. Le cadre original peut coûter jusqu’à 50 000 F Cfa, là où la pacotille coûte 1000 F Cfa ». La pacotille, selon lui, est le cadre fait en carton et qui ne dure pas longtemps. Comme Mbaye Gning, lui  aussi ne se plaint pas. Les clients répondent à l’appel et les affaires marchent même si les clients ont leurs préférences. « Les photos les plus vendues  sont celles de Serigne Touba, Serigne Fallou, Serigne Saliou, Serigne Babacar et Mame Abdou, les clients en raffolent. Pour ce qui est des tableaux où c’est inscrit le Saint Coran, les clients préfèrent en acheter au moment du pèlerinage à La Mecque », avoue-t-il. Le sourire au coin de la bouche cache à peine ses dents colorées.

À cet instant, le soleil occupe sa position habituelle et un léger vent de chaleur siffle. Le bruit d’un  vulgarisateur qui tape à bout portant sur ses pneus rend l’atmosphère confuse et animée à la fois. Malgré tout, l’activité continue. Un  autre vendeur  est trouvé en train de cadrer une photo de Macky Sall. « Pour ces photos d’hommes politiques,  ce sont les clients qui les amènent et après on leur fait le cadrage de celle d’Abdoulaye Wade, Macky Sall, les clients amènent toutes sortes de photos ici. L’essentiel pour nous c’est qu’on nous paie. On vend aussi les photos de paysage et de celles de Jésus, le Sauveur de l’humanité, parce qu’on est là pour tout le monde. Tout ce qui nous intéresse, c’est  de proposer l’offre à tout le monde », déclare ce vendeur. Proposer l’offre et essayer de s’en sortir, voilà le quotidien de ces jeunes vendeurs qui avouent aussi que, ces temps-ci, ils descendent à 15 h, par crainte des manifestations.

Khady Thiam Coly

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