1 octobre, 2014
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Condamné en première instance pour homicide involontaire : L’agent de la Senelec demande pardon à la Cour d’appel

Condamné en première instance pour homicide involontaire : L’agent de la Senelec demande pardon à la Cour d’appel

Le technicien de la Senelec, Mama­dou Coulibaly, garde encore en mémoire l’accident qui a décimé une famille et dont il était l’auteur. Il avait heurté violemment à hauteur de la Sips un père et ses trois enfants, emportant ainsi la vie de quatre personnes. Il a été poursuivi en 2012 pour homicide involontaire et a été ainsi condamné à 1 an ferme et à payer une amende de 106 000 francs.

Mais après avoir purgé quatre mois et demi de prison, le dispatcheur de la Senelec, Mamadou Coulibaly, a bénéficié d’une liberté provisoire. Le Par­quet, qui n’était pas d’accord avec cette requête, avait fait appel pour s’oppo­ser à cette liberté provisoire qui lui a été finalement accordée.

Hier, le sieur Coulibaly était devant la Cour d’appel de Dakar pour, dit-il, solliciter la clémence. «Je viens demander la clémence. J’ai vraiment regretté cet incident qui ne cesse de me faire un cas de conscience», a-t-il soutenu devant la présidente, la voie étreinte d’émotion.

Revenant sur l’incident malheureux qui a coûté la vie à un père de famille et ses enfants, le technicien dit qu’il était devancé par un autre véhicule. Alors qu’il roulait en 3e position, il a vu brusquement des personnes qui avaient fini de passer devant la voiture qui avait obstrué son champ de vision pour traverser la chaussée. «J’ai essayé de prendre les freins, mais c’était trop tard», regrette Coulibaly. «C’est une chose pénible, il y a mort d’hommes, notamment quatre personnes», a aussi déploré Me Diatta. Selon l’avocat, «même les avocats ont de la peine pour plaider cette affaire».

Me Diatta voit dans cet accident malheureux la main de Dieu. Un avis partagé par son confrère Me Oussey­nou Ngom. «Quatre membres d’une famille tués en même temps, il y a une main de Dieu», dit-il aussi. Les avocats de la défense ont demandé à la Chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Dakar d’infirmer le jugement sur la peine, en faisant bénéficier à leur client une application bienveillante de la loi.

L’avocat général ne voit pas d’inconvénient sur cette demande formulée par les avocats de la défense. Car «le prévenu n’était pas dans un état d’ébriété, ne roulait pas à vive allure et il n’y avait pas un problème de clarté», dit-il. L’avocat général y voit plutôt la responsabilité de l’Etat. «Il y a une part de responsabilité de l’Etat qui n’a pas aménagé assez de passerelles (sur l’autoroute)», déplore-t-il. Mais le représentant du Parquet général demande de retenir la culpabilité du prévenu en infirmant la peine et en la ramenant à un an avec sursis.

Le délibéré sera rendu le 23 juillet.

Le Quotidien