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CONDOM FÉMININ Une contraception méconnue des populations

 L’Association sénégalaise pour le bien-être familial (ASBEF) a organisé, hier, une caravane de sensibilisation sur l’utilisation efficace des trois produits de Planification familiale (Pf).  Ainsi, il ressort des résultats obtenus de ses activités, au District sanitaire de Keur Massar, que le Condom féminin est méconnu des populations.

À en croire une sage-femme, pour la plupart des patients qui fréquentent le District sanitaire de Keur Massar, il n’existe que deux méthodes de contraception, alors qu’elle en distingue trois (la contraception d’urgence, les implants et le Condom féminin). Pour corriger ces impaires, l’ASBEF a initié une caravane de sensibilisation pour la connaissance et l’utilisation efficace des trois produits de Planification familiale (Pf). « Je sais qu’il existe un préservatif féminin, mais par contre je ne l’ai jamais vu, ni utilisé. D’ailleurs, je crois que ce n’est pas pour les femmes mariées », déclare Saly Diémé, une jeune maman, tenant dans ses bras son nouveau-né.

« C’est vrai que, aujourd’hui, les méthodes que nous utilisons ce sont les méthodes de longue durée à savoir l’injection, les implants. Le Condom féminin n’est pas très bien utilisé et pourtant, c’est un excellent contraceptif mais il est méconnu des populations. Il faut reconnaitre, cependant, que c’est une méthode qui n’est pas trop divulguée ou diffusée au niveau de la population », confesse Bouna Ndiaye, Médecin-chef du District sanitaire de Keur Massar.

Selon lui, il y a 20% de prévalence contraceptive et qu’il y a lieu de mieux faire. « En 2011, nous étions à une prévalence de 10% et aujourd’hui grâce à un ensemble de partenaires, nous avons pu relever le défi jusqu’à obtenir une prévalence de 20% », se réjouit-il. Et d’ajouter : « La contraception d’urgence, ce n’est pas la meilleure méthode de contraception car elle est occasionnelle. Vous voyez des personnes qui utilisent à plusieurs reprises la contraception d’urgence, cela veut dire que ce sont des gens qui ont véritablement besoin de faire une Planification familiale (Pf) normale. Il faudrait trouver d’autres méthodes adaptées au couple que cette contraception d’urgence ».

Les produits existent. Ce qui reste, c’est favoriser la demande, c’est-à-dire que les populations viennent se procurer le produit.  « Malheureusement, il y a toujours des réticences par rapport à la Planification familiale (Pf). Mais nous continuons la communication pour dire en fait, qu’aujourd’hui, si nous voulons véritablement maîtriser la mortalité maternelle et infantile, il faudrait passer par la voie de la Planification familiale (Pf). Elle permet d’éviter jusqu’à 1/3 des décès maternels et infantiles ; 33% jusqu’à 35%, on peut éviter les décès de mère à l’enfant  grâce à la Planification familiale (Pf). Et donc, aujourd’hui, nous sommes satisfaits pour ce qui est de l’offre et de la disponibilité », soutient Bouna Ndiaye.

Selon l’ASBEF, des milliers de femmes meurent au Sénégal, chaque année, à cause des conditions sanitaires qui auraient pu être améliorées facilement et à moindres coûts par l’utilisation de produits contraceptifs. « En plus, on note une disparité dans l’accès des femmes à ces trois méthodes de Planification familiale (Pf) », soutient Suzanne Mbaye, Chef du projet à John Temple Fondation. « La principale raison de l’inadaptation du Condom féminin, c’es l’ignorance parce que la majeure partie de nos patientes ne sont pas instruites. En plus, on ne peut pas utiliser quelque chose que l’on ne connaît pas. La majeure partie ne connaisse pas le Condom féminin que ce soit le mari ou la femme. Donc,  il sera difficile de les sensibiliser. En plus, tout est tabou dans notre société, surtout lorsqu’il s’agit de parler de sexe », déclare Coumba Diop Bâ, sage-femme au District sanitaire de Keur Massar.

Khady Thiam COLY

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