25 avril, 2014
Accueil » FAITS DIVERS » Condamnés à 15 ans de travaux forcés : Les frères Sarr avaient mortellement atteint Amadou Bakhoum
Condamnés à 15 ans de travaux forcés : Les frères Sarr avaient mortellement atteint Amadou Bakhoum

Condamnés à 15 ans de travaux forcés : Les frères Sarr avaient mortellement atteint Amadou Bakhoum

Les deux frères Sarr ont été condamnés à 15 ans de travaux forcés. Ils avaient effectué en 2008 une expédition punitive chez Amadou Bakhoum. Ils sont reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés.

Plusieurs déclarations devant la barre. Des versions aussi différentes les unes que les autres. Des déclarations, faites le lendemain du meurtre, qui contredisent celles du surlendemain et cela a continué jusque devant la barre. Ousseynou Sarr N°1, alias Ousseynou Diallo inculpé de meurtre contre Amadou Bakhoum et Ousseynou Sarr N°2 dit Néné, son demi-frère, accusé lui aussi de complicité de meurtre sur la même personne ont tous les deux nié les faits qui leur sont reprochés.

Les deux frères ont servi une autre version toute nouvelle devant la barre. Des déclarations qui ont laissé pantois la Cour qui s’est demandée quelle version croire.

Tout a commencé le 15 juillet 2008, le lendemain du meurtre, quand Cheikh Famara Sarr a conduit et mis à la disposition du commissariat central de Guédiawaye ses frères Ousseynou Sarr N°1 alias Oussseynou Diallo et Ousseynou Sarr N°2 dit Néné. Il indiquait aux enquêteurs qu’à la suite d’une bataille rangée ayant opposé ses frères à un autre groupe dirigé par Amadou Bakhoum, ce dernier avait succombé à la suite de blessures causées par arme blanche. Le certificat de genre de mort versé au dossier faisait état de l’existence de trois plaies qui sectionnent les muscles pectoraux et poumon gauche.

Mais devant la barre, Ousseynou Sarr N°2 alias Néné accusé de complicité de meurtre dans cette affaire, a nié les faits et a servi une autre déclaration complètement différente de celle qu’il avait faite à la police, le soir du meurtre et le lendemain. «C’est Mbaye Diop, membre des groupes antagonistes qui m’a appelé pour me dire que c’est Amadou Bakhoum qui l’avait frappé et qu’il était en train de poursuivre son demi frère, Ousseynou Sarr N°1 avec une machette. Mais en arrivant, j’ai trouvé Amadou Bakhoum à terre gisant dans une marre de sang. Je l’ai aidé à se lever, c’est la raison pour laquelle mes habits étaient ensanglantés. Après, le voisinage a influencé la famille de la victime disant que c’est moi qui l’avait tué. Ensuite, la police a procédé à mon arrestation et m’a désigné comme le coupable idéal. Les policiers m’ont dit : «C’est toi qui a tué Amadou Bakhoum, un point c’est tout !» Ce n’est qu’après l’arrestation de mon frère que les policiers ont changé de charge et m’ont inculpé pour complicité de meurtre.»

Quant à son coaccusé, il dit avoir été poursuivi une première fois par Amadou Bakhoum. «Pour échapper à la furie de mon agresseur, j’ai couru et j’ai même laissé sur les lieux mon portable et mes chaussures. Après, je suis retourné sur les lieux pour récupérer mon portable. A cet instant précis, Amadou m’a attaqué de nouveau avec sa machette, j’ai voulu me défendre avec une arme que j’avais dissimilée, au cas où il m’attaquerait encore de nouveau. On s’est battu. Je me suis défendu et comme Amadou tenait un couteau, il s’est lui-même poignardé dans le feu de l’action. Après, je suis rentré chez moi et c’est le lendemain que j’ai appris sa mort.» Une version complètement différente de celle qu’il a servie aux policiers lors de l’interrogatoire.

L’Avocat général, dans son réquisitoire, a déclaré que les frères Sarr ont mûri leur acte. Car, «Ousseynou Sarr N°1, sachant qu’il ne pouvait pas venir à bout de la victime, est allé solliciter son demi-frère Ousseynou Sarr N°2. Ils ont par la suite effectué une expédition punitive chez Amadou Bakhoum qui a abouti à la mort de ce dernier», plaide l’Avocat général qui a requis la peine des travaux forcés à perpétuité pour les deux. L’avocat de la défense, outré par le réquisitoire du représentant du ministère public, a souligné le fait qu’aucun des témoins n’a dit la vérité. «Il n’y a pas une participation commune. Mon client a pris le couteau juste pour se défendre. Je pris que la Cour fasse preuve de circonstances atténuantes. Je plaide pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner pour Ousseynou Sarr n°1 et la relaxe pure et simple pour son demi-frère Ousseynou Sarr alias Néné», a-t-il déclaré.

Le juge a déclaré coupable les deux frères des faits qui leur sont reprochés, avant de les condamner chacun, à 15 ans de travaux forcés.

Un visiteur pris en train de photographier la Cour

Thierno Seydou Hann n’oubliera pas de sitôt l’audience d’hier. Venu assister à cette audience, M. Hann travaillant au port de Dakar s’est permis de prendre des photos de la Cour. Un geste qui n’a pas échappé au président de la Cour qui l’a fait interpeller aussitôt et l’a accusé de troubler l’audience. Le juge a confisqué son téléphone portable. «Pour­quoi tu nous a pris en photo»? s’est demandé le juge. Le monsieur visiblement pris de court ne savait pas quoi répondre. Le président a demandé ainsi aux gendarmes de le garder dans le box le temps de procéder à la vérification du contenu de l’appareil avant de statuer sur son cas. Mais finalement après plus de deux heures de temps de garde, le juge l’a libéré et lui a ordonné d’effacer les photos.

Quotidien